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Photovoltaïque : la France peut-elle encore se faire une place au soleil ?

Pour pouvoir rivaliser sur le marché hautement concurrentiel du photovoltaïque, la France doit miser sur la technologie et développer un marché suffisant pour permettre aux industriels de devenir rentables, estime PwC dans une étude.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
Photovoltaïque : la France peut-elle encore se faire une place au soleil ?

Encore jeune, le marché du photovoltaïque a connu de nombreux bouleversements ces dix dernières années. Comme tout marché en voie de maturité, il est devenu plus intégré, se concentrant sur quelques leaders dominants. Avec la baisse des coûts des composants et l'augmentation des coûts de l'énergie fossile, il devrait devenir encore plus dynamique. A condition, estime PricewaterhouseCoopers (PwC), dans une nouvelle étude sur la durabilité du photovoltaïque, que cette énergie devienne rentable et puisse se faire une place dans le mix énergétique mondial de demain. Compétitivité, innovation et qualité seront nécessaire.

La course technologique est d'ores et déjà lancée. Pour l'instant, l'Asie (et surtout la Chine) domine le marché et la France semble avoir manqué le départ. PwC s'est penché sur les défis que doit relever l'hexagone pour avoir une chance de concourir parmi les leaders mondiaux.

Les leaders d'aujourd'hui et de demain

Entre 2003 et 2008, la part dans la production mondiale de cellules photovoltaïques de la Chine est passée de 1% à 36%. D'ici 2015, selon le Centre européen de recherche (JRC), elle devrait représenter 46% de la production.

Les clés de ce succès ? Une entrée agressive et en masse sur le marché, un très bon niveau de qualité, une filière intégrée et des investissements pour préserver un avantage concurrentiel en volume et en performance de l'outil industriel.

Dans un secteur où les 10 plus gros fabricants représentent 54% du marché en volume, des entreprises américaines ont également réussi à se faire une place au soleil. L'investissement massif dans la technologie en amont semble avoir été payante. Par exemple, First Solar domine le marché du tellurure de cadmium (90%, plus de 1 GWc vendu en 2010), SunPower est leader du photovoltaïque base silicium à haut rendement… Et de nombreuses startup américaines investissent dans le photovoltaïque de deuxième ou troisième génération (CIGS,a-Si, DSC, OPV…).

 
Bien positionnée en termes d'innovation, la filière française pourrait devenir leader sur les technologies à forte valeur ajoutée.  
PricewaterhouseCoopers
 

Quid de l'Europe dans cette course ? Les fabricants européens, qui se sont surtout positionnés sur des technologies silicium dites de "première génération", "ont parfois eu des stratégies de positionnement sur la chaîne de valeur plus risquées, la plupart du temps en ne parvenant pas à retirer des marges suffisantes par la simple activité de fabrication de modules à partir de cellules chinoises", analyse PwC. Résultat : l'activité de la filière est surtout axée sur l'aval de la chaîne (la chaîne amont ne représente que 24% des emplois en France).

Pourtant,"en termes d'emplois, tant au niveau de la production, de l'installation que de la maintenance, la filière pourrait générer en Europe plus de 2,2 millions d'emplois directs dans le cas d'un scénario de production avancé (39 GWc d'installation annuelle en 2020 et 65GWc en 2030) et 950.000 emplois indirects d'ici à 2030". Mais à deux conditions : la performance des innovations des entreprises (R&D et nouvelles solutions à trouver) et la baisse des coûts d'investissement qui rendront le photovoltaïque compétitif par rapport aux autres énergies.

France : atteindre une taille critique de rentabilité

En France, alors que l'amont de la filière est peu développé, quelques fabricants de modules, comme Fonroche, Solairedirect et Tenesol, affichent une capacité de production de 200 MWc, loin de la taille critique de rentabilité estimée à un gigawatt crête par an. Quant au seul fabricant français de cellules, Photowatt,il "souffre de son manque de taille critique avec seulement 75 MWc de capacité de production annuelle. Il joue néanmoins un rôle important au sein de la recherche française des cellules c-Si de prochaine génération".

Les industriels français se retrouvent face à plusieurs problématiques : une difficulté d'accès aux financements et une taille de marché local limitée par rapport à la Chine ou aux Etats-Unis. D'autant que les objectifs de développement fixés par le Grenelle semblent insuffisants "pour accompagner la création d'une filière photovoltaïque compétitive en France". Résultat : aucun leader ne s'est pour l'instant lancé véritablement dans la filière.

La France présente néanmoins des atouts, comme le faible coût de l'électricité qui, dans un premier temps, a freiné le développement de cette énergie, mais pourrait, à terme, permettre de limiter les coûts de production des modules et cellules. Autre point positif : "Bien positionnée en termes d'innovation, la filière française pourrait devenir leader sur les technologies à forte valeur ajoutée, notamment dans les applications d'intégration au bâtiment et du stockage de l'énergie".

Les pouvoirs publics l'ont bien compris. Avec le financement des activités de R&D au travers de l'appel à manifestation d'intérêt (AMI) photovoltaïque, "la priorité du gouvernement français semble être de développer une activité industrielle compétitive de production de cellules photovoltaïque à horizon 2020". Mais, souligne PwC, un dispositif de soutien de type tarifs d'achat reste nécessaire. Il doit être réduit progressivement, avec un maximum de visibilité pour les acteurs.

Pour développer une véritable filière compétitive d'ici 2030, PwC estime également que la coopération entre acteurs pourrait être accrue. "La création d'une « coopérative de production des modules » permettrait de mutualiser les coûts de production". Mais cette solution a un coût : le partage de savoir-faire avec la concurrence. Autre scénario envisageable : le renforcement du protectionnisme environnemental, qui pourrait favoriser les acteurs locaux.

Réactions3 réactions à cet article

 

Les français ont confondu poser quelques panneau solaire sur les toits par des artisants et développer une filière de production.
C'est un peu comme développer un réseau de bus et disposer d'un constructeur de bus.
La faute aux écologistes qui ne comprennent pas (ou refuse de comprendre au nom du capitalisme) la problématique du marché et de l'industrie et qui finissent exactement à l'opposé de ce qu'ils pronent.

zaravis | 07 décembre 2012 à 13h53
 
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Si l'objectif du photovoltaïque est de diminuer l'effet de serre, il suffirait de rendre obligatoire la publication du bilan carbone des panneaux.
Ceux fabriqués avec le charbon chinois ou le lignite allemand ne pourraient jamais concurrencer écologiquement ceux fabriqués avec l'électricité française.
On pourrait aussi payer l'énergie photovoltaïque au kilo de CO2 économisé.

VD69 | 07 décembre 2012 à 18h39
 
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je suis tout a fait optimiste pour le solaire ...en auto consommation cette technologie , même si elle reste cher, présente de nombreux avantages . pour la filière industrielles je suis beaucoup plus pécimiste ! mais c'est moins pire que l'éolien industriel carément aléatoire ..une véritable usine à gaz qui en sus détature l'environnement et apporte trop de nuisances .

p piplio | 13 décembre 2012 à 11h47
 
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