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Électromobilité : les étapes à prendre en compte pour faciliter la bascule

Basculer les flottes vers l'électrique peut devenir source de tension au sein des entreprises. Mais avec un peu de méthode, l'opération peut se dérouler sans trop de blocage. Quelques conseils d‘experts.

Transport  |    |  N. Gorbatko
Actu-Environnement le Mensuel N°445
Cet article a été publié dans Actu-Environnement le Mensuel N°445
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Indépendance vis-à-vis des énergies fossiles, résilience, meilleure prévisibilité des dépenses, économies de long terme, respect des engagements climatiques, reporting RSE et image de marque améliorés… Les multiples avantages de l'électrification des flottes automobiles devraient inciter les entreprises et les collectivités à se lancer avec plus d'enthousiasme dans l'achat de véhicules à batteries. Très peu d'entre elles s'avèrent pourtant à la hauteur de leurs responsabilités ou de leurs obligations règlementaires.

Selon les experts, ces réticences s'expliquent essentiellement par une grande méconnaissance du sujet : de ses enjeux et des méthodes à adopter notamment. « L'accompagnement et le conseil s'avèrent donc particulièrement importants », souligne Erwan Matte, directeur des nouvelles mobilités chez le loueur de longue durée Athlon France. Bien sûr, leurs modalités de transition dépendront de nombreux facteurs liés aux spécificités de chacune : taille, secteur d'activité, localisation… Mais toutes devront grosso modo passer par le même type d'étapes.

Leadership et brainstorming

Pour Laurent Petit, responsable marketing et business development de la filiale France du loueur Alphabet, la première d'entre elles consistera à nommer un sponsor chargé du projet, le directeur général ou le directeur administratif et financier, « quelqu'un dont la voix porte » en tout cas, puis de mettre tout le monde autour de la table : les responsables de flottes, le comité social et économique (CSE), les achats, les ressources humaines… « Chacun a des intérêts divergents, explique-t-il. Il est donc nécessaire d'exprimer une volonté forte de l'entreprise d'évoluer vers l'électrique et de montrer que l'initiative a du sens, mais aussi de permettre à tous d'évoquer leurs inquiétudes. Sinon, sa mise en place risque d'être longue et difficile. »

“ La transition des flottes ne peut fonctionner que si on appréhende ce sujet en profondeur ” Erwan Matte, Athlon France
Ces échanges représentent aussi l'occasion de remettre la démarche en perspective : est-elle stratégique en matière de RSE, de RH, sur le plan social, financier, commercial, réglementaire ? Quels moyens, quelle énergie faudra-t-il lui consacrer ? Vient ensuite la phase de diagnostic : politique de mise à disposition des véhicules de l'organisation (car policy), analyse du parc actuel, des kilométrages effectués, des usages, qui peuvent être très différents selon le profil du bénéficiaire, de leur évolution possible et de leurs coûts, recensement des opportunités de recharge, en itinérance ou pas, collaborateurs prioritaires… En récupérant toute une série de données à partir des véhicules, des outils permettent aujourd'hui de réaliser des évaluations très pointues de l'empreinte environnementale et des coûts, y compris des coûts cachés, de chaque solution.

Bornes : no limit

« Cette étude doit être réalisée avec méthode car le véhicule d'entreprise, comme un outil de production, doit être rentable », souligne Laurent Petit. La précision est d'autant plus utile dans ce domaine que le ressenti des conducteurs peut s'avérer très différent de la réalité. Pour l'un de ses clients, Laurent Petit a comparé ses propres chiffres avec le nombre de kilomètres parcourus déclarés par les utilisateurs. « Ils étaient supérieurs de 20 à 25 %. Les salariés surestiment la longueur de leurs déplacements », constate-t-il.

La question des bornes de recharge, en particulier, mérite un examen approfondi : parce qu'elle suscite beaucoup d'inquiétudes d'une part, parce qu'elle impacte les dépenses d'autre part. Sur la voie publique, un « plein » revient ainsi à environ 80 centimes ou un euro le kilowattheure quand il descend à 50 ou 60 centimes sur le site de l'entreprise et chute à 25 centimes au domicile de l'usager ; les voitures y passant la nuit dans 95 % des cas. Outre les économies qu'elle permet, cette dernière solution est aussi celle qui apporte le plus de sérénité. « La transition des flottes ne peut fonctionner que si on appréhende ce sujet en profondeur », insiste Erwan Matte.

Démarrage en douceur

Cette tâche accomplie, il sera alors possible de passer à l'élaboration de la stratégie. Outre un schéma directeur définissant les orientations en termes d'électromobilité, assorties de trajectoires à moyen et long termes, celle-ci inclura le choix des voitures concernées, effectué en fonction de leur usage – le cadre roulant en voiture de fonction n'a pas les mêmes besoins que le technicien de maintenance ou le commercial… –, des secteurs géographiques concernés et des moyens de recharge envisagés. Dans la foulée, il peut être intéressant de faire essayer les voitures électriques par des collaborateurs plus motivés que les autres ou appartenant à des catégories susceptibles de basculer plus facilement. « Ils pourront tester les solutions et devenir les ambassadeurs de ce type de motorisation, indique Chloé Monthieu, consultante achat et flottes automobiles au sein du cabinet Epsa. On ne passe pas au 100 % électrique du jour au lendemain. » 

S'assurer une longueur d‘avance

Permettre – et se faire payer – le transfert de l'électricité des batteries des véhicules vers le réseau lorsque c'est nécessaire, utiliser en autoconsommation l'énergie produite par les ombrières… La bascule vers l'électromobilité présentera bientôt d'autres avantages souvent négligés par les entreprises. Ce nouveau marché sur lequel travaille des acteurs comme EDF ou Enerplan pourrait arriver à maturité dès 2025. « Celles qui n'auront pas anticiper auront des difficultés à rattraper leur retard », prévient Clément Molizon, délégué général de l'Avere-France.

Ce travail effectué, le déploiement pourra débuter. Mais à ce stade, plus que jamais, il sera nécessaire d'accompagner les collaborateurs, de répondre à leurs questions et de les initier à la conduite de tels véhicules. « Plus de 90 % des conducteurs que l'on interroge ne reviendraient jamais au thermique après avoir utilisé l'électrique, observe Laurent Petit. Néanmoins, certains peuvent rester rétifs au changement. Il faut prendre le temps de comprendre pourquoi, d'expliquer et surtout de faire expérimenter. En fonction de son objectif et de sa destination, par exemple, on envisage les trajets de manière différente. Tous ces éléments doivent être pris en considération. »

Si l'accompagnement est bien effectué, les premiers à expérimenter les véhicules ne tarderont pas à entraîner progressivement les autres. À ce stade, la collecte de la donnée et l'usage des outils numériques associés peuvent se révéler particulièrement intéressants. « Ils permettent d'aider un collaborateur en itinérance à trouver une borne libre, d'optimiser la durée de vie des batteries et les tournées, de choisir le moment le plus opportun pour effectuer la recharge, mais aussi de faciliter le reporting en RSE », énumère Annick Renoux, directrice commerciale de Webfleet France et Benelux, société spécialisée dans les solutions SaaS (Software as a Service ou logiciel en tant que service). De quoi desserrer les derniers freins.

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