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Actu-Environnement

Réacteurs nucléaires de 900 MW : l'ASN ouvre une consultation sur le fonctionnement au-delà de 40 ans

L'Autorité de sûreté nucléaire ouvre une consultation sur le volet « générique » de la poursuite du fonctionnement des réacteurs de 900 mégawatts au-delà de 40 ans. Le passage en revue de ces réacteurs présente des enjeux considérables pour le secteur.

Energie  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com

Ce jeudi 3 décembre, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ouvre une consultation publique sur les conditions de la poursuite du fonctionnement des réacteurs de 900 mégawatts (MW) d'EDF au-delà de 40 ans. « Cette consultation (…) porte sur le projet de décision que l'ASN envisage d'adopter à l'issue de son instruction de la phase générique du quatrième réexamen périodique de ces réacteurs », explique l'autorité. La consultation se déroulera essentiellement sur Internet jusqu'au 15 janvier 2021.

Le sujet de la poursuite du fonctionnement des réacteurs au-delà de 40 ans est « sensible », constate Bernard Doroszczuk, précisant qu'il s'agit d'« aller au-delà de l'hypothèse de 40 ans faite lors de la création des réacteurs ». Le sujet est aussi sensible car il intervient à une période charnière pour l'industrie nucléaire française. « La filière nucléaire veut démontrer sa capacité [à assurer la poursuite du fonctionnement des réacteurs de 900 MW] avant de lancer de grands projets », résume le président de l'ASN, évoquant la construction de nouveaux réacteurs nucléaires.

 
Greenpeace dépose un recours Le 18 novembre, Greenpeace a annoncé avoir déposé un recours devant le Conseil d'État contre l'ASN. Elle lui reproche de ne pas demander d'évaluation environnementale à EDF pour autoriser le fonctionnement des centrales nucléaires au-delà de 40 ans.
Interrogé sur ce sujet, l'ASN a répondu que la requête de l'ONG était en cours d'instruction. À ce stade, l'ASN « ne sait pas exactement ce que [lui] reproche Greenpeace ». Elle explique toutefois que, selon elle, la prescription d'une évaluation environnementale n'est pas de sont ressort. Une telle obligation relève de l'application du code de l'environnement. En outre, sur le fond, l'autorité « n'a pas connaissance d'impacts négatifs ». Au contraire, elle considère que les dispositions envisagées visent à réduire les impacts environnementaux.
 
Valider le volet « générique »

Ce quatrième réexamen poursuit trois grands objectifs : renforcer la robustesse des installations face aux agressions (incendie, explosion, inondation, séisme, etc.), renforcer la sûreté des piscines d'entreposage du combustible et réduire les risques d'accident et leurs impacts. Compte tenu des échanges entretenus avec EDF depuis 2013, « l'ASN considère que l'ensemble des dispositions prévues par EDF et celles qu'elle prescrit ouvrent la perspective d'une poursuite de fonctionnement des réacteurs de 900 MW pour les dix ans suivant leur quatrième réexamen périodique ».

Concrètement, l'objet du projet de décision soumis à consultation est le volet « générique » du quatrième réexamen décennal, c'est-à-dire l'ensemble des études et modifications communes aux réacteurs de 900 MW. Cette distinction entre des éléments communs à l'ensemble du parc de 900 MW et des aspects spécifiques à chaque unité s'appuie sur les similitudes de conception des 32 réacteurs français en service.

Le projet de décision est accompagné d'un document qui présente les enjeux clés (maîtrise du vieillissement, risques liés aux agressions, ou encore divers types d'accidents), du rapport de l'instruction menée par l'ASN depuis plusieurs années, ainsi que de l'avis de son groupe permanant d'experts pour les réacteurs nucléaires.

Visite des sites

Une fois ce volet générique validé, chaque réacteur fera l'objet d'une visite décennale au cours de laquelle seront étudiés les enjeux spécifiques liés à des différences de conception de certains éléments, au site d'implantation, ou encore au fonctionnement passé de l'installation. À cette occasion, l'ASN vérifiera deux éléments. Le premier est la conformité du réacteur par rapport aux prescriptions applicables compte tenu, notamment, du vieillissement des équipements. Le second est le respect des conditions de sûreté actuellement en vigueur. Ces dernières s'appuient en particulier sur le retour d'expérience engrangé depuis la conception des réacteurs il y a cinquante ans.

Cette seconde phase débutera en 2021 avec le réexamen du premier réacteur de la centrale du Tricastin (Drôme), dans la foulée de l'adoption des prescriptions génériques. EDF devra remettre un dossier pour chaque réacteur et une enquête publique sera menée avant que l'ASN rende sa décision. La série des quatrièmes réexamens périodiques des réacteurs de 900 MW s'achèvera en 2031.

Étalement des travaux

Les travaux d'amélioration qui seront prescrits à l'issue de ces visites décennales seront réalisés en deux temps. Une première série devra être réalisée immédiatement. C'est le cas, par exemple, de l'épaississement du radier (qui réduit l'impact d'un accident avec fusion du cœur et percement de la cuve) et de l'amélioration de la sûreté des piscines de combustible (qui limite les risques que les combustibles ne soient plus sous l'eau).

Les autres modifications seront étalées dans le temps, jusqu'à six ans après la fin du réexamen périodique de l'installation. Actuellement, les prestataires ne sont pas en mesure de répondre au volume des travaux à réaliser, justifie l'ASN. Par exemple, les travaux de mécanique seront multipliés par quatre ou cinq sur la décennie à venir, avec un pic attendu à 6,6 en 2026. À cette date, le réexamen des réacteurs de 1 300 MW s'ajoutera aux travaux à effectuer sur les réacteurs de 900 MW. Ce volume de travail constitue « un défi industriel considérable », explique Bernard Doroszczuk.

Au-delà du volume, il s'agit aussi d'être en mesure de réaliser correctement les modifications. Et sur ce point, l'ASN a déjà expliqué être préoccupée par la perte de compétence de la filière nucléaire française mise en lumière par le chantier du réacteur EPR de Flamanville (Manche). Compte tenu de ces inquiétudes et de l'étalement des travaux, l'ASN demandera à EDF de rendre des comptes chaque année de la mise en œuvre de son plan d'action destiné à rétablir les compétences perdues.

Réactions32 réactions à cet article

 

Le titre de l'article est glissant : en France, les licences d’exploitation des installations nucléaires de base ne sont pas délivrées pour une période donnée, comme le sont par exemple les réacteurs américains, dont la licence expire effectivement à 40 ans, sauf renouvellement par les autorités du pays. En guise de limite « par conception » à 30 ou à 40 ans, il n’y a qu’une cible que se sont donnée les concepteurs afin d’assurer l’amortissement financier de la machine. Ainsi, ces durées sont en réalité assimilables à un minimum, un objectif à atteindre dans le cahier des charges initial, et rien ne permet de dire qu’il s’agisse d’un maximum technique imposé à la conception, une sorte d’obsolescence programmée sur une installation à plusieurs milliards d’euros. Au même titre que le rover Curiosity posé sur mars en 2011 n’a pas été désactivé à échéance des 22 mois de fonctionnement que l’on en attendait.

François | 04 décembre 2020 à 09h57
 
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La présence fonctionnelle prolongée au-delà des 22 mois prévisionnels du rover Curiosity sur Mars occasionne, vu de mon point de vue de terrien, moins de risques pour les formes de vie martiennes (!) que l'industrie électronucléaire pour la vie sur Terre...

Pégase | 04 décembre 2020 à 10h19
 
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Technique sans éthique n'est que ruine pour l'homme .

Bionature | 04 décembre 2020 à 12h01
 
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Laquelle divergera la première?
Vu que celle de Blaye a frôlé le gros pépin dans un reportage, style fukushima, heureusement les diésels ont démarré. (mais siiii?)
On a c'est vrai du bon matos en France.
France1, Japon zéro.
S'i vous plait évitez de faire des imbécilités sur la loire et ses affluents.
En amont de Paris je dit pas, histoire de se remettre en question.

pemmore | 04 décembre 2020 à 15h37
 
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Il est indispensable de prolonger la durée de fonctionnement des réacteurs actuels à 50 voire 60 ans (aux USA on le fait jusqu'à 80 ans !), en attendant la prochaine génération de centrales.
Les modifications envisagées lors de la 4ème visite décennale des réacteurs concernés leur permettront par ailleurs d'arriver au même niveau de sûreté que ceux en gestation.
Si on ne le fait pas, il ne restera que les énergies intermittentes (solaire et éolien) et l'hydraulique qui ne peut fournir plus de 12 % des besoins en électricité. Or ces énergies intermittentes ne peuvent donner de l'électricité, par définition, que lorsque la météo est favorable (beaucoup de vent ou de soleil), ce qui est incompatible avec notre mode de vie moderne.
Il existe une parade, déjà utilisée sans vergogne par l'Allemagne : développer des centrales à charbon ou à gaz, avec les inconvénients rédhibitoires que l'on sait pour notre environnement.
Sous réserve qu'EDF investisse dans les améliorations des installations existantes, qui sont en excellent état mais qui doivent durer 20 ans de plus, la solution proposée est incontournable.

stud38 | 04 décembre 2020 à 19h14
 
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Je lisais l'encart sur le recours de GP au niveau d'une absence d'évaluation environnementale.... si quelqu'un pouvait me confirmer qu'une installation nucléaire n'est pas une ICPE (c'est ce qu'on m'avait appris à l'époque)... ce qui ne dédouane pas pour autant d'une étude, certes. Je me suis , par contre, toujours demandé comment on pouvait être sûr qu'un kamikaze en avion ne pouvait pas poser de problème de sécurité sur une centrale nucléaire (vu que le contexte actuel n'aide pas à être serein sur ce sujet).

nimb | 05 décembre 2020 à 22h49
 
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En principe c'est assez solide pour résister à gros avion, les risques c'est trop d'eau ou manque d'eau suite au changement climatique.

pemmore | 07 décembre 2020 à 07h48
 
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@ stud38 : il est également bien possible que les centaines de milliers de tonnes déchets nucléaires à vie longue et les dizaines de centrales HS dont on ne saura de toute évidence que faire (le fiasco technico-financier du démantèlement de la centrale de Brennilis, d'une technologie au demeurant plutôt simple par rapport à celles qui ont suivi, parle de lui-même !) sera incompatible avec le mode de vie moderne de nos descendants...
Quant à l'excellent état dans lequel est sensé se trouver le parc électronucléaire, j'ai cru comprendre que l'ASN était susceptible d'apporter quelques nuances à ce bel enthousiasme...
Enfin, votre "sous réserve qu'EDF investisse dans les améliorations des installations existantes" est savoureux : là aussi, tout est dans la nuance du "sous réserve", EDF n'ayant jusqu'à présent jamais témoigné un grand empressement sur le sujet. A tel point que la Cour des comptes et l'ASN doivent régulièrement rappeler l'électricien historique à l'ordre afin qu'il provisionne bien d'avantage de capitaux pour ses opérations de maintenance et de grand carénage.
Un point sur lequel nous tombons d'accord : la plupart des centrales en fonctionnement actuel vont effectivement durer 20 ans de plus. Mais c'est un non-choix imposé par un aveuglement technico-politique, un atavisme lié à l'entre soi des grands corps techniques d'Etat et à leur stratégie d'obstruction systématique des alternatives (sobriété, efficience, renouvelables) pendant des décennies.

Pégase | 07 décembre 2020 à 09h24
 
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@ pemmore : on peut aussi ajouter la perte de compétences techniques liée à l'obsession des "cost-killers" au sein de l'Etat, impactant la sécurité des installations (il y a des domaines d'activité industrielle où les économies devraient être interdites !), et en corollaire le recours quasi-systématique à une sous-traitance parfois insuffisamment formée, trop peu investie et mal rémunérée.
D'où accroissement significatif des risques technologiques qui pourtant devrait être jugé incompatible avec ce type d'activité industrielle.

Pégase | 07 décembre 2020 à 09h32
 
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Pour Pemmore - en effet, les soucis d''eau, à Fessenheim, on avait connu : en été 2003 notamment (mais ensuite aussi), lors des épisodes de canicule, le niveau du Rhin était (très-trop?) bas, çà commençait à "chauffer là-dedans", il avait fallu arroser les parois extérieures avec des canons à eau...... autres défauts relevés, à des époques plus récentes : des irrisations autour des conduits de rejets dans le Rhin..... si on ajoute les problèmes d'épaisseur de radier sous les réacteurs, çà commençait à faire beaucoup (enfin pour moi, en tout cas).... mais je vous laisse car dans un quart d'heure, on n'aura plus d'électricité, ici, pour continuer la discussion ;o)

nimb | 07 décembre 2020 à 09h58
 
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@nimb
je connaissais pas pour fessenheim, mais je ne suis pas surpris, elles ont toutes été construites au tout début du changement climatique en supposant un débit d'eau plus ou moins régulier en été, cette époque est bien terminée et pour l'instant on se dépanne avec les moyens du bord, c'est le cas pour Avoine ou à la limite il aurait fallu mettre la centrale à l'arrêt car le niveau de la rivière était trop bas..

pemmore | 07 décembre 2020 à 13h38
 
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Lors de la canicule de 2003, la ministre BACHELOT-NARQUIN a aussi autorisé les centrales à rejeter dans le milieu naturel déjà en surchauffe une eau de refroidissement des centrales à température plus élevée. Je ne sais pas si cela s'est reproduit depuis (vu les records de températures battus chaque année depuis, j'imagine que oui) mais comme la tendance des températures estivales et automnales est à la hausse, cela va forcément aussi être le cas à l'avenir.
Gâchis d'énergie thermique au quotidien (conversion de l'énergie nucléaire en énergie électrique loin d'être optimisée), pollution thermique des rivières et stress supplémentaires pour la vie aquatique (sans compter les fuites de radionucléides), déchets nucléaires : l'électronucléaire est décidément un atout pour l'environnement !

Pégase | 07 décembre 2020 à 18h40
 
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@Pegase : le rapport bénéfices / problèmes du nucléaire est plus élevé pour les centrales à charbon. Quant aux EnR, leur caractère intermittent, en l'absence de solution simple de stockage de l'énergie, est une entrave à une activité humaine basique.

François | 08 décembre 2020 à 09h42
 
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Je lis " le rapport bénéfices / problèmes du nucléaire est plus élevé pour les centrales à charbon."..... est-ce que cette estimation est avancée car la durée d'activité des polluants radioactifs est moins importante que le cycle d'un dérèglement climatique? J'avoue être un peu cynique. Une question me revient sans cesse, quand je lis des articles sur cette thématique : Est-ce qu'il serait possible d'envisager un mode de fonctionnement/de vie qui n'ait pas besoin de consommer autant (sinon de plus en plus) d'électricité?

nimb | 08 décembre 2020 à 21h33
 
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@ nimb : le cynisme, de même que l'opacité décisionnelle et opérationnelle, le passage en force ou encore la désinformation, sont les marques de fabrique du complexe électronucléaire français depuis ses origines.
Quant à la consommation d'électricité, soyons réaliste : elle grimpe en flèche avec la multiplication exponentielle des objets alimentés par cette énergie et, avec la conversion à marche forcée de l'économie au tout électrique, cela n'est pas prêt de s'arrêter.
Voilà aussi pourquoi l'exécutif s'apprête à chercher à nous imposer 6 nouveaux EPR, tandis que le premier est d'ores-et-déjà un fiasco industriel et financier alors même qu'il n'est pas encore en service.

Pégase | 09 décembre 2020 à 10h30
 
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Quand on calcule le rapport bénéfices / risques, on prend en compte tous les risques et tous les bénéfices. La durée de vie des déchets radioactifs n'est pas un risque en soi. C'est un facteur qui contribue au danger. Le risque est la multiplication du danger par l'exposition. Pour ne pas être exposés au rayonnement des déchets nucléaires, ils sont confinés. Donc le risque est maîtrisé.
Le mode de vie selon lequel il faudra consommer moins d'énergie n'est pas simplement à envisager, il est à créer, sous peine d'amplifier encore le dérèglement climatique.

François | 09 décembre 2020 à 11h05
 
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Bonjour,

J'interviens dans ces échanges pour préciser un point : la consommation électrique française ne progresse pas. Elle a même tendance à fléchir depuis 10 ans.

Pour s'en convaincre, il suffit de lire les bilans annuels de RTE. En 2019, par exemple, la consommation a baissé de 1% en valeur brute (à 474 TWh), sois une baisse de 0,5% en valeur corrigée des aléas météos.
474 TWh correspond à peu près à la consommation des années 2003-2006 (quatre années entre 468 et 482 TWh).
Pour rappel, le "record" est l'année 2010 avec 513 TWh.

Cordialement,

Philippe Collet Philippe Collet
09 décembre 2020 à 12h20
 
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Dans mon précédent post, je faisais référence à l'évolution de la consommation en électricité des ménages. Selon l'INSEE (https://www.insee.fr/fr/statistiques/3973175#titre-bloc-6), on assiste à une "Forte hausse de la part de l’électricité dans la consommation énergétique des ménages depuis les années 1960".
Mea culpa, j'aurai en effet du être plus précis dans mes propos.
Mais avec la généralisation de la motricité électrique des véhicules de tourisme et de plus en plus industriels également, il y a fort à parier que la consommation totale reparte à la hausse.

Pégase | 09 décembre 2020 à 13h52
 
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A propos de calcul bénéfices / risques, il est assez troublant de constater que se profile la mise en chantier de 6 EPR alors même que l'édition du jour du Canard enchaîné nous apprend qu'Areva SA est au bord de la cessation de paiements. De bonnes grosses opérations aux budgets pharaoniques, avec carte blanche pour les dépassements de budget prévisionnel (à coups de facteurs 4 ou 5 et en milliards d'€) et de calendrier de réalisation sans pénalités, quelle riante perspective pour cette société mise hors champ de toute obligation de rendre des comptes aux contribuables qui sont sommés de la renflouer ! Çà tombe bien, l'Etat français ne sait plus quoi faire de ses disponibilités budgétaires...
Il s'agirait d'un plan de sauvetage étatique d'une industrie boiteuse et d'un mythe auxquels certains hauts technocrates et autres membres de cercles des grands corps d'état s'accrochent désespérément qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

Pégase | 09 décembre 2020 à 14h22
 
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Pégase, c'est un pari que peu de gens prennent. Même chez RTE personne n'anticipe de hausse de la consommation globale d'électricité (ce qui fait grincer des dents à la maison mère...).

L'un des derniers bilans annuels de RTE fait un focus de plusieurs pages au sujet des nouveaux usages (y compris voiture électrique). La conclusion est que la hausse de ces nouvelles consommations devrait être plus que compensée par la baisse due à l'efficacité énergétique.

Cordialement,

Philippe Collet Philippe Collet
09 décembre 2020 à 15h15
 
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C'est sur qu'avec le changement climatique et que la généralisation des clims n'est pas encore arrivée, la conso baisse, d'habitude je consommais 240€ par mois depuis des années, cette année dans les pays de la loire on n'a pas eu d'hiver, j'ai eu un remboursement de 80€ en octobre gratuit en novembre et mon abonnement passé à 186€, bien possible que les hivers que j'ai connus années 50/60 ne revienne plus avant longtemps.

pemmore | 09 décembre 2020 à 16h36
 
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Merci de ces précisions. Je vais avoir une question un peu bête. Si "on"prévoit une consommation stable, voire même à la baisse puisque "compensée", pourquoi râler sur la fermeture de Fessenheim? Deuxième chose : la part de la consommation globale française baisse, d'accord. Comment se situe la part de la consommation exportée? Est-elle en hausse ou en baisse? (une baisse à ce sujet aussi renforcerait mon incompréhension vis à vis de Fessenheim). Autre chose : je lis et survole pas mal de publications d'AE et force est de constater qu'il se dégage une nette "impression" de lobbying pro-électricité pour la RTE à venir. Je propose donc de reparler de ces prévisions dans 10 ans, une fois que le parc automobile aura été significativement électrifié, et le parc immobilier significativement climatisé.... personnellement, je reste dubitatif sur la baisse potentielle. Une chose est sûre, on peut faire des économies d'électricité, notamment au niveau des éclairages urbains. D'ailleurs cette période est typique et cocasse : j'habite en Alsace, et comme chaque année, depuis début Décembre, c'est parti pour les illuminations de Noel en extérieur toute la nuit... dans le genre économies, il y a mieux.

nimb | 09 décembre 2020 à 21h39
 
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Pour François : vous parlez de déchets (vitrifiés puis) confinés et donc de risque maitrisé. Certes, en théorie, le confinement peut sembler une solution suffisante pour isoler et éviter les contacts avec le vivant (enfin presque tous! ;o) ). Ceci dit, ici, on connait le confinement souterrain de déchets toxiques, il s'appelle Stocamine. A la base, ceci pouvait paraitre digne de confiance, à condition de respecter les règles. Il n'en fût malheureusement pas le cas, peut être pour des raisons "d'optimisation et de rationalisation" de l'exploitation, et au bout de 18 ans de palabres et de jeux d'autruches entre décideurs locaux et nationaux, on se retrouve avec des déchets chimiques toxiques (CN, Hg notamment mais pas que) qui semblent voués à finir "en bas", avec un risque éventuel de pollution de nappe. Même des mineurs référents du secteur recommandent de ne pas de descendre les chercher, c'est trop dangereux maintenant. Je précise tout de même qu'ici, la fermeture de Fessenheim sera peut être l'occasion de créer un centre d'études de décontamination des déchets radio-actifs. Autant j'étais pour la fermeture de la centrale, autant je suis aussi pour ce genre d'expérimentation, ne serait-ce que parce qu'on doit aussi savoir assumer ses déchets. Vous en déduirez donc que je ne suis pas non plus contre le centre d'enfouissement de Bure, quand bien même l'exemple de Stocamine me laisse craindre pour Bure quelques désagréments "imprévus".

nimb | 09 décembre 2020 à 21h55
 
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Ben l'exportation de courant électrique vise plutôt l'Angleterre que l'Allemagne, pour l'instant, bien sur si les EPR ne démarrent pas, on risque d'être plus importateurs de courant qu'exportateurs.
L'éclairage de noël a vu avec les leds diviser la consommation par 4, c'est pas bien méchant, mais pourrait être alimentés par des panneaux solaires, ça éviterait bien des branchements, on n'est pas obligés de prendre du haut de gamme, il éxiste une version à plus faible rendement en plein soleil mais plus efficace par brume ou fin de jour 2x moins chers à puissance égale.
Pour les déchets ultimes en Anjou à plusieurs centaines de mêtres, anciennes mines d'ardoise il y avait les déchets des débuts, d'après les infos locales c'était pas terrible, ils ont du les déplacer il n'y a plus d'infos actuellement.
Ils veulent s'installer vers Segré au bourg d'iré maintenant le massitfarmoricain semble leur plaire pourtant sujet à des secousses sismiques.

pemmore | 10 décembre 2020 à 12h56
 
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Très exactement, nimb : si la plupart des projets industriels est vendue avec les meilleurs arguments de sécurité et de sérieux, leur gestion comptable en fait dériver beaucoup vers l'optimisation financière, avec une obsession pour la compression des coûts de gestion et de maintenance donc une baisse de la sécurité et du respect des engagements initiaux. Cette tendance naturelle de la "bonne gestion" d'une entreprise est, il est vrai, d'autant plus forte qu'existe une politique de dérèglementation par l'Etat au nom de la compétitivité.
Et en ce moment, question dérèglementation environnementale, il n'est pas interdit de penser que "personne n'en a autant fait !" que l'actuel gouvernement...

Pégase | 10 décembre 2020 à 13h27
 
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@ M. COLLET :
un article de votre consœur Mme SINAÏ publié en novembre 2011 (https://www.actu-environnement.com/ae/news/consommation-electrique-france-14040.php4) indiquait que "Selon le scénario de référence de RTE, la consommation globale d'énergie croît en moyenne de 0,6% par an d'ici à 2030, soit de 3,2 TWh par an. Ce qui conduit à une consommation de 523 TWh en 2020 et de 554 TWh en 2030."
Cette projection serait-elle donc désormais caduque ?

Pégase | 10 décembre 2020 à 13h36
 
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" l'exemple de Stocamine me laisse craindre pour Bure quelques désagréments "imprévus" " : oui, d'où la notion de réversibilité dans le stockage profond, qui répond aussi au besoin de comptabilité avec "le mode de vie moderne de nos descendants..."

François | 10 décembre 2020 à 14h53
 
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pour la consommation électrique on n'a pas de données réelles, 2 années à suivre sans hiver donc sans pointes et semaines de chauffage exceptionnelles, mais ça peut tout à fait revenir cette année avec un mois entier de gelées à partir de janvier, un faible vent incapable d'animer les éoliennes, soleil d'hiver pour les centrales photovoltaïques, et la nécessité d'importer depuis l'Allemagne sous peine de délestages ou autres.
J'ai un groupe électrogène au cas ou.

pemmore | 10 décembre 2020 à 15h58
 
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Bonjour,

Oui, c'est caduque. En 2019, nous étions à 474 TWh, soit 10% de moins qu'anticipé en 2011. Ce n'est pas un constat isolé, puisque la consommation n'a dépassé 500 TWh qu'une seule fois dans l'histoire.

Le tournant date du bilan 2016 qui constate qu'"une stabilisation de la consommation électrique de la France continentale est observée depuis 2011, en rupture avec la tendance de la décennie précédente". Et d'annoncer pour la première fois une baisse de la consommation sur la période 2016-2021.

https://www.actu-environnement.com/ae/news/consommation-electrique-francaise-baisse-rte-27236.php4

cordialement,

Philippe Collet Philippe Collet
10 décembre 2020 à 16h03
 
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Info du jour publiée par le journal Le Monde : l'EPR de Finlande nécessite une nouvelle rallonge budgétaire à la France de 600 millions d'€, après la tranche de 400 millions cet été (soit 1 milliard tout rond rien que pour 2020 !). Le budget de ce jouet pour démiurges en cols blancs est juste passé de 3 milliards à 10 actuellement (et il n'est pas encore achevé...) ! Celui de Flamanville de 3,4 à 22,5 actuellement selon un rapport de la Cour des comptes publié en juillet dernier !!! Qui dit pire ?!
Quelle autre industrie que celle du nucléaire tricolore peut se vanter de dérives astronomiques dans ses calendriers de réalisation et ses budgets prévisionnels sans pour autant que l'Etat, par ailleurs très orthodoxe avec le contribuable et les PME, ne s'en émeuve ???
Je propose donc aux grands défenseurs inconditionnels et autres adorateurs de la filière nucléaire de mettre la main à la poche (ou de lancer leur propre collecte de fond via une plateforme dédiée - il y en a plein sur le net -, à leur guise) afin de combler ce nouveau gouffre financier.
Je ne vois en effet pas pourquoi ce serait une nouvelle fois au contribuable de continuer contre son gré à éponger une telle gabegie !!!

Pégase | 10 décembre 2020 à 21h11
 
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nous sommes totalement sous l'emprise d'apprentis sorciers!....,mais non responsables!!!,..jusqu'à quand ???

Bionature | 11 décembre 2020 à 11h21
 
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C'est la fin d'une grande époque, EDF tout puissant, faisant le travail avec son équipe en sous-traitant à minima, et puis les mecs de ma génération ont pris leur retraite, des dirigeants sont arrivés, viré les vieux chefs, on a tenté de tout sous-traiter, franchement un vrai soudeur c'est pas un ouvrier, c'est un artiste, alors quand ils ont fait venir 1200 polonais, j'étais mort de rire, comme si les écoles d'état communistes étaient capables de former des spécialistes de la soudure, à vouloir économiser sur l'humain, boeing a plongé, EDF s'est noyée. Les Chinois eux y arrivent, mais à mon avis la formation de leurs soudeurs passe par l'apprentissage, souder c'est pareil que de jouer d'un instrument de musique, le cordon doit être beau avec des vagues régulier c'est une oeuvre d'art, et moi j'ai jamais réussi ça m'a toujours vexé.

pemmore | 11 décembre 2020 à 23h43
 
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