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La Picardie présente un schéma régional climat air et énergie prudent

La Picardie est la première Région à soumettre un projet de SRCAE. Un document prudent qui, à l'image du volet consacré aux EnR, met l'accent sur le potentiel régional et met en évidence certaines difficultés pour atteindre les objectifs fixés.

Gouvernance  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Ce vendredi 4 novembre 2011, la Région Picardie soumet son avant-projet de schéma régional du climat, de l'air et de l'énergie (SRCAE) à la consultation publique. Elaboré par le conseil régional et le Préfet de région, le document prévu par la loi Grenelle 2 fixe les grandes orientations du territoire en matière de consommation d'énergie, d'émissions de gaz à effet de serre (GES), de qualité de l'air et de développement des énergies renouvelables.

La consultation publique se déroulera du 4 novembre 2011 au 4 janvier 2012 afin d'aboutir à un projet définitif qui sera soumis à l'assemblée régionale avant d'être validé par le Préfet de région.

Objectifs nationaux et spécificités locales

En matière de réduction des émissions de GES, la région se fixe pour objectif de respecter les engagements européens et nationaux. Conformément au "3 x 20" du Paquet énergie climat adopté par l'Union européenne fin 2008, le SRCAE picard vise une réduction de 20% des émissions de GES en 2020 par rapport à 1990. Pour 2050, l'objectif est de diviser par quatre les émissions, conformément à l'objectif fixé par la loi de programmation fixant les orientations de la politique énergétique de la France (loi Pope) adoptée en 2005.

La Picardie "contribue [aux émissions de GES nationales] à hauteur de sa part dans la population française", indique le document soulignant cependant que le diagnostic "met en évidence des spécificités régionales fortes".

Première différence mise en avant par le SRCAE : "la région [est] à la fois industrielle et agricole". Ainsi, l'industrie engendre 29% des émissions de GES territoriales et l'agriculture 21 %. Ensuite, avec 2 millions d'habitants, répartis sur 2.300 communes, dont seulement trois de plus de 50.000 habitants, la Picardie est peu urbanisée ce qui expliquerait que les transports constituent 14 % des émissions régionales. Enfin, dernier trait distinctif, l'habitat est peu performant. Le SRCAE avance que "70 % des 750.000 résidences picardes ont été construites avant la première réglementation thermique de 1975".

Un scénario cible "volontariste"

Pour atteindre ces objectifs, la région a comparé trois scénarios. Un scénario au fil de l'eau aboutit à une hausse "modérée" des émissions de GES entre 1990 et 2050. Un résultat qui "éloigne (…) très fortement la Picardie des objectifs", concède le SRCAE. Le deuxième scénario, qui prend en compte les mesures du Grenelle de l'environnement et les dispositions adoptées par le conseil régional, "permet d'infléchir la tendance [mais] ne permet pas l'atteinte des objectifs".

Pour atteindre ses objectifs, la région "retient (…) comme scénario cible" un troisième exercice de prospective qualifié de "volontariste". "Ce scénario constitue un scénario de rupture par rapport aux politiques jusqu'à présent conduites", indique le document qui présente les trois principaux leviers d'action : maintien des puits carbone, efficacité carbone et développement des énergies renouvelables.

Concrètement le scénario volontariste doit permettre de réduire de 81 % les émissions de GES en 2050 par rapport à 2007. Les énergies renouvelables offre un potentiel de réduction de 20 %, suivi par l'industrie (14,9%), le bâtiment (14,8%), le transport de personne (8,2%), l'agriculture (7%), le fret (4,9%) et les déchets et le traitement de l'eau (0,2%).

Un potentiel 2020 évalué à 23 % de renouvelables

En matière d'énergies renouvelables, le projet de SRCAE présente "des potentiels de mobilisation" évalués à 1.036 milliers de tonnes équivalant pétrole (ktep) pour 2020 et de 2.500 ktep pour 2050. Or, le document indique qu'"à l'horizon 2020, la production de 1 million de tep (…) représenterait 23% des consommations d'énergie finale de la région".

Il faudra donc matérialiser la quasi-totalité du potentiel pour que la région atteigne l'objectif national de 23 % d'énergies renouvelables. Si le document concède que "le potentiel (…) est considérable et encore largement inexploité".

Quant aux ressources prioritaires, le Schéma indique que "du fait des caractéristiques régionales, deux filières concentrent la majeure partie des potentiels en termes de production d'énergie : l'éolien et la biomasse". Ces deux filières concentrent 75% des potentiels, aussi bien pour 2020 que pour 2050.

Une mise en œuvre qui s'annonce délicate

Reste à s'avoir si ce potentiel sera mobilisé. "Il est prévu en 2020 d'activer la totalité des potentiels d'énergie renouvelables", indique le document, précisant que "cela revient à doubler la production par rapport à la situation actuelle". Si l'objectif est atteint, l'éolien représenterait 39% de la production d'énergie à partir des sources renouvelables, la biomasse 34 % et les agro-carburants 18%. Cependant, le document, dont la portée est avant tout stratégique, reste prudent sur la mobilisation du potentiel.

En matière d'éolien, le document estime que la capacité régionale atteindra 1.431 mégawatts (MW) en 2013 au regard des projets accordés en 2010 et il fixe un objectif de 2.800 MW pour 2020, ce qui "implique a minima la mise en service de 70 éoliennes par ans". A noter que le projet de SRCAE est accompagné en annexe de documents spécifiques à l'éolien et en particulier d'une carte de zonage éolien.

Quant à la biomasse, la région fixe un objectif de 350 ktep pour 2020, soit une consommation totale d'environ 1,35 million de tonnes de bois par an (Mt/an). Cependant, l'atteinte de l'objectif semble compromis puisque le document révèle que le potentiel brut mobilisable pour la production énergétique est de 1,2 Mt/an. Le gisement "techniquement accessible" est de 1 Mt/an et le gisement "économiquement accessible" à 52 euros la tonne est compris entre 0,4 et 0,5 Mt/an.

L'accroissement des capacités semble d'autant plus délicat que les projets de chaufferie biomasse à l'étude en 2011 "représenteraient une puissance de 200 MW et une consommation supplémentaire de 320 kt/an". Si tous les projets aboutissent la consommation totale de bois pour les chaufferies serait alors de 405 kt/an, soit 105 ktep/an. "Cet objectif sature quasiment en totalité le disponible picard à moyen terme", prévient le document.

Réactions1 réaction à cet article

 

La Picardie n'est pas la première région à rendre public son projet de SRCAE, puisqu'au moins deux autres régions l'ont fait il y a quelques mois déjà : le Nord-Pas de Calais et la Bourgogne

césar | 19 novembre 2011 à 20h13
 
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