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Recyclage chimique : l'État liste les déchets qui devraient être admis en installations de pyrolyse

Les pouvoirs publics proposent d'encadrer la production d'huile de pyrolyse produite à partir de plastiques. Conformément aux recommandations de l'Echa, ils envisagent d'interdire l'utilisation de déchets pouvant contenir des substances dangereuses.

Déchets  |    |  P. Collet
Recyclage chimique : l'État liste les déchets qui devraient être admis en installations de pyrolyse

Quels seront les déchets plastique autorisés à être recyclés chimiquement dans les installations de pyrolyse ? C'est à cette question, déterminante pour l'approvisionnement des futures installations, que vont bientôt répondre les pouvoirs publics. Le ministère de la Transition écologique a mis en consultation jusqu'au 4 juillet un projet d'arrêté visant à encadrer la production d'huile issue de la pyrolyse de déchets en plastique. Le texte fixe une série de restrictions en entrée de ces installations et prévoit des contrôles de l'huile en aval. À la clé : une huile qui perdra son statut de déchet et pourra être utilisée pour produire de nouveaux polymères.

Quid des substances dangereuses ?

La pyrolyse est au cœur du recyclage chimique du polyéthylène (PE), du polypropylène (PP) et du polystyrène (PS). Concrètement, les déchets en plastique sont chauffés à haute température et sans oxygène pour obtenir une huile. Cette huile de pyrolyse est ensuite employée comme substitut aux hydrocarbures pour synthétiser les monomères de base pour produire du plastique. Les défenseurs du procédé mettent en avant deux promesses : les plastiques recyclés sont parfaitement identiques aux plastiques vierges (notamment aptes au contact alimentaire) et cela en éliminant les additifs et substances préoccupantes lors du processus de polymérisation.

C'est le second point qui interroge les pouvoirs publics. Une étude, publiée fin 2021 par l'Agence européenne des produits chimiques (Echa), fait état de doutes concernant le devenir des substances dangereuses au fil du procédé. L'Agence constate d'abord que les rares études disponibles portent essentiellement sur la pyrolyse de déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE) et sur le devenir des retardateurs de flamme bromés. Ces recherches montrent que les différents procédés de pyrolyse peuvent générer des composés bromés (dont certains toxiques) qui se retrouvent dans les huiles de pyrolyse ou dans les déchets. En outre, certains essais ne portaient que sur des technologies en développement et pas sur des procédés disponibles à l'échelle industrielle.

En conclusion, l'Echa recommandait de détourner du recyclage chimique les plastiques contenant des substances préoccupantes. Et c'est cette démarche que propose d'appliquer aujourd'hui les pouvoirs publics.

DEEE, pneus et déchets médicaux interdits

Concrètement, le projet d'arrêté propose que l'huile de pyrolyse produite à partir de déchets dûment triés perdent son statut de déchet et puisse être utilisée comme matière première. En revanche, les huiles de pyrolyse qui ne respecteraient pas les critères de sortie du statut de déchet (SSD) ne pourraient être utilisées que dans des installations pétrochimiques autorisées à traiter des déchets.

Le premier critère concerne les polymères admissibles en unités de pyrolyse. Chaque installation devra préciser dans son cahier des charges les taux de PE, PP et PS attendus. Par ailleurs, les lots devront être composés d'au moins 85 % de ces trois résines. Ils devront aussi contenir moins de 5 % de polyuréthane, de 10 % d'acrylonitrile butadiène styrène (ABS, un plastique rigide), de 5 % de polytéréphtalate d'éthylène (PET) et de 3 % de polychlorure de vinyle (PVC).

À ce premier critère s'ajoute une longue liste des déchets interdits dans les lots. Sont d'abord prohibés les déchets susceptibles de contenir des retardateurs de flamme bromés, ainsi que les déchets dangereux, amiantés et ceux contenant des polychlorobiphényles (PCB) ou des polluants organiques persistants (POP). Ne pourront pas non plus être pyrolysés les DEEE, l'essentiel des déchets de soins médicaux ou vétérinaires et/ou de recherche, les pneus ou les déchets contenant du caoutchouc, ainsi que les déchets métalliques.

Absence d'impacts additionnels

À l'aval, le projet d'arrêté prévoit un contrôle des lots d'huile de pyrolyse. Bien sûr, celles-ci ne doivent pas contenir d'impuretés pouvant endommager l'installation pétrochimique, générer des incidents d'exploitation (par exemple la corrosion ou l'empoisonnement du catalyseur du vapocraqueur), être à l'origine d'impacts environnementaux ou sanitaires supérieurs à ceux générés par les produits habituellement utilisés, entraîner un dépassement des valeurs limites d'émissions ou encore conduire à la présence de substances indésirables dans les produits sortants de l'installation.

Par ailleurs, les lots doivent respecter les prescriptions fixées par l'installation pétrochimique. Ces spécifications techniques sont fixées « à l'issue d'essais visant à valider les conditions de substitution aux produits entrants habituels ». Essais dont l'un des objectifs est de déterminer si l'huile doit être préalablement purifiée.

Enfin, les lots d'huile devront aussi respecter des valeurs limites en soufre, en azote, en oxygène total, en halogénés (brome, chlore, iode et fluor), en brome (qui fait l'objet d'un contrôle particulier parmi les halogénés), en métaux (soumis à un contrôle sur une liste de 14 métaux, renforcé pour quatre métaux lourds – antimoine, arsenic, mercure et plomb). Les valeurs limites proposées sont supérieures pour l'huile destinée à passer par une installation de purification.

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