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Actu-Environnement

Déchets : le potentiel de réduction des émissions de CO2 est sous-évalué

Les émissions de GES liées aux déchets et leur potentiel de réduction sont sous-estimés. La prévention des déchets associée à une politique ambitieuse de recyclage permettrait une atténuation de l'impact climatique du secteur. 02 novembre 2015

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Une politique de gestion des déchets adéquate permettrait de réaliser des réductions des émissions de gaz à effets de serre (GES) supérieures à ce qui est généralement admis. Selon les statistiques officielles, la gestion des déchets ne représenterait que 3% des émissions de gaz à effets de serre de l'Union européenne. Mais dans les faits, ces émissions sont plus élevées si l'on tient compte des importations et exportations de déchets, ainsi que de la production de déchets comptabilisée par d'autres secteurs économiques.

C'est ce qui ressort d'une étude réalisée par Eunomia pour le compte de l'association Zero Waste. Intitulée "la contribution potentielle de la gestion des déchets à une économie bas carbone", l'étude publiée le 27 octobre plaide pour une réduction de la production de déchets par habitant et un meilleur recyclage des matières.

Des impacts sous-estimés

Selon l'étude, les méthodes de reporting des inventaires internationaux d'émissions de GES se basent sur un périmètre étroit qui laisse de côté certains des impacts climatiques des déchets. De plus, cette situation "est exacerbée par le fait que les inventaires par pays sont basés exclusivement sur les activités qui ont lieu à l'intérieur de leurs frontières". Lorsque les déchets sont exportés, l'impact associé à leur traitement n'est donc pas pris en compte. "Le cinquième rapport d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) semble avoir échoué à convaincre les décideurs politiques de prendre en compte les questions climatiques dans les choix de politiques de gestion des déchets", estiment les auteurs qui regrettent notamment le fait que ce rapport "avance trop peu d'éléments concrets".

Par ailleurs, une partie des émissions de GES liées aux déchets est associée à d'autres secteurs : le gaspillage alimentaire est associé à l'agriculture, l'incinération est associée au secteur de l'énergie, la prévention et le recyclage sont pris en compte via les secteurs du transport et de l'industrie. En conséquence, "le rôle de prévention des déchets et d'une gestion des déchets optimisée dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre et le développement d'une économie bas carbone a donc jusqu'à présent été complètement sous-estimé", estime l'association Zero Waste.

Réallouer les subventions

Pour remédier à ces problèmes, les auteurs soumettent onze recommandations. Ils proposent en premier lieu de mieux appliquer la législation en mettant l'accent sur les modes de traitement des déchets les plus élevés dans la hiérarchie européenne, c'est-à-dire la prévention et le recyclage. "La prévention génère les gains les plus importants, suivie de près par les options de recyclage, en particulier des matières sèches", justifie le rapport. Par ailleurs les gains associés à la valorisation énergétique, par rapport à la mise en décharge, "sont dans l'ensemble faibles, surtout lorsqu'ils sont mis en regard des gains bien plus importants qui peuvent être atteints grâce à la réduction des déchets en amont et à l'augmentation du recyclage".

Le rapport estime que la politique d'interdictions de mise en décharge "ne doit pas être encouragée". La contrepartie de cette interdiction serait la création d'autres installations de traitement des déchets résiduels "[qui enferment] le pays dans une stratégie d'élimination des déchets, au détriment de politiques de recyclage ambitieuses". Eunomia rapporte que les Etats membres qui mettent en place de telles interdictions "cherchent désormais à combler [leurs] capacités [de traitement des déchets excédentaires] en important les déchets d'autres Etats membres". De même, établir des interdictions d'enfouissement portant sur des matières en particulier, comme les plastiques, "serait probablement inopérante et tendrait à conduire à une interdiction complète de la mise en décharge (puisqu'il semble difficile de recycler 100% de tous les plastiques)". Dans le même esprit, il conviendrait de remplacer le critère de la quantité de déchets mise en décharge par celui de la quantité de déchets résiduels produits.

Enfin, le rapport propose de réallouer les subventions destinées à lutter contre les changements climatiques qui soutiennent actuellement la production d'énergie à partir de déchets. Cette recommandation vise les soutiens indirects à l'énergie issue de déchets résiduels, tels que des exonérations de taxes sur le chauffage urbain, comme les soutiens à l'utilisation directe de la biomasse pour la production d'énergie ou de carburant. Dans le même esprit, "les fonds régionaux (et les fonds des institutions financières internationales) doivent de toute urgence reconsidérer leurs investissements dans des projets de gestion des déchets", estime le rapport.

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