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Electricité : la crise devrait être évitée… jusqu'à quand ?

Avec la baisse des températures, la consommation d'électricité atteint des niveaux élevés. En raison de l'indisponibilité d'une partie de son parc nucléaire, la France a recours à l'importation. Mais les acteurs du secteur se veulent rassurants.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
   
Electricité : la crise devrait être évitée… jusqu'à quand ?
© Efbee
   
En octobre dernier, RTE a annoncé qu'en raison d'une disponibilité réduite du parc nucléaire jusqu'en janvier 2010, la France serait amenée à importer de l'électricité pour répondre à la demande. En cas d'hiver ''normal'', cette importation devrait connaître des pics maximums de 4.000 MW, en cas d'hiver froid et durable, ils pourraient aller jusqu'à 9.000 MW, la limite physique du réseau. Au delà, des risques de congestion sont à prévoir.
L'Office parlementaire des choix scientifiques et techniques (OPCEST) organisait le 16 décembre dernier une audition réunissant les principaux opérateurs de l'électricité pour faire un point sur la situation.

La région PACA et la Bretagne sont particulièrement vulnérables

Lundi soir, la France a importé 4.300 MW. Mardi soir, 5.500 MW. Mercredi soir, autour de 7.000 MW… Alors que l'année dernière, la France a été exportateur net d'électricité ''à l'exception de trois semaines'' selon Dominique Maillard, président de RTE, cette année, les besoins en importation devraient être plus importants. La cause ? L'indisponibilité d'une partie du parc nucléaire (8 centrales à l'arrêt sur 58 au 15 décembre 2009) et l'augmentation des périodes de pointe. La France, du fait de son fort équipement en chauffages électriques, est particulièrement sensible aux baisses de températures. Un degré de moins sur le thermomètre nécessite 2.000 MW supplémentaires soit la moitié de la sensibilité thermique européenne (4.000 MW). Le solde export/import devrait néanmoins rester positif cette année, autour de 26 TW, contre 50 TW l'année dernière.
Dominique Maillard se veut rassurant : ''Concernant l'importation, aujourd'hui, il nous reste de la marge, certes assez faible, autour de 2.000 MW. Au delà de 9.000 MW, il y a des risques de congestion sur le réseau. Nous sommes également sensibles à un aléa qui viendrait affecter le réseau et les moyens de production. Mais sauf aléa, l'équilibre de l'offre et de la demande sera assuré.'' Selon lui,
Deux zones connaissent une situation plus critique : la Bretagne et la région PACA, en raison de leurs faibles capacités de production et de réseaux de transport limités. Dans ces régions, , note Henri Proglio, président d'EDF, les qualifiant d'''îles électriques''.
''Nous n'envisageons pas de crise grave, souligne Philippe Guillard, directeur adjoint en charge de l'Energie de la Direction générale de l'énergie et du climat. Il y aura éventuellement des coupures, mais de quelques heures seulement''.

Les solutions avancées

Parmi les solutions avancées par les différents opérateurs pour éviter une crise de l'électricité dans les années à venir : l'optimisation du parc existant, la construction de nouvelles capacités de production mais aussi l'amélioration des interconnexions en Europe.
Rappelons que la France devrait se doter d'ici 2012 de douze nouvelles centrales à gaz et d'un premier EPR à Flamanville (le deuxième, situé à Penly, devrait être mis en service en 2017).
EDF souhaite également augmenter la disponibilité de son parc nucléaire : ''nous comptons parvenir rapidement à un taux de disponibilité du parc de 85 %, contre 78 % aujourd'hui. 24 milliards d'euros ont été débloqués pour les trois années à venir, dont 80 % seront alloués à l'entretien de l'existant''.
Selon Philippe de Ladoucette, président de la Commission de régulation de l'énergie, il faut également ''améliorer les interconnexions sur le marché européen de l'énergie pour éviter les congestions''.
Quant à la question de la pointe, le président d'EDF admet que les capacités de production ''coûtent extrêmement cher'' et qu'un équilibre économique doit être trouvé.
Pour Robert Durdilly, président de l'Union française de l'électricité, s'il est nécessaire d'augmenter les capacités de production de pointe, notamment en Bretagne et PACA, il faut qu'elles soient ''correctement rémunérées. Il faut également agir sur les consommations pour éviter la dérive de la pointe. Un signal prix sur l'impact CO2 et le coût des capacités de pointe semble indispensable''.

On est encore loin du scénario Negawatt et du discours sur les réductions des consommations énergétiques. L'ensemble de ces acteurs s'attelle en effet à gérer la pointe plutôt que d'en limiter l'ampleur. Or les choix actuels en matière d'investissements énergétiques engagent la France pour plusieurs décennies…

Réactions10 réactions à cet article

 
regarder ailleurs

"L'ensemble de ces acteurs s'attelle en effet à gérer la pointe plutôt que d'en limiter l'ampleur."

En effet, en France on équipe toujours 60 à 70% des logements neufs de chauffage électrique, et on laise se faire en toute impunité la progression pharamineuse des ventes des PAC sur air qui se transforment en chauffage électrique pur en période de froid.
Pire, à l'instar des commerciaux les moins scrupuleux, le Gouvernement et le Grenelle nous font passer les PAC pour une "énergie renouvelable".

Tiens, c'est bizarre, ni Borloo ni NKM évidemment, mais aussi ni Hulot ni YAB ni Orru ni Radanne ne s'en insurgent (ou si discrètement...)
Ah! nucléaire magique car "décarboné" (pas complètement d'ailleurs).

"L'ensemble des acteurs" serait il guidé par autre chose que l'intérêt général?

Dormez tranquilles.

nini | 23 décembre 2009 à 17h55
 
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Eolien-Breton et Soleil en PACA

Il est remarquable de constater qu'on ne parle pas ici ni d'éolien ni de solaire???, En effet en Bretagne, les périodes de grand froid sont souvent accompagnées de vent. En paca, le gisement solaire est simplement considérable et très très peu utilisé. De plus ces deux régions ont des bordures maritimes importantes ou il est possible de développer fortement l'Offshore marin! En outre il n'est pas fait mention (ou peu) des économies possibles avec l'installation chez les particuliers de compteur spéciaux "économiques" permettant de réguler sa consommation en supprimant les gros postes.

Les solutions par conséquent ne manquent pas, elles émettent 0g de CO2. Il manque simplement un vrai leadership gouvernemental avec des actions réelles au-delà des beaux discours.

arthur duchemin | 24 décembre 2009 à 10h54
 
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8 centrales sur 58 HS ! Inacceptable !

...'''il n'y a pas de manque de puissance en Europe.''dixit plus haut. Heureusement que d'autres ont fait ce qu'il fallait en temps voulu ! Chez nous on dit simplement que suite à ''fatalité''(ou laxisme, ou mauvaise gestion...) 8 centrales sur 58 ne tournent pas qd on en a le plus besoin...Il sont où les objectifs de résultats, pas simplement de moyens? Heureusement qu'il y a l'Europe et le maillage réseaux inter-pays pour subvenir à nos pointes qd elles arrivent en important des MWh....C'est comme les étés où on met en maintenance les centrales nuc du bord de mer...et que celles de fleuves surchauffent....!
Il y a des rappels à l'ordre qui font défaut !
A+ Salutations Guydegif(91)

Guydegif(91) | 24 décembre 2009 à 12h26
 
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Re:regarder ailleurs

N'exagérez rien, les performances des PAC ne dégringolent pas au point de devenir de vulgaires radiateurs. Elles ont été conçues pour avoir un COP minimal de 3. Et oui, dans le sens où on utilise l'énergie thermique du sol ou de l'air (géo ou aérothermie) on peut considérer que la PAC est une énergie renouvelable. Même s'il est vrai qu'on serait plus proche de la vérité avec de l'électricité renouvelable.

Dans le cas du chauffage électrique, vu le surplus de consommation à combler avec du fossile, les rendements médiocres de la chaîne de production et de transport d'électricité, il est plus avantageux de se chauffer directement au gaz, plutôt que d'utiliser un radiateur. Mais pour la PAC, je me demande si les deux ne se valent pas.

Après, je suis assez surpris de voir qu'ils mettent autant de temps à renouveler le parc nucléaire, s'il commence à souffrir de défaillances. Et de voir qu'ils investissent dans le gaz pour combler les pics... ça me fait friser. Ils feraient mieux de développer les réseau intelligents et les économies d'énergie.

Umwelt | 24 décembre 2009 à 12h51
 
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être réactive

non, il y d'autre alternatif que le nucléaire.faite voter des loi pour ptroduire de l'électricité:industiel ,collectivité ville ex: panneaux photovoltaique eolien etc...........il y des solutions mais le pouvoir et politique

poupou | 27 décembre 2009 à 12h12
 
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Confusion

Ce n'est pas 58 centrales mais 58 réacteurs, une centrale pouvant être constituée d'un ou plusieurs réacteurs nucléaires.

thug | 28 décembre 2009 à 09h05
 
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Re:Eolien-Breton et Soleil en PACA

Un message plein de bon sens.
Espérons que les décideurs politiques cessent de considérer les moyens de production d'ENR comme des balafres dans nos beaux paysages.

thug | 29 décembre 2009 à 09h12
 
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Chauffage électrique

Vous loupez tous la cause principale de cette "pénurie" électrique en France: la promotion massive du chauffage électrique depuis des années. Tandis que d'autres pays pénalisent ce type de chauffage inefficace, 30% logements en France sont ainsi équipés.

Erik | 30 décembre 2009 à 10h28
 
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les réponses existent

Avant de vouloir consommer de l'énergie, pensons à maîtriser les consommations d'énergie dans l'ensemble des constructions. Actuellement nous savons réaliser des bâtiments confortables ET CHAUDS (en ces périodes hivernales, ce n'est pas du luxe) qui consomme 15kWh/m2.an, pour le chauffage au maximun.
Mais bien sûr si la voiture balai réglementation thermique ne l'impose pas, pourquoi le faire !!!
Quand les pouvoirs publiques n'ont pas ou plus la capacité de la vision à long terme, il ne faut plus attendre.
Savoir faire des choix justes et judicieux qui respectent la vie sont des actes qui ont des portées symboliques et concrètes bien plus durables que n'importe quelle décision politique.
En un mot, le pouvoir de l'action est à celui qui agit.

khervouet | 04 janvier 2010 à 10h34
 
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Rénovation de réseaux

Et si le manque venait d'un réseau saturé et non pas d'un manque de production.
Le vieillissement du réseau électriques a plus avoir avec les problèmes d'approvisionnement que la production même.
mais rénover, ça coute cher et ça rapporte peu, mais construire d'autres centrales et beaucoup plus rentable.
A méditer.

Tiewma | 04 janvier 2010 à 23h59
 
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