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Quand l'énergie a soif : vers une gestion conjointe des ressources ?

L'interdépendance des secteurs de l'eau et énergie expose à des risques accrus, selon la Banque mondiale. Elle invite à une gestion conjointe des deux ressources.

Infographie  |  Eau  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com
Quand l'énergie a soif : vers une gestion conjointe des ressources ?

L'eau et l'énergie : la thématique à l'honneur de la semaine mondiale de l'eau, qui s'est achevée vendredi 5 septembre à Stockholm, fait écho au message phare porté par la Banque mondiale, d'accentuer la gestion conjointe de ces ressources.

Cette dernière estime en effet que d'ici 2035, la consommation énergétique mondiale devrait augmenter de 35%, entraînant une hausse de 85% des besoins en eau du secteur.

Hydroélectricité, refroidissement thermoélectrique, fonctionnement des centrales électriques, extraction et raffinage des combustibles, etc. : l'eau constitue un élément essentiel pour la production d'électricité.

L'inverse se vérifie également. Pour son extraction, transport ou même traitement, l'eau s'avère énergivore. Certaines stations d'épuration d'ailleurs ont commencé à mettre en place des solutions pour réduire leurs factures énergétiques ou produire de l'énergie en valorisant leurs boues. Les récentes modifications réglementaires en France ont notamment ouvert la voie à ces dernières pour injecter leur biométhane dans le réseau local de gaz naturel.

Une interdépendance de l'eau et l'énergie

La difficulté toutefois ? La résolution des problèmes auxquels nous allons être confrontés dans le secteur de l'eau implique également un plus grand besoin en énergie. Par exemple, l'ajout d'un traitement complémentaire dans les STEP pour réduire les micropolluants rejetés dans le milieu entraîne une augmentation de la consommation énergétique. L'Office fédéral de l'environnement Suisse estime ainsi que l'obligation d'extension de la chaîne de traitement (en vigueur le 1er janvier 2016) dans une centaine de stations induirait selon les scénarios (parts relatives de l'ozonation et de l'adsorption sur charbon actif) un surcroît de consommation électrique de 35 à 90 GWh/an, soit une hausse de 10 à 20% de la consommation des STEP suisses.

Une des options retenues par certains pays pour palier au manque de ressource en eau potable passe par le dessalement de l'eau de mer. Outre les impacts environnementaux, le coût énergétique de cette solution est loin d'être négligeable.

Et l'interdépendance de ces deux ressources complique la gestion de problématiques comme l'augmentation de la demande mondiale en ressource ou celle du changement climatique.

Les risques liés à ce fonctionnement en couple s'observent d'ailleurs déjà : la canicule de 2003 en France a provoqué une chute de 50% des exportations d'énergie en raison de la pénurie d'eau et en 2007 plusieurs centrales nucléaires ont été contraintes de fermer ou de réduire leur production car elles ne pouvaient plus refroidir leur système du fait des températures trop élevées de la ressource.

"L'absence d'une planification intégrée n'est pas viable"

"Les planificateurs et les décideurs des deux secteurs sont souvent mal informés des facteurs qui sous-tendent ces enjeux, des moyens d'y faire face et des avantages respectifs des différentes solutions envisageables sur le plan technique et politique ainsi que sur celui de la gestion et de la gouvernance, déplore Maria van der Hoeven, directrice exécutive de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). L'absence d'une planification intégrée entre les deux secteurs n'est pas viable du point de vue socioéconomique".

Pour tenter d'alerter sur ce sujet et d'apporter des réponses, la Banque mondial a lancé une initiative "Thirsty energy" (l'énergie a soif). La première publication propose notamment des solutions techniques et institutionnelles.

Côté process, le rapport vise aussi bien les systèmes de refroidissement alternatif pour les centrales (refroidissement à sec, hybride, etc.) que la réduction de la déperdition de chaleur ou l'utilisation d'eau saumâtre mais également des usines hybrides de dessalement qui produisent également de l'énergie thermique.

Il encourage aussi le développement d'une planification intégrée de la gestion de l'eau et l'énergie.

"Il semble que le modèle le plus prometteur est une approche qui intègre les ressources en eau dans les solutions existantes utilisées dans le secteurs de l'énergie, estime notamment le rapport. Cette conclusion est étayée par le fait que les modèles de planification du système énergétique existent actuellement dans de nombreux pays en voie de développement et dans les économies émergentes".

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