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Éolien en mer : une mise en concurrence « très prochainement » pour un parc dans la Manche

Les conclusions du débat public sur la construction d'un nouveau parc éolien en mer au large de la Normandie ont été publiées. L'appel d'offres de l'État devrait être lancé rapidement pour une sélection d'un candidat avant la fin du quinquennat.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com

La Commission nationale du débat public (CNDP) a restitué, jeudi 12 novembre à la ministre de la Transition énergétique, les conclusions du débat public sur le futur parc éolien en Manche/Mer du Nord. Il devrait se traduire par le lancement très prochainement de la mise en concurrence des projets, pour une sélection du lauréat avant la fin du quinquennat, indique une source proche du Gouvernement.

Pour la première fois, le public était consulté en amont du lancement de la procédure de mise en concurrence par l'État. Il s'agissait de se prononcer sur la localisation de la ou des zones potentielles d'implantation d'un parc éolien de 1 GW dans la Manche, au sein d'une macrozone prédéfinie de 10 500 km2, s'étendant de Cherbourg au Tréport. Une ou plusieurs zones pour de futurs appels d'offres lancés d'ici 2028 pourraient également être déterminées par la même occasion, indiquait la saisine du Gouvernement.

 
Deux sujets majeurs se sont dégagés au cours du débat public : la planification de l'éolien en mer d'une part, et un appel insistant à la recherche scientifique d'autre part  
CNDP
 

Le débat, qui s'est achevé en août, a soulevé de nombreuses questions sur la planification à long terme du développement de l'éolien en mer, alors que trois parcs sont déjà programmés au large de la Normandie (Courseulles-sur-Mer, Fécamp et Dieppe-Le Tréport). Les possibilités de pêche aux alentours des parcs ont également soulevé des inquiétudes, renforcées par les incertitudes liées au Brexit sur les futures zones de pêche. Enfin, le manque de données scientifiques sur les impacts de l'éolien en mer a été pointé du doigt.

La CNDP, chargée d'organiser cette consultation, a tenu à souligner l'ambiguïté de la démarche, qui ne portait pas sur un projet précis. Mais, comme le prévoit la nouvelle procédure, les contours du projet et le cahier des charges seront déterminés au cours du dialogue concurrentiel, qui réunira les différents candidats.

Une vision à long terme est demandée

Finalement, la consultation a permis de dessiner plusieurs zones potentielles pour le futur parc. « Les emplacements potentiels qui en résultent se classent en trois principales familles qui privilégient l'une la grande distance par rapport à la côte au sein de la zone préférentielle de l'État, une autre famille près des parcs qui existeront sur les trois sites déjà décidés, enfin une troisième famille de localisation à grandes distances qui s'est affranchie des contraintes réglementaires, arguant du fait qu'elles ne sauraient être tenues pour intangibles confrontées au niveau de l'enjeu énergétique », indique le compte-rendu. Ces localisations correspondent globalement aux zones de moindres impacts (écologiques, économiques, culturels) définies au préalable, ce qui limitait le champ des possibilités « à quelques évidences », souligne le compte-rendu.

   
Le débat public devait permettre de préciser la localisation du ou des futurs parcs © CNDP
 
   

« Deux sujets majeurs se sont dégagés au cours du débat public, qui sollicitent l'attention du maître d'ouvrage : la planification de l'éolien en mer d'une part, et un appel insistant à la recherche scientifique d'autre part », indique la CNDP. Des nombreux acteurs ont souligné la nécessité de planifier le développement de l'éolien en mer à long terme, mais aussi plus largement l'espace maritime. D'autant que la saisine du Gouvernement fait mention d'autres projets dans la même zone et notamment de deux parcs associés par extension et reliés au réseau terrestre par un raccordement mutualisé.

« La commission retient de l'expression des publics, sous l'angle de vue du secteur Manche Est-Mer du Nord, que la [programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE)] manque d'un "atterrissage" régional : une projection plus claire dans la longue durée et une projection géographique plus proche des territoires impliqués, la mer et les régions riveraines. C'est la fonction du [Document stratégique de façade] qui, dans son état actuel, n'est pas vu comme un "SCoT de mer" (Schéma de cohérence territoriale) ».

Interrogations sur la pertinence de l'éolien en mer

Le débat public a également été l'occasion de questionner la politique énergétique française, et notamment les ambitions en matière d'éolien en mer. « L'opportunité de développer des énergies renouvelables dans un mix énergétique dominé par l'énergie nucléaire a été au centre du débat. (...) Cette interrogation récurrente (...) a révélé un manque de données ou des données éparses rendant difficile un débat fondé quant à l'opportunité de poursuivre dans la voie de l'éolien marin », note la CNDP. L'absence de retour d'expériences locales sur l'éolien en mer et le manque de connaissances sur ses impacts environnementaux renforcent les interrogations.

La CNDP demande à l'État de publier, pour éclairer les débats, « un bilan écologique complet, intégrant toutes les sources de production d'électricité, nucléaire compris et dépassant le seul bilan net du carbone » ainsi qu'un bilan économique net, prenant en compte la gestion de l'intermittence. « Diverses circonstances concomitantes montrent qu'un troisième bilan, moins conventionnel, serait de nature à éclairer les publics : le bilan de la souveraineté de l'éolien en mer, de sa construction à son exploitation, comparé aux autres sources de production d'électricité ». Celui-ci permettrait de comparer la dépendance de la France en matière de matériaux, de conception et d'exploitation de futurs parcs, par comparaison aux autres sources de production d'électricité.

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