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Eolien offshore : une industrie européenne en devenir

Entre 2011 et 2030, les capacités de l'éolien offshore pourraient augmenter de 40 GW à 150 GW en Europe. Une telle croissance offre diverses opportunités pour de nombreuses sociétés, voire industries, à condition qu'elles s'adaptent à la demande.

Energie  |    |  Clément Cygler Actu-Environnement.com
   
Eolien offshore : une industrie européenne en devenir
   

En Europe, l'éolien offshore connaît un développement prometteur qui ressemble à celui de son pendant terrestre dans le milieu des années 90. Avec près de 4 GW de capacité installée, l'éolien offshore représente désormais près de 10 % des capacités totales de l'éolien en 2011. Selon un nouveau rapport de l'Association européenne de l'énergie éolienne (EWEA), cette capacité pourrait, en fonction des projets annoncés, atteindre près de 150 GW d'ici la fin des deux prochaines décennies. Un objectif ambitieux mais réalisable au vu des investissements réalisés ou planifiés dans ce secteur. En effet, le Vieux continent mise actuellement sur cette énergie qui, selon Arthouros Zervos, président de l'EWEA, "offrirait la croissance économique et les emplois que l'Europe recherche désespérément".

L'émergence de l'éolien offshore

"Dans les deux prochaines décennies, l'éolien offshore va se développer rapidement et passer du stade de technologie émergente et immature à un composant clé du mix énergétique de l'Union européenne", avance l'EWEA dans son rapport. En 2011, près de 4 GW d'éolien offshore sont raccordés au réseau et plus de 2 GW sont actuellement en construction en Europe, faisant de ce continent le leader incontesté de cette énergie renouvelable. En tenant compte des différents projets déjà planifiés par les gouvernements et entreprises, l'Association prévoit qu'en 2020, la capacité installée atteigne 40 GW, correspondant à la production annuelle de 148 TWh d'électricité. Par ailleurs, cette estimation est pour la première fois inférieure à la somme des objectifs (43,3 GW) avancés par les 27 Etats européens dans leurs plans d'action nationaux sur les énergies renouvelables. Ces derniers déterminent la part de chaque EnR dans le mix énergétique de 2020.

Selon les prédictions de l'EWEA, l'éolien offshore en termes de capacité pourrait surtout décoller entre 2021 et 2030. A cette date, "l'installation de près de 110 GW de capacité éolienne est prévue dans les eaux européennes". Au total, la capacité de 150 GW produira annuellement 562 TWh d'électricité, suffisant pour couvrir 14 % des besoins européens.

Cette production devrait également éviter l'émission de 315 millions de tonnes de CO2.

Des investissements nécessaires, des emplois attendus

Toutefois, le rapport indique qu'une condition préalable pour atteindre cette valeur est "la mise à disposition par les gouvernements et l'Union européenne de cadres législatifs stables ainsi que des niveaux d'investissements suffisamment élevés". Sur ce dernier point, l'EWEA a estimé à près de 66 milliards d'euros les investissements européens entre 2011 et 2020, et plus de 145 milliards entre 2021 et 2030. Soit au total 210 milliards d'euros ! Une somme importante mais essentielle pour que les pays membres de l'Union bénéficient des retombées économiques du développement de la filière.

L'industrie éolienne offshore devrait, en effet, connaître une forte augmentation du nombre d'emplois au cours de la prochaine décennie. Au total, en prenant en compte les emplois directs et indirects, près de 169.000 postes devraient être créés d'ici à 2020, allant jusqu'à 300.000 en 2030. En outre, le rapport souligne également que "l'industrie des énergies renouvelables a en général une proportion de travailleurs plus grande ayant de hautes compétences que d'autres secteurs économiques". D'où l'importance de développer et d'orienter la formation des étudiants afin qu'ils répondent à ce futur besoin. Gestionnaires/chargés de projet, ingénieurs, techniciens Opération & Maintenance seraient ainsi des profils recherchés d'ici quelques années.

 
Les pétroliers et le génie civil s'intéresse aux fondations Les structures sous-marines accueillant l'éolienne représentent une opportunité pour certaines sociétés de diversifier leur activités. L'absence d'obstacles véritablement techniques dans la réalisation de ces structures permet à des entreprises de génie civil ou à des pétroliers de proposer leur service. En outre, le fait de sélectionner des sites éoliens de plus en plus loin des côtes devrait favoriser le développement de nouvelles structures fixes et l'installation de modèles flottants à la place des fondations monopiles, les plus répandues. Cela offrirait de nouvelles possibilités aux entreprises impliquées dans la chaîne d'approvisionnement, notamment celles qui auront anticipé ce changement.
 
Un potentiel d'exportation pour les industriels européens

Au niveau du développement industriel de la filière, le rapport note une compétition de plus en plus importante dans la chaîne d'approvisionnement offshore, notamment un flux significatif de nouveaux entrants ces 24 derniers mois. Pour l'EWEA, cette multitude de sociétés est le signe d'une relative immaturité de ce secteur, qui peut être comparé avec la situation stable et bien définie de la chaîne d'approvisionnement de domaines matures comme l'industrie automobile. Mais, l'émergence de grands entrepreneurs de l'offshore pétrolier et gazier ainsi que la participation de sociétés maritimes traditionnelles peut modifier cette tendance.

Désormais, de très nombreux acteurs proposent des turbines éoliennes dédiées au secteur offshore. "Il est prévu que l'offre des éoliennes offshore satisfasse et dépasse la demande européenne pour la prochaine décennie, ce qui conduira à des niveaux sains de concurrence dans l'Union européenne, tout en ayant un potentiel pour l'exportation à destination des marchés émergents offshore", détaille le rapport. Par ailleurs, avec la mise en place de nouveaux projets loin des côtes et dans des eaux plus profondes, les industriels travaillent à la conception de modèles plus fiables et présentant une meilleurs efficacité énergétique afin de diminuer les coûts. L'amélioration du design des boîtes de vitesse, la technologie d'entraînement direct, la présence de générateurs à aimant permanent ou encore la mise au point de plus grand rotor sont autant de pistes actuellement étudiées.

Enfin, le rapport met également en avant le besoin de développer les câbles électriques sous-marins nécessaires pour transporter l'électricité produite. "Il y a un risque de pénurie de câbles haute tension sous-marins dans les prochaines années qui doit être examinée d'urgence", avance l'EWEA.

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