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Le Premier ministre n'envisage pas une pénalisation fiscale de l'huile de palme

Biodiversité  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com

"La France n'est pas hostile à l'huile de palme", a affirmé le 29 juillet le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, en voyage officiel en Malaisie, le deuxième producteur mondial, rapporte l'AFP.

Le déplacement de M. Ayrault visait à renforcer les relations diplomatiques et commerciales entre les deux pays. Le Premier ministre a en effet assuré lundi au Premier ministre malaisien, Najib Razak, que son gouvernement n'a jamais soutenu le triplement de la taxe sur l'huile de palme (dit taxe "Nutella"), voté en novembre 2012 par la commission des affaires sociales du Sénat, dans le cadre du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2013.

Proposé par le sénateur socialiste Yves Daudigny et les sénateurs écologistes, cet amendement visait à surtaxer l'huile de palme à raison de 300 euros par tonne produite, pour ses impacts sur l'obésité et la déforestation. L'amendement a finalement été rejeté mi-novembre 2012 en plénière par le Sénat.

"Au Parlement, une initiative avait été prise de taxer les produits contenant les huiles de palme. Cette proposition parlementaire n'a pas été suivie ni soutenue par le gouvernement. Donc il n'est pas du tout envisagé une pénalisation fiscale de l'huile de palme", a réaffirmé Jean-Marc Ayrault."Il faut éviter les malentendus", a-t-il lancé.

Producteurs locaux et ONG divisés sur la question

"Quelques producteurs et distributeurs français ont pris l'initiative d'étiqueter des produits avec la mention "sans huile de palme". Ce n'est absolument pas une initiative du gouvernement mais une initiative privée qui relève de la liberté du commerce", a ajouté le Premier ministre tout en reconnaissant que c'était "un sujet sensible, notamment pour les petits producteurs ici qui en vivent".

Le 25 juillet, l'association des petits producteurs malaisiens d'huile de palme a écrit une lettre ouverte au Premier ministre "dans le but d'informer les autorités françaises, non seulement de l'importance du produit pour l'économie du pays et la prospérité de ses habitants mais également des réelles conditions de production de celui-ci". La Malaisie "souffre de l'image injustement négative qui est associée en France à un produit qui fait vivre sa population", déplore l'association.

M. Ayrault a rappelé que "dès l'année prochaine, il va y avoir une réglementation européenne qui rendra obligatoires les indications du nom des huiles utilisées". L'huile de palme "ne sera pas traitée à part, elle sera traitée comme toutes les autres huiles", a-t-il indiqué.

"Non, l'huile de palme ne compte pas pour du beurre !", s'est s'insurgée de son côté la fédération France Nature Environnement (FNE) dans un communiqué, après les déclarations du Premier ministre. Pour Benoît Hartmann, porte-parole de FNE : "La France doit sérieusement se saisir de la problématique de ses importations de matières premières liées à la déforestation et doit être force de proposition auprès de la Commission européenne qui se penche déjà sur la question. Cela ne serait pas une injure aux relations commerciales entre la Malaisie et la France que de taxer l'huile de palme, mais bien un moyen de s'assurer que les importations françaises n'incitent pas à la déforestation dans les pays tropicaux".

Selon FNE, entre 1990 et 2005, plus de 50% des plantations de palmiers à huile étaient directement liées à la déforestation. D'après la FAO, 114.000 hectares de forêts ont disparus en Malaisie entre 2000 et 2010.

Réactions3 réactions à cet article

 

Courage fuyons, ça donne vraiment pas envie d'aller voter pour de pareils hypocrites, la diplomatie à bon dos.

lio | 02 août 2013 à 12h31
 
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Il n"y a pas de malentendu M. Ayrault, nous avons bien entendus, nous aimerions bien entendre aussi pourquoi il ne faut pas "se fâcher" avec la Malaisie. Essaye t'on de leur vendre notre miracle nucléaire ou nos rafales dorés (d'ailleurs je pense que le rafale est un oiseau de paix, il coûte tellement cher que personne ne l'achète et nous osons à peine les faire voler de peur de les abimer !) ?
J'aime beaucoup l'aspect "petits producteurs d'huile de palme" moi j'aurais dis : soit sous traitant de multinationales, soit sous-fifre, voir esclave, ou expanseur de NOTRE pouvoir d'achat ... haaa la sémantique !

chocard | 05 août 2013 à 15h53
 
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Pour Benoît Hartmann, porte-parole de FNE : "La France doit sérieusement se saisir de la problématique de ses importations de matières premières liées à la déforestation"
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C'est évidemment idéal de prendre en compte la déforestation dans nos importations. En revanche, à beaucoup d'égards, l'huile de palme fait preuve d'injustice. Attention je ne dis pas qu'il n'y a pas d'impact sur l'environnement (mono-culture oblige). En revanche, il s'agit d'une justice à deux vitesses...
Est-ce que la FNE demande à la France d'arrêter d'importer de l'or ou autres ressources provenant de l'activité minière? Est-ce que l'on demande à ne plus importer de café ou de chocolat? De riz? De soja?!

Gentiane | 05 août 2013 à 18h14
 
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