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Le gouvernement Trump, une déclaration de guerre à l'environnement ?

Dès son intronisation le 20 janvier, le président des Etats-Unis Donald Trump a fait disparaître la rubrique "changement climatique" du site officiel de la Maison Blanche. Un signe parmi d'autres du tournant que va prendre la politique américaine en matière de protection de l'environnement.

Décryptage  |  Gouvernance  |    |  Agnès SinaïActu-Environnement.com
Le gouvernement Trump, une déclaration de guerre à l'environnement ?
Environnement & Technique N°367 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°367
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Durant sa campagne, Donald Trump avait déclaré que le "concept de réchauffement climatique" avait été "créé par et pour les Chinois pour empêcher l'industrie américaine d'être compétitive". Désormais officiellement en poste, le nouveau Président des Etats-Unis traduit ses opinions en acte. Et les premiers signes sont déjà visibles. S'agissant du climat, le président Trump "s'engage à éliminer les politiques non nécessaires et nuisibles, tel le plan d'action pour le climat et les eaux", mis en place par Barack Obama, son prédécesseur, peut-on lire sur le site de la Maison Blanche sitôt le nouveau président républicain investi. "Lever toutes ces restrictions aidera énormément les travailleurs américains, augmentera les salaires de plus de 30 milliards de dollars sur les sept prochaines années", argumente la Maison Blanche. La mention de l'Accord de Paris a disparu du site officiel.

"L'administration Trump va embrasser la révolution des pétrole et gaz de schiste pour créer des emplois et apporter de la prospérité à des millions d'Américains", annonce le site. La Maison Blanche a également confirmé que le forage des gaz et pétrole de schiste allait reprendre aux Etats-Unis. Elle estime les réserves de ces combustibles à 50.000 milliards de dollars en valeur.

Les deux premiers membres de l'administration Trump à pouvoir prendre leurs fonctions sont les anciens généraux James Mattis et John Kelly, respectivement secrétaire à la défense et secrétaire à la sécurité intérieure. M. Trump a par ailleurs appelé le Sénat à ne pas retarder le processus de confirmation et à voter rapidement sur les autres nommés.

Mike Pence, vice-président des Etats-Unis

Vendredi 20 janvier, le quarante-cinquième président des Etats-Unis a prêté serment sur les marches du Capitole, au cœur de Washington. Avant lui, c'est son vice-président et ancien colistier, Mike Pence, qui avait prêté serment, main posée sur une bible. Le gouverneur de l'Indiana s'est illustré à plusieurs reprises par son climato-scepticisme durant les dix dernières années. Sur son site de campagne, en 2001, par exemple, il exprimait son désaccord avec le consensus scientifique sur le fait que le changement climatique est réel et créé par les activités humaines, désignant le réchauffement global comme un "mythe" et répétant que la planète était en réalité plus froide qu'il y a cinquante ans.

Lors de son mandat à la Chambre des représentants, de 2001 à 2013, Mike Pence s'est illustré par ses votes systématiquement opposés à toute législation conçue pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, y compris en votant contre la loi sur le climat et l'énergie de 2009 et en faveur d'une législation limitant la capacité de l'Agence fédérale de protection de l'environnement (EPA) à réguler ces émissions en 2011. Supporter confirmé de l'industrie du charbon, Mike Pence a déclaré lors de son discours de 2015 sur l'état de l'Etat : "L'Indiana est un Etat pro-charbon... nous devons continuer à nous opposer aux entraves de l'EPA jusqu'à ce que nous mettions un terme à leur guerre contre le charbon". Et, l'année dernière, Mike Pence refusait de mettre en œuvre le plan pour les énergies propres (Clean Power Plan) de Barack Obama, conçu pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de centrales thermiques.

Ryan Zinke, secrétaire chargé des affaires intérieures

Ryan Zinke, élu républicain du Montana à la Chambre des représentants des États-Unis depuis 2015, est un supporter résolu des énergies fossiles et l'un des parlementaires les plus "anti-environnement" du Capitole. Sa campagne électorale a été soutenue par le consortium Oasis Petroleum, basé au Texas. Il est aussi un allié de l'industrie du charbon, auteur en juillet 2015 d'un cavalier législatif permettant aux entreprises du charbon de réduire leurs taxes.

"Le président Obama et le secrétaire d'Etat Jewell ont légué un ensemble de mesures qui marquent de grandes avancées en matière d'environnement. Le rôle de M. Zinke sera soit de défendre cet héritage, soit de s'en défaire", analyse Bradley Campbell, président de la Conservation Law Foundation, organisation active pour la protection de l'environnement. "Il semble excessivement clair quel chemin le président Trump préfèrera qu'il prenne, étant donné aussi l'histoire de déni de la science climatique et la défense des énergies fossiles de M. Zinke".

Du côté de l'EPA, son nouveau directeur Scott Pruitt est critiqué pour ses liens financiers avec les frères Koch, grands patrons des industries fossiles des USA. Un conflit d'intérêt d'autant plus majeur que l'EPA est chargée de réguler les émissions polluantes de l'industrie. Quant à Rick Perry, nommé ministre de l'Energie, cet ancien gouverneur du Texas est membre de Energy Transfer Partners, l'entreprise qui possède le très controversé Dakota Access Pipeline.

Rex Tillerson, PDG d'Exxon Mobil, à la tête du département d'Etat

Proche de Vladimir Poutine, Rex Tillerson a négocié d'importants contrats avec la Russie pour développer l'expansion pétrolière et gazière de l'entreprise Exxon, qu'il a dirigé de 2006 à décembre 2016, avant sa nomination dans le gouvernement Trump pour conduire la politique étrangère des Etats-Unis. M. Tillerson possède des parts dans l'entreprise Exxon à hauteur de 151 millions de dollars. Sous la présidence de M. Tillerson, Exxon a financé des groupes climato-sceptiques et contribué à répandre de la désinformation sur la menace que représente le changement climatique. Cependant, lors de son audition devant la commission des affaires étrangères du Sénat le 11 janvier dernier, M. Tillerson s'est trouvé embarrassé par les questions du sénateur démocrate Tim Kaine, qui pointaient que les scientifiques du groupe Exxon avaient confirmé dès le début des années 80 que la combustion des énergies fossiles causait le changement climatique. Le procureur général du Massachusetts mène d'ailleurs une enquête sur les faits de dissimulation par Exxon de sa connaissance du changement climatique.

Wilbur Ross, secrétaire du commerce et Sonny Perdue à l'agriculture

Alors que, durant sa campagne, Donald Trump a multiplié les promesses envers les mineurs du charbon, son choix de Wilbur Ross Junior au poste de secrétaire d'Etat au commerce, interroge sur ces engagements. Ce milliardaire new-yorkais possédait la mine de Sago en Virginie de l'Ouest où 12 mineurs ont péri dans une explosion en 2006. Dans un premier temps, M. Ross avait nié toute responsabilité dans cet accident, puis avait reconnu que le site ne respectait pas les consignes de sécurité. En 2005, la mine de Sago avait fait l'objet d'une amende de 96.000 $ pour gestion négligente.

Avant son élection comme gouverneur de Géorgie en 2003, Sonnie Perdue était vétérinaire et homme d'affaires. Son entreprise d'agroalimentaire, Perdue Partners, propose une longue liste de produits issus de l'agriculture conventionnelle, mais inclut quelques produits de l'agriculture biologique, y compris du soja non OGM. M. Perdue, comparé à d'autres membres du gouvernement Trump, semble moins hostile à l'environnement.

Réactions3 réactions à cet article

 

Bonjour,
Nous savons tous la feuille de route qui motive les "américains" à contrario de autres américains, un peu moins profiteurs quand même car plus autochtones. A la fin de comptes ces gens , malgré le temps écoulé, ouvrent comme de colons, oui des colonisateurs par le profit s’avère essentiel, disons-le, le but ultime! Nous savons aussi que cette mentalité est prépondérante dans un pays aussi vaste que toute l'Europe et moins usée par définition. La seule réponse serait boycott, boycott et boycott à tous les étages mais pour cela on a besoin de gens au pouvoir un peu moins bêtes et surtout moins subordonnés...

Maes | 24 janvier 2017 à 07h43
 
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Eh bien... ça fait rêver, merci ! Cela étant je préfèrerai toujours une politique "négationniste" clairement affichée, que des gens qui feraient la même chose en douce... Son côté caricatural contribuera rapidement à décrédibiliser leur action.
Par ailleurs dans la structure fédérale des USA, les Etats et les grandes métropoles gardent heureusement une très large marge de manoeuvre y compris en terme de politique environnementale. Quand les gens de Flint, Michigan verront dans quelques années que Trump n'a ni rouvert les mines, ni fait revenir les usines, l'exemple voisin de Detroit qui développe une importante résilience environnementale, sociale et finalement économique avec un modèle basé sur la durabilité (cf le film "Demain" notamment), cet exemple sera encore là pour les inspirer...

Philippe | 24 janvier 2017 à 10h19
 
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L'exploitation du gaz de schiste n'a absolument pas cessé sous Obama, est commandée exclusivement par les cours des pétroles/gaz. Nous ici on n'a pas, donc difficile de juger mais à lire, le problème écologique est surtout celui des eaux sales qui, quand on les remet en profondeur (au delà de 1500 m je pense) ailleurs dans des couches aquifères, cela provoque des tremblements de terre. Et s'ils n'ont pas de solution à ça, alors il faut qu'ils arrêtent. Un autre problème est celui de la croissance infinie, en France comme aux USA car il est hypocrite de faire croire que les autres énergies sont "propres". Pourquoi mettre le focus sur le dit "changement climatique" là-dedans alors que : 1) c'est tout le monde qui consomme, c'est le gâchis qu'il faut combattre !; 2) que le GIEC très très lié à l'atome (→ lui aura des sous de Trump...) garantit les avions CO2taxfree alors que c'est les plus gros pollueurs (15g/kg fuel d'oxydes d'azote contre 8g/kg pour le traffic terrestre). Or les avions ne sont ni pour les milliards de pauvres (qui ont besoin de combustibles pour survivre) ni ce qu'il y a de plus indispensable. Donc qu'on critique ceux/elles qui ont élu ce monsieur de défendre une idéologie non recommandable mais mélanger tous ne va pas aider au décryptage. Pour le climat, ce GIEC que tout le monde suit comme Dieu le père, est loin d'être clean.

Ano | 24 janvier 2017 à 12h47
 
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