En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Le littoral sableux aquitain devrait reculer de 50 m d'ici 2050

Le trait de côte aquitain devrait poursuivre son recul au cours des prochaines décennies. La côte sableuse sera la plus impactée par l'érosion chronique. Les changements climatiques font peser de lourdes incertitudes à l'horizon 2050.

Aménagement  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
Le littoral sableux aquitain devrait reculer de 50 m d'ici 2050
Environnement & Technique N°366 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°366
[ Voir un extrait | Acheter le numéro]

La côte sableuse aquitaine devrait reculer en moyenne de 20 m d'ici 2025 et de 50 m d'ici 2050. Ces reculs moyens ne tiennent pas compte d'un événement majeur qui pourrait faire reculer de 20 m supplémentaires le trait de côte, comme ce fut le cas avec la succession de tempêtes entre décembre 2013 et mars 2014. L'impact des changements climatiques reste très incertain. La côte rocheuse basque ne sera pas épargnée non plus : en incluant l'impact d'un évènement majeur, le recul devrait atteindre 10 m en 2025 et 27 m en 2050. C'est ce qui ressort de l'étude sur le recul du trait de côte sur le littoral aquitain aux horizons 2025 et 2050 publiée en décembre 2016 par l'Observatoire de la côte aquitaine.

 
Deux phénomènes impactent le trait de côte L'étude identifie deux phénomènes météo-marins responsables de l'évolution sur les littoraux de Gironde, des Landes et des Pyrénées-Atlantiques. Le premier est la marée qui modifie le niveau d'action des houles entre les limites extrêmes des plus hautes et des plus basses marées. La marée engendre aussi d'importants courants alternatifs dans les zones d'embouchure qui peuvent bloquer la dérive littorale des sédiments. Viennent ensuite les houles qui, d'octobre à avril, sont de grande amplitude (45% d'entre elles dépassent deux mètres), de période longue (75% sont supérieures à dix secondes) et très énergétiques. Les houles, explique l'étude, ont plus d'impacts à moyen et long terme que les marées. Lorsque la plage est soumise à l'action de fortes vagues déferlantes, un "courant de retour" peut déplacer les sédiments du haut de plage vers le large. Ce phénomène est "particulièrement puissant et actif lors des tempêtes", d'autant que les fortes surcotes constatées lors des tempêtes favorisent l'action érosive des vagues.
 
L'étude met à jour une première estimation réalisée en 2011 pour prendre en compte les tempêtes récentes et les nouvelles données relatives aux stratégies locales de gestion de la bande côtière. Elle porte sur la côte allant de l'estuaire de la Gironde à la frontière franco-espagnole.

L'érosion chronique affecte la côte sableuse

"Les côtes sableuses sont par définition meubles et - sur de grandes échelles de temps - n'ont jamais été, ne sont pas, et ne seront jamais en équilibre", rappelle l'étude, précisant que depuis deux siècles on constate "une érosion globale". Un quart des 234 km de côte sableuse (soit 59 km) est concerné par une érosion annuelle supérieure à 2 m, la moitié (119 km) par un taux de 1 à 2 m et le dernier quart (56 km) par un taux inférieur à 1 m.

Le recul lié à cette érosion chronique devrait atteindre 20 m en 2025, par rapport à 2014, et 50 m en 2050. Toutefois, ces moyennes arrondies à la dizaine près sont à manier avec précaution. En effet, les évaluations maximales du recul retenues par l'étude montent à 190 m en 2025 et 530 m en 2050. Par ailleurs, l'érosion est inégale selon les sites : le littoral girondin allant de la pointe de Grave à la pointe de la Négade subit une érosion annuelle moyenne de 4,8 m et la côte allant du Cap-Ferret (Gironde) à Biscarrosse (Landes) de 4,5 m.

Quant au recul lié à un événement majeur, il est évalué à 25 m en Gironde et entre 10 m et 20 m dans les Landes. "Les valeurs retenues correspondent aux reculs représentatifs de portions du littoral et s'affranchi[ssent] [des] extrêmes", explique le rapport, rappelant que durant l'hiver 2013/2014, le recul a pu atteindre localement plusieurs dizaines de mètres, comme à La Salie (Landes) où il a dépassé 80 m.

L'impact des changements climatiques reste à évaluer

Si l'on prend en compte la hausse du niveau de l'océan associée aux changements climatiques, le recul atteint alors 20 m supplémentaires en 2050. Mais il ne s'agit que d'une moyenne des calculs prenant en compte une hausse de 10 cm de l'océan entre 2014 et 2050 (7 m de recul supplémentaire) et de ceux intégrant une élévation de 50 cm (35 m de recul). "Il convient cependant de garder à l'esprit les nombreuses incertitudes inhérentes aux hypothèses retenues [pour établir cette estimation], ainsi que celles intrinsèques à la méthode", alerte le rapport.

En effet, le rapport propose aussi les résultats obtenus par une autre méthode. Si l'on applique la règle préconisée pour l'élaboration des plans de prévention des risques littoraux (PPRL), les reculs supplémentaires liés à une élévation de l'océan de 50 cm d'ici 2050 sont particulièrement élevés : 460 m en moyenne et jusqu'à 900 m à Soulac (Gironde), 620 m à Biscarosse et 562 m à Labenne-Océan (Landes). Mais, "au regard des tendances passées, le recul apprécié [avec cette règle] semble surestimé", indique le rapport qui retient donc, "en première approche", la valeur moyenne de 20 m.

Côte rocheuse fragilisée par les événements extrêmes

La côte rocheuse basque s'étire sur 40 km entre Anglet et Hendaye (Pyrénées-Atlantiques). La dégradation physico-chimique des terrains conduit à la formation quasi généralisée de roches superficielles altérées. "Elles induisent des mouvements de terrain sur toute la zone où elles se développent", indique l'étude, précisant qu'elles peuvent atteindre 50 m d'épaisseur par endroits. Par ailleurs, les falaises peuvent être affaiblies par des cavités naturelles. C'est le cas, notamment du rocher de la Vierge à Biarritz.

En moyenne, le recul chronique de la côte rocheuse est évalué à 0,25 m par an. Le rapport précise que les taux d'érosion les plus élevés, supérieurs à 0,5 m par an, se situent au niveau d'Anglet, c'est-à-dire à la transition entre la côte sableuse et la côte rocheuse. En moyenne, la côte rocheuse, devrait reculer de 1,7 m d'ici 2025 et de 5,7 m d'ici 2050. Si l'on ajoute à cette érosion chronique le recul lié à un évènement majeur, la falaise pourrait reculer de 10 m en 2025 et de 27 m en 2050. L'impact d'un événement majeur est d'autant plus important que 78% du linéaire de falaise est fortement altéré. L'étude retient dans ses conclusions générales la valeur du recul en intégrant l'événement exceptionnel. En effet, les auteurs estiment que "ces valeurs sont particulièrement représentatives des reculs potentiels du littoral basque, susceptibles de se produire au niveau des falaises rocheuses".

RéactionsAucune réaction à cet article

 

Réagissez ou posez une question au journaliste Philippe Collet

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…