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Négociations sur le climat : fixer les objectifs et les moyens

La communauté internationale doit parvenir à un accord post Kyoto d'ici fin 2009. Les négociations sont entrées dans une phase critique. Au cœur des enjeux : les objectifs et les moyens de réduction des émissions, a fortiori en temps de crise…

Gouvernance  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
Alors que de nombreuses études scientifiques font valoir que les prévisions sur le changement climatique (fonte des glaces, montée du niveau des mers…) ont été assez conservatrices et que les conséquences devraient intervenir plus rapidement et plus intensément que prévu, les négociations internationales sur le climat, destinées à préparer un nouveau traité international post Kyoto, sont entrées dans une phase critique. La prochaine session de discussion sous l'égide de l'ONU se déroulera du 1er au 12 juin à Bonn, en prélude à la conférence finale qui aura lieu à Copenhague en décembre prochain.
Deux questions dominent principalement les débats : celle de l'engagement de réduction des émissions des différents pays et celle du financement et du soutien aux pays du Sud.
Brice Lalonde, ambassadeur chargé des négociations internationales sur le changement climatique pour la France, a fait un point sur l'état des négociations et les enjeux de la réunion sur le climat de Copenhague, mardi 21 avril lors du Séminaire Business for environnement, organisé par le PNUE et la fondation AFP. Selon lui, les discussions sur le climat sont probablement les plus complexes. Elles posent la question de savoir si l'on peut se développer sans émettre davantage de gaz à effet de serre. Ces négociations prennent du temps et le temps, nous en manquons justement. La population a un rôle à jouer pour faire pression sur les débats.

L'engagement des différents pays

La première difficulté à surmonter dans la négociation internationale demeure celle de la répartition des efforts. En 2008, le G8 a posé comme objectif d'atteindre une réduction d'au moins 50 % des émissions mondiales à l'horizon 2050, ce qui implique une baisse de l'ordre de 80 % pour les pays membres du G8, mais aussi une baisse chez les grands pays du Sud. Ces objectifs sont-ils réalistes ? s'interroge Brice Lalonde. Si nous continuons « business as usual », cela parait difficile. Il faudra une nécessaire adaptation des économies.
L'Union européenne de son côté s'engage à réduire ses émissions de 20 % d'ici à 2020, de 30 % si d'autres pays s'engagent également. Les Etats-Unis, qui tiennent désormais à être dans la course, ont affirmé vouloir revenir en 2020 à leur niveau de 1990. Quant aux autres grands pays riches et aux grands pays émergents, ils n'ont pas encore affiché d'objectifs d'émissions.
Lors de la première session de négociations sur le climat qui s'est déroulée à Bonn fin mars début avril, la Chine, l'Inde et d'autres pays émergents ont exhorté les pays riches à réduire d'ici 2020 leurs émissions de gaz à effet de serre bien au-delà de leurs engagements.

Le financement comme condition à l'adhésion des pays du Sud

Les investissements nécessaires au niveau mondial pour faire face au changement climatique sont conséquents, de l'ordre de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Ce qui conduit à la deuxième question : quels financements et surtout quelles mesures de soutien mettre en place ?
Pour adapter les économies au changement climatique, un transfert des technologies sera nécessaire. Mais à quel coût ? questionne Brice Lalonde. Les pays émergents et les pays en voie de développement ont besoin de signaux forts de la part des pays industrialisés pour s'engager dans la lutte contre le changement climatique. Nous aurons besoins d'accords technologiques, de partenariats, d'investisseurs privés pour y parvenir.
Brice Lalonde se dit favorable à la proposition mexicaine de créer un fonds universel, plus précisément un fonds multinational sur le changement climatique, pour financer les actions à mettre en place. Tous les pays contribueraient à ce fonds par un prélèvement calculé selon un barème prenant en compte le volume de leurs émissions et leur produit intérieur brut.
Une proposition norvégienne a également retenu l'attention des négociateurs : il s'agit de mettre aux enchères une partie des quotas d'émissions attribués aux Etats industrialisés pour alimenter les fonds.
Pour Brice Lalonde, ces fonds doivent être accompagnés de mesures incitatives nationales : l'essentiel de la lutte contre le changement climatique se fera au niveau national. Les mesures fiscales sont donc primordiales. Il faut donner un coût au carbone pour favoriser le développement d'énergies nouvelles.

L'impact de la crise sur les négociations

La crise économique actuelle peut-elle freiner les ambitions ? Pour l' ambassadeur Français chargé des négociations internationales sur le changement climatique, l'impact de la crise est négatif. Certes, cela entraîne une baisse des émissions de gaz à effet de serre mais nous avons avant tout besoin d'argent. Nous devons également démultiplier les efforts de chacun : le tout doit être supérieur à la somme des parties. Or, la crise conduit aujourd'hui à un repli sur soi, au protectionnisme. Pourtant, je reste optimiste. Il suffit de regarder la place qu'a pris le changement climatique dans le débat public comparé à il y a quelques années. Nous inventons une nouvelle politique, une nouvelle manière de négocier. Nous devons maintenant inventer une économie à bas carbone.

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