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Plastique : la liste des emballages inutiles prend forme

Le « décret 3 R » prévoit de supprimer en 2025 les emballages plastique inutiles. Les signataires du « Pacte national sur les emballages plastique » en ont identifié 17. Douze supplémentaires pourraient être ajoutés cette année.

Déchets  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com

En février 2019, les pouvoirs publics, des entreprises et des ONG signaient un « Pacte national sur les emballages plastique » afin de réduire l'usage d'emballages en plastique non recyclables, d'assurer la recyclablilté des emballages et d'améliorer l'incorporation de matières recyclées. Mi-juillet 2021, le Pacte publiait sont premier bilan. Celui-ci présente une liste de 17 emballages en plastique qui devraient être supprimés d'ici 2025. Une seconde liste contient 12 emballages pour lesquels la démonstration de leur recyclabilité à l'échelle industrielle reste à faire courant 2021. Si une filière de recyclage n'émerge pas, ces emballages devraient être ajoutés à la liste de ceux à éliminer d'ici 2025.

Cette approche complète le travail de Citeo, l'éco-organisme en charge de la filière de responsabilité élargie du producteur pour les emballages ménagers, concernant la recyclabilité des emballages. Ces travaux sont réalisés alors que le « décret 3 R » prévoit d'interdire les emballages non recyclables et/ou inutiles et fixe des objectifs de réduction de l'emploi du plastique.

Le ministère de la Transition écologique « salue » cette publication. « Ce premier rapport annuel sur un exercice complet, l'année 2020, permet de rendre compte des premiers résultats obtenus par les signataires qui représentent 25 % des mises en marché en France des emballages en plastique ménagers. » Le ministère annonce par ailleurs que Citeo et Veolia, le géant de la gestion des déchets, rejoignent le Pacte.

PVC, PS et certains usages des opacifiants

La première avancée mise en avant concerne la liste des emballages « problématiques ou inutiles » élaborée par les signataires. Initialement, ils proposaient d'arrêter l'utilisation du polychlorure de vinyle (PVC) d'ici 2022 et de s'attaquer au polystyrène (PS) expansé d'ici 2025. Depuis, ils ont établi une liste de 17 catégories d'emballages inutiles. Par « emballages inutiles », ils entendent ceux « [qui n'ont] pas de fonction technique clairement identifiée c'est-à-dire une fonction de protection, sanitaire et d'intégrité des produits, de transport, ou de support d'information règlementaire ». Le Pacte reprend ici la définition donnée dans le « décret 3 R » ainsi que l'échéance fixée à 2025.

Deux ans après la signature du Pacte, la liste des emballages inutiles s'est allongée. Les membres du Pacte proposent d'abord les deux identifiés en 2019 : ceux en PVC et ceux en PS expansés, auxquels s'ajoutent maintenant ceux en PS mousse (appelé aussi XPS). Ils y ajoutent les emballages contenant certains opacifiants pour des usages pour lesquels l'effet barrière apporté par ces additifs n'est pas indispensable. Il s'agit de certains usages des emballages en polyéthylène téréphtalate (PET) opaque et des emballages contenant du noir de carbone. Ils devraient préciser la liste des produits pour lesquels l'emploi de ces résines ne se justifie pas. Enfin, ils proposent d'éliminer l'usage des blisters, ces emballages-coques thermoformés employés, par exemple, pour envelopper les ampoules ou certains jouets. Ils peuvent être remplacés par du carton ou supprimés, justifie les signataires.

Du côté des résultats, ils annoncent que le PVC ne représente plus que 0,5 % de la mise en marché d'emballages ménagers en plastique en 2020. Par ailleurs, ils annoncent avoir mené des actions ayant permis de réduire de 5 800 tonnes le volume des emballages considérés comme inutiles. Quelque 40 % de cette réduction a été atteinte en réduisant le poids des emballages, 39 % en remplaçant l'emballage plastique par un en carton, 15 % en supprimant l'emballage et 6 % en recourant à une résine non problématique.

Les emballages sur la sellette

Suivent ensuite 12 catégories d'emballages « à examiner » qui pourraient entrer dans la liste des résines à supprimer. Elle reprend les emballages souvent pointés du doigt pour les problèmes posés aux acteurs du recyclage. Pour l'essentiel, il s'agit, pour chacun d'eux, de déterminer courant 2021 la faisabilité d'une solution de recyclage à l'échelle industrielle.

Sans surprise, la première résine visée est le PS qui, pour l'instant, ne dispose pas de filière de recyclage. Le Pacte consulte les acteurs concernés depuis février 2021. « Les données sanitaires, technico-économiques, environnementales et règlementaires issues des auditions permettront d'étayer dans les mois qui viennent une position des membres du Pacte concernant cette résine ». Suit ensuite le PET opaque, y compris lorsque l'effet barrière est justifié. La possibilité de création d'une filière de recyclage en boucle fermée sera déterminante. Les emballages en polyéthylène téréphtalate glycolisé (PETg) sont aussi menacés. Il s'agit d'une résine qui rend la détection en centre de tri ambiguë, notamment lorsqu'elle est utilisée en manchon sur des bouteilles.

Enfin trois autres types d'emballages actuellement sans solution de recyclage industrielle sont identifiés : les emballages souples en polypropylène (PP), les emballages complexes (c'est-à-dire composés de plusieurs matériaux) et les pots et barquettes en PET. Cette dernière catégorie représente un enjeu important car il n'existe pas de filière de recyclage, alors même que les gisements sont conséquents et que les acteurs qui abandonnent le PS se tourne vers cette solution…

Les (petites) avancées en matière de recyclage

Pour le reste, le Pacte rapporte les progrès réalisés en matière de recyclage des emballages et d'incorporation de plastique recyclé. Ils sont plutôt modestes.

En 2019, les industriels s'engageaient à atteindre 60 % d'emballages plastique effectivement recyclés en 2022. En 2020, ce taux de recyclage atteint 29 % (sur la base des chiffres de Citeo). « Ce taux montre une légère progression par rapport à l'année précédente (27 %) », constatent les signataires, « mais il demeure très éloigné de la trajectoire à 2022 que le Pacte s'était donné ».

Les signataires avaient aussi annoncé viser un taux d'incorporation moyen de 30 % de résine recyclée en 2025. En 2020, ils ont incorporé 43 000 tonnes de plastique recyclé, soit un taux d'incorporation moyen de 15 % (contre 11 % en 2019, soit 24 000 tonnes). Optimiste, le Pacte estime être « à mi-parcours de son engagement à 2025 »

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