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L'Anses pose les bases d'une surveillance nationale des pesticides dans l'air ambiant

La contamination de l'air ambiant par les pesticides est mal connue. Pour y remédier, l'Anses établit une liste de 90 substances prioritaires à surveiller et des recommandations pour mettre en place un dispositif de surveillance national.

Risques  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°374 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°374
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La contamination de l'environnement par les pesticides ne se limite pas aux sols et à l'eau. De très nombreuses molécules sont également présentes dans l'air mais elles sont pour l'instant mal ou insuffisamment surveillées. C'est la raison pour laquelle les ministères en charge de l'agriculture, de l'écologie, de la santé et du travail ont demandé à l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) une expertise scientifique, prémices de la mise en place d'un dispositif national de surveillance des pesticides dans l'air ambiant.

L'Agence a publié ce jeudi 19 octobre le résultat de ses travaux. L'expertise s'est appuyée sur le retour d'expériences des associations agréées de surveillance de la qualité de l'air (AASQA), qui collectent depuis plus de dix ans des données en la matière en plusieurs points du territoire mais sans ligne directrice générale. Cette expertise conduit à la publication de deux documents : une liste de 90 substances prioritaires à surveiller dans l'air ambiant, d'une part, des recommandations sur la stratégie d'échantillonnage et les modalités d'analyse, d'autre part.

Substances hautement prioritaires

La liste de "pesticides" identifiés comprend des substances chimiques entrant dans la composition des produits phytopharmaceutiques mais aussi des biocides, médicaments vétérinaires et antiparasitaires à usage humain.

Dans cette liste, l'Anses identifie des substances hautement prioritaires dont la pertinence de la surveillance est d'ores et déjà confirmée et d'autres pour lesquelles cette pertinence reste à confirmer après explorations complémentaires. Parmi les premières figurent le 2,4D, la cypermétrine, le fipronil ou encore le lindane. Dans la seconde, on retrouve le fameux glyphosate mais aussi des substances comme l'aldrine ou le dichloran.

Cette liste devra être complétée ultérieurement au regard du risque pour les écosystèmes, précise l'Agence. Elle sera par ailleurs prise en compte pour renseigner l'exposition humaine aux pesticides dans les environnements intérieurs, précise-t-elle.

Protocole harmonisé de mesure

L'Anses recommande la définition d'un protocole harmonisé de mesure des pesticides dans l'air ambiant applicable tant en métropole qu'en outre-mer. Pour cela, elle préconise une campagne exploratoire dont le protocole sera défini par le Laboratoire central de surveillance de la qualité de l'air (LCSQA), en lien avec plusieurs AASQA, sur la base de tests métrologiques qui sont déjà en cours, précise-t-elle. Cette campagne est prévue par le plan national de réduction des émissions de polluants atmospériques (Prepa) adopté en mai dernier.

A son issue, les experts recommandent la réalisation d'un retour d'expérience destinée à définir la stratégie de surveillance nationale à mettre en œuvre. Ce retour d'expérience portera sur le choix des molécules prioritaires, les situations d'exposition à prendre en compte, ainsi que sur les critères de classification et de sélection des sites.

"Cette surveillance doit permettre in fine, d'évaluer l'exposition chronique de la population générale et les risques sanitaires associés", explique l'Agence. Ces données, ajoute-t-elle, permettront d'informer la population et de prendre le cas échéant des mesures adaptées visant à réduire les expositions. Elles seront également utilisées dans le cadre du dispositif de phytopharmacovigilance, dont l'Anses a la charge et qui a pour objectif de surveiller les effets indésirables des produits phytopharmaceutiques disponibles sur le marché.

Outre cette surveillance nationale, les auteurs de l'expertise recommandent la mise en place de campagnes de mesure ponctuelles visant à évaluer l'exposition des populations à proximité des zones les plus impactées par les pesticides : zones agricoles, silos mais aussi gares, aéroports et zones industrielles.

Réactions3 réactions à cet article

 

On fera déjà mieux de mettre tout en œuvre les techniques d'usage minimum des pesticides par les moyens agronomiques et mécaniques...On a cultivé avec un minimum de pesticides il n'y a pas si longtemps..Les publicités de l'agro chimie prédomine la situation en prônant l'économie et la facilité..

agregat | 20 octobre 2017 à 11h28
 
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On peut lire dans le Monde d'aujourd'hui un article précisant qu'en Europe les populations d'insectes ont baissé de 80% en trente ans. La seule explication est l'exposition aux pesticides. Que faudra-t-il de plus pour convaincre nos responsables que la chimie est en train de nous empoisonner.
Les produits chimiques doivent être massivement taxés en fonction de leur toxicité et des risques que leur mode d'utilisation fait courir à l'environnement. Ainsi l'agro-écologie et autres techniques douces seront très rentables et représenteront en quelques années l'essentiel de notre production. Cela sera générateur d'emplois et de santé.

La Métamorphose | 20 octobre 2017 à 22h14
 
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on pourrait aussi parler des insecticides utilisés massivement par les particuliers pour éliminer moustiques mouches puces araignées etc... dans ce domaine aussi on pourrait prôner une utilisation raisonnée

MNM | 25 octobre 2017 à 08h33
 
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