Six priorités et 20 actions : c'est la nouvelle réponse du Gouvernement pour réduire l'exposition aux perturbateurs endocriniens (PE). Cette proposition est en consultation (1) jusqu'au 8 mai 2026 inclus. Elle fait partie des annonces du
La particularité de ces substances chimiques est leur mode d'action qui perturbe le fonctionnement hormonal « normal » d'un individu et/ou de ses descendants. Largement utilisées, elles peuvent se retrouver dans l'environnement mais également dans des produits du quotidien : que ce soient les bisphénols, les parabènes, les phtalates, les per et polyfluoroalkylées (PFAS (2) ), retardateurs de flamme, etc.
Le Gouvernement avait déjà initié une première stratégie nationale contre les perturbateurs endocriniens en 2014 suivie d'une seconde en 2019. Dans l'évaluation de cette dernière, les inspections générales de l'environnement (Igedd) et des affaires sociales (Igas) avait dressé un bilan sévère et appelaient à des changements radicaux pour la troisième version. « Elle doit traduire un changement radical aussi bien sur les objectifs (zéro exposition aux PE) qu'en matière de priorités : réduction effective de l'exposition aux PE et pas uniquement production de connaissances, formation des professionnels et information du public, notaient alors les inspections. Elle doit également être portée beaucoup plus fermement au niveau politique, que ce soit à l'échelle nationale ou européenne, et encourager les initiatives prises par les acteurs de terrain. ».
Accompagner les acteurs locaux
Pour ce nouveau plan d'actions, le Gouvernement compte parmi ses priorités l'accompagnement des acteurs locaux (pour agir sur la réduction des PE et promouvoir des actions de prévention). La seconde vise à former et informer les citoyens (à travers des temps forts de communication, d'information du grand public, de sensibilisation des jeunes mais également de formation des élus et des agents des collectivités).
Le Gouvernement propope également de mieux protéger les populations les plus vulnérables et les plus exposées en formant les professionnels de santé, en intégrant la prévention dans les politiques de santé publique ou encore en prennant en charge les personnes à risque au sein d'un dispositif réservé aux patients souffrants de trouble de la fertilité ou exposés à des substances reprotoxiques (les plateformes Prévenir). Le plan vise également à protéger et informer les travailleurs.
Les enjeux règlementaires portés au niveau européen
Concernant le levier réglementaire, le plan indique vouloir encourager la reconnaissance européenne (3) de la perturbation endocrinienne dans les règlements sectoriels et transversaux. Il prévoit également d'accélérer l'identification des PE et le partage de données. Autre objectif : la structuration du processus national de validation des méthodes de test pour la caractérisation des PE. Le Gouvernement souhaite ensuite engager son intégration au niveau européen. Il projette également de renforcer les contrôles et la surveillance dans l'alimentation humaine et animale, de l'eau destinée à la consommation humaine mais aussi des produits non alimentaires. Pour cela, il établira une liste des substances par usage.
La cinquième priorité portera sur la surveillance des conséquences des perturbateurs endocriniens. Le plan prévoit une surveillance de l'imprégnation de la population (soutien à l'étude Albane, outils d'analyse de la santé reproductive et études quantitatives d'impact sanitaire) comme des milieux et de leurs impacts.
La sixième priorité consiste en la fédération des acteurs de la recherche dans une approche « une seule santé ». Le Gouvernement compte soutenir la construction et l'animation d'un réseau de recherche transversal sur les PE. Il souhaite également favoriser le transfert des données vers les acteurs de terrain (dans le cadre du Green data for Health). Les acteurs économiques seront également incités à échanger au sein de plateformes pour la substitution des PE. Les grands programmes de recherche seront pérennisés (cohorte prospective pédiatrique Filomène de l'Iserm, valorisation des résultats du Parc - Partnership for the Assessment of the Risks from Chemicals – sur les PE).






