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Le plan du gouvernement pour s'adapter au changement climatique

Renaturalisation des espaces anthropisés et alimentation artificielle des rivières font partie des pistes envisagées par le gouvernement dans le projet de plan national d'adaptation au changement climatique. Détails.

Gouvernance  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

Le projet de plan national d'adaptation au changement climatique (Pnacc) est actuellement en consultation. Il doit être présenté par le gouvernement d'ici fin décembre. Il s'agit du deuxième plan de la sorte élaboré par la France. Son objectif : anticiper au cours du quinquennat les changements climatiques régionaux attendus.

Elaboré par l'Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (Onerc), le Pnacc 2 fait d'abord état des changements auxquels la France doit se préparer et précise d'ailleurs que ces hypothèses sont"cohérentes avec les changements en cours [déjà] détectés". Parmi elles, une "hausse des températures plus forte que la moyenne mondiale de 2°C, notamment dans les régions les plus éloignées des côtes, avec des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, de plus en plus sévères et s'étendant au-delà des périodes estivales traditionnelles". Le printemps, l'été et l'automne 2017 ne seraient donc qu'un aperçu du futur climat français. De même, les précipitations se feront plus intenses, augmentant le risque de crues et d'inondation. Les épisodes de sécheresse seront plus fréquents et plus sévères, la gestion de la ressource en eau sera essentielle. Le niveau de la mer sera en hausse, augmentant les risques de submersion. En revanche, l'Onerc indique une "évolution incertaine de la fréquence et de la sévérité des tempêtes, sauf dans les régions outre-mer tropicales où la sévérité des cyclones devrait augmenter".

Le Pnacc 2 vise donc à préparer les territoires à ces phénomènes. Il sera progressivement plus prescriptif, alors que le premier plan était surtout incitatif. Cependant, le projet en consultation ne détaille pas vraiment les mesures prescriptives envisagées. Il précise en revanche que "la France augmentera les financements dédiés à l'adaptation de ses territoires et de son économie pendant le quinquennat".

Stopper l'artificialisation des sols et renaturaliser des terres anthropisées

L'adaptation nécessitera une coordination Etat/territoires, qui passera notamment par des comités régionaux de l'adaptation. Les pratiques d'aménagement devront être adaptées dans une perspective de long terme. Des stratégies foncières de moyen et long terme seront développées par l'Etat. L'objectif sera de limiter fortement l'artificialisation des sols, "en cherchant à la stopper à terme", afin de favoriser l'infiltration des précipitations. Le document ne donne cependant pas d'échéance claire. Il indique seulement que cette lutte pourra se faire via des outils de planification (Scot, PLUi) et que sera étudiée la possibilité de rendre à la nature des territoires anthropisés (dépollution, restauration de friches industrielles…).

Le ministère de la Transition écologique et solidaire lancera un appel à projets de territoires résilients au climat et solidaires. Les thèmes prioritaires seront la recomposition spatiale du littoral, l'adaptation des réseaux et des infrastructures, la lutte contre les îlots de chaleur urbains, les aléas naturels et l'évolution de la biodiversité dans les zones de montagne, l'évolution des pratiques et des filières agricoles ou encore les retours d'expérience sur la reconstruction résiliente après catastrophe.

Le ministère "promouvra systématiquement les solutions fondées sur la nature. Il s'agira de protéger, de gérer de manière durable et de restaurer des écosystèmes naturels ou modifiés pour relever directement les défis de société de manière efficace et adaptative". Par exemple, la réduction des risques d'inondation et de submersion devra en priorité s'appuyer sur les milieux naturels.

Le bâti sera adapté pour favoriser la résilience aux risques naturels et sanitaires via les labels existants voire des moyens réglementaires. Sans davantage de précisions.

Un débat national sur l'alimentation artificielle des rivières

Le Pnacc 2 fait également le point sur les actions à mener en fonction des milieux et des ressources naturels, mais aussi des filières économiques. Pour l'eau, "il s'agira de faire converger une offre prévue en diminution à une demande qui, déjà par endroits, n'est pas satisfaite et pourrait encore augmenter". Un débat national sera organisé par le ministère de la Transition écologique sur la réalimentation artificielle des rivières. Ce dernier devra également développer des outils pour accompagner les territoires dans le partage des usages. Le ministère de l'agriculture devra quant à lui préparer la transition vers une agriculture économe en eau.

Concernant la vulnérabilité des filières socio-économiques aux changements climatiques, le ministère mènera une étude prospective (2018-2020) pour identifier celles qui doivent être mobilisées en priorité. Entre 2020 et 2022, ces travaux seront prolongés par des analyses plus approfondies filière par filière. Les projets d'investissements publics seront passés au crible de la résilience, afin "d'éviter les investissements dont la rentabilité serait significativement réduite en raison du changement climatique". Le document indique que le secteur financier sera également mobilisé pour financer l'adaptation, sans davantage de précisions sur les moyens qui seront utilisés.

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