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Pollution plastique : l'OCDE propose deux scénarios de lutte à l'échelle internationale

Une action internationale globale sur la pollution plastique serait plus efficace que des actions régionales, constate l'OCDE. Mais pour qu'une stratégie mondiale se mette en place, il faudra que les pays riches aident les pays en développement.

Déchets  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
Pollution plastique : l'OCDE propose deux scénarios de lutte à l'échelle internationale

Ce vendredi 3 juin 2022, l'OCDE publie une étude qui compare les bénéfices attendus à l'horizon 2060 de deux stratégies internationales de lutte contre les déchets en plastique : l'une construite à partir d'actions régionales, l'autre à partir d'une politique mondiale coordonnée. Sans surprise, l'action coordonnée aboutit à de meilleurs résultats. Mais elle fait aussi supporter aux pays en développement l'essentiel de la facture. Faute d'action, le scénario au fil d'eau (BAU, pour Business As Usual) prévoit que la production annuelle de déchets plastique soit quasiment multipliée par trois et que les rejets dans l'environnement doublent.

En février 2022, une première version du rapport « Perspectives mondiales des plastiques » de l'OCDE proposait une évaluation mondiale de la consommation de plastique, de la production de déchets et des rejets dans l'environnement. Dans la foulée, l'Assemblée des Nations unies pour l'environnement adoptait une résolution entérinant la constitution d'un comité intergouvernemental de négociation chargé d'élaborer d'ici à 2024 un instrument international contraignant pour mettre fin à la pollution plastique.

Freiner la demande et traquer les rejets

Aujourd'hui, l'OCDE franchit un pas supplémentaire et envisage deux feuilles de route et en quantifie les bénéfices. Ces scénarios proposent un panel « d'actions internationales pour à la fois stopper la progression de l'utilisation du plastique et réduire sensiblement les rejets ».

Les actions proposées par l'OCDE visent d'abord à réduire la consommation de plastique grâce à l'écoconception, notamment en allongeant la durée de vie des produits. L'autre option proposée repose sur des taxes sur les emballages et, plus généralement, sur l'ensemble des produits de sorte à cibler les plastiques les plus polluants et à encourager l'usage de plastiques recyclés. En revanche, les politiques d'interdiction de produits ne sont pas privilégiées.

Ensuite, le recyclage doit être encouragé. Outre l'amélioration générale de la gestion des déchets, deux stratégies sont suggérées. La première est la fixation d'objectifs d'incorporation de matière recyclée. La seconde est la création de filières de responsabilité élargie des producteurs (REP). Quatre familles de produits doivent être ciblées en priorité : les emballages, l'électronique, l'automobile et l'habillement. À l'aval du cycle, l'amélioration de la collecte des déchets et le nettoiement des déchets sauvages permettent de « fermer les voies de rejets ».

Mesures dispersées ou action coordonnée ?

 
Le scénario « Ambition mondiale » porte sur un ensemble de mesures très rigoureuses destinées à réduire les rejets mondiaux de plastique à un niveau proche de zéro à l'horizon 2060  
OCDE
 
Comment mettre en œuvre ces actions ? Le scénario « Actions régionales » prévoit que chaque pays, ou groupe de pays, agisse en fonction de ses capacités. Les pays de l'OCDE agiraient donc plus vigoureusement que les pays en développement. Seconde possibilité envisagée : un scénario « Ambition mondiale », qui « porte sur un ensemble de mesures très rigoureuses destinées à réduire les rejets mondiaux de plastique à un niveau proche de zéro à l'horizon 2060 ». Il s'appuie notamment sur un accord international contraignant et ambitieux.

La mise en œuvre d'actions régionales permettrait de réduire de 17 %, à 1 018 millions de tonnes, la demande de plastique projetée pour 2060, par rapport au BAU (dans ce scénario, la consommation triple entre 2019 et 2060, passant de 460 à 1 231 Mt). Les plastiques recyclés contribuent à hauteur de 29 % de cette demande (contre 12 % dans le scénario BAU). Quant à la production de déchets plastique, elle serait aussi réduite de 17 %, à 837 Mt. L'essentiel de la réduction des rejets est réalisé ensuite, grâce à une bonne gestion des déchets (le taux de recyclage est de 35 %). Les déchets mal gérés sont de l'ordre de 59 Mt (- 62 % par rapport à BAU) et les rejets dans l'environnement de l'ordre de 20 Mt.

Avec le scénario « Ambition mondiale », la demande de plastique ne serait « que » de 827 millions de tonnes, soit un tiers de moins par rapport au scénario BAU. La production de déchets serait de 679 Mt (- 33 % par rapport à BAU) et les déchets mal gérés s'élèveraient à 6 Mt, pour des rejets dans l'environnement de 5 Mt (- 85 % par rapport à BAU). Avec ce scénario, 60 % des déchets plastiques sont recyclés et les résines recyclées contribuent à hauteur de 41 % de la demande.

Augmenter l'aide publique aux pays en développement

Si, sans surprise, le scénario « Ambition mondiale » est plus efficace, il comporte aussi davantage de contraintes. En particulier pour les pays en développement : « les coûts les plus élevés [sont] attendus en Afrique sub-saharienne (…), où le PIB serait réduit de 2,8 % par rapport au niveau de référence », prévient l'OCDE. À titre de comparaison, les pays développés de l'OCDE supporteraient un coût inférieur à 0,5 % de PIB. L'organisation plaide donc pour un soutien renforcé de l'aide publique au développement versée par les pays riches pour soutenir la lutte contre les rejets de plastique dans les pays en développement. Les flux actuels « ne représentent qu'une fraction de ce qui est nécessaire », alerte-t-elle.

Dernier constat, en forme d'alerte : même le scénario le plus ambitieux ne met pas fin à l'accumulation des plastiques dans les rivières, les lacs et les océans. Avec une action mondiale coordonnée, l'OCDE estime que le volume de plastique dans les masses d'eau doublera entre 2019 et 2060, pour avoisiner 280 Mt (contre 140 Mt aujourd'hui). Le scénario régional entraîne un presque triplement (à 420 Mt). Faute d'action, ce volume atteindra près de 500 Mt.

Réactions3 réactions à cet article

 

ce n'est pas le plastique qui pollue mais celui qui le jette ! allez voir les plages de Marseille après les pluies qui ont lavé les rues ... un massacre écologique mais tout le monde ferme les yeux

laurent | 07 juin 2022 à 13h56
 
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J'ai lu dans l'article ci-dessus " il faut fermer les voies de rejets ..." Il est une voie autorisée et encouragée à fermer de toute urgence.... » .
Compostage des déchets verts; apports des particuliers, entreprises, services communautaires.….dans les déchetteries.
Broyés et compostés ces déchets verts sont livrés gratuitement aux intéressés et épandus en l'état sur les terres agricoles
comme amendements (à noter que ces épandages sont interdits par le cahier des charges de l'agriculture biologique et poi
cause !).
Faute de tri sérieux en amont ce compost est pollué par des " indésirables", entre autres par de nombreux débris de déchet
plastiques (macro et micro) issus d'objets divers présents dans les sacs de tonte et de taille. Passés au broyeur avec les dé
verts, ces éléments déchiquetés se retrouvent enfouis et/ou en surface des champs cultivés qu'ils polluent.
Il est estimé qu'entre 31 000 et 42 000 tonnes de microplastique issus de diverses sources sont épandus chaque année su
sols européens. Les nanoplastiques véritable fléau pour l'environnement et la santé humaine se retrouvent en bout de chain
dans nos assiettes !
Le plastique n'en jetez plus ! La nature en est déjà pleine !

R. Gautron | 07 juin 2022 à 15h12
 
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Bonjour. Tout cela est bien théorique, sachant que l'action coordonnée internationale est plus proche de l'utopie (ou du rêve) que de la réalité (cf. ce qui se passe avec le climat et la biodiversité qui sont l'objets de raouts planétaires absolument stériles et dont ne profitent que les opportunistes).
Je rejoins R. Gautron en prônant l'action locale efficace et le financement de projets concrets d'infrastructures (comme des circuits de collecte et de tri, associés à la valorisation matière puis énergétique des déchets).
Et évidemment la réduction à la source partout où c'est possible, sans se priver de solutions apportées par le plastique, notamment au plan sanitaire.

Albatros | 07 juin 2022 à 17h16
 
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