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Première stratégie nationale de la recherche énergétique : mention passable !

La loi POPE de juillet 2005 a instauré la publication tous les 5 ans, d'une stratégie nationale de la recherche énergétique. La première copie rendue en mai 2007, mérite d'être améliorée selon l'OPECST en vue du prochain document, prévu pour 2012.

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
   
Première stratégie nationale de la recherche énergétique : mention passable !
   
Nous avons constaté un manque de méthodologie objective. Ce document s'impose comme une synthèse a posteriori, un effet d'aubaine de projets validés au cas par cas auxquels la stratégie nationale veut donner une cohérence. Le verdict de Christian Bataille (PS), l'un des deux députés chargés dévaluer pour le compte de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) la première stratégie nationale de la recherche énergétique, est sévère. Le rapport d'évaluation critique l'insuffisance de méthodologie pour l'élaboration de la stratégie de recherche et le défaut d'implication du gouvernement. Pour Christian Bataille et son homologue Claude Birraux (UMP), la stratégie de recherche est un panorama exhaustif, d'ailleurs intéressant, de l'ensemble des pistes suivies, plus qu'un instrument d'orientation entérinant une volonté politique.
Ce premier exercice, entériné par la loi de programme fixant les orientations de la politique énergétique (loi POPE) du 13 juillet 2005 et publié en mai 2007, serait donc passé à côté de son objectif. L'idée était que les ministères en charge de la recherche et de l'industrie réalisent tous les cinq ans un document définissant une vision complète et synthétique des actions engagées pour améliorer les technologies existantes ou en promouvoir de nouvelles. Selon les termes de la loi, cette stratégie précise les thèmes prioritaires de la recherche dans le domaine énergétique et organise l'articulation entre les recherches privée et publique. Les deux députés rapporteurs soulignent un décalage dans les attentes : ce document est l'expression de la pensée des techniciens et des services, sans validation politique. Pour sa réalisation, on a saisi des éléments épars et on présente ça comme une politique générale, relève Christian Bataille.
Les deux députés préconisent donc que la prochaine stratégie nationale de recherche énergétique, qui doit être produite d'ici 2012, soit élaborée selon une méthodologie plus rigoureuse, mais encore que son contenu soit présenté et approuvé en Conseil des ministres et publié au Journal Officiel. Les deux élus insistent sur la nécessité d'une affirmation politique dans ce document et soulignent l'importance de désigner des instances de pilotage pour en assurer le suivi.

Sur le fond, les deux députés approuvent globalement les orientations inscrites dans la stratégie, en y ajoutant quelques recommandations.

Premier objectif : poursuivre un effort prioritaire sur les technologies établies

La loi POPE prévoit la poursuite des efforts dans les domaines du nucléaire et du pétrole : la politique de recherche doit permettre à la France d'ici à 2015, d'une part de conserver sa position de premier plan dans le domaine de l'énergie nucléaire et du pétrole, et d'autre part d'en acquérir une dans de nouveaux domaines.
Concernant le nucléaire, l'axe prioritaire de la recherche porte sur la gestion des déchets nucléaires, notamment leur stockage et entreposage, et sur les réacteurs de quatrième génération. Le rapport des députés Bataille et Birraux préconise la désignation de coordinateurs de recherche, comme l'est l'ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) pour la question du stockage réversible.
Concernant le pétrole, le rapport souligne la nécessité d'apporter plus de lisibilité sur les conditions dans lesquelles l'Etat veille à assurer une meilleure articulation de l'action des organismes publics de recherche et à organiser une plus grande implication du secteur privé. D'après le document, le soutien public accordé aux recherches sur les hydrocarbures doit être mis en valeur par une structure faisant ressortir leur intérêt industriel pour des petites entreprises du secteur pétrolier.
Les deux élus préconisent également une diversification des travaux de l'Institut français du pétrole (IFP) pour tenir compte de la future disparition des hydrocarbures fossiles.

Technologies nouvelles : faire les bons arbitrages

Quant aux technologies nouvelles, le rapport souligne la nécessité de faire les bons arbitrages, en distinguant des domaines devant bénéficier d'un soutien plus actif et des domaines déjà bénéficiaires d'un soutien suffisant, dans une perspective d'allocation plus efficace des crédits publics. Les députés Bataille et Birraux ont identifié comme prioritaires l'efficacité énergétique, l'énergie solaire, le stockage d'énergie, les biocarburants et les énergies de la mer. L'énergie éolienne, la pile à combustible et le captage stockage du gaz carbonique bénéficient déjà, selon le rapport, d'un soutien suffisant.
Pour rappel, la dépense publique de recherche en énergie était de 797 M€ en 2006. L'énergie nucléaire constituait le plus gros poste de dépense avec 477 M€, suivie par les hydrocarbures fossiles avec 106 M€. L'efficacité énergétique (69 M€), la pile à combustible (53 M€), les énergies renouvelables (52 M€), le captage et le stockage de CO2 (26 M€), les technologies transverses (12 M€) et le stockage de l'énergie (2 M€) constituaient le reste de la dépense.
Les rapporteurs appuient la stratégie nationale dans l'identification de quatre pistes pertinentes à l'avenir : l'énergie photovoltaïque, les biocarburants, les batteries rechargeables et les énergies marines.

Un nécessaire effort de formation

Les deux députés ont également insisté sur la question connexe de la formation, qui est à renforcer. Nous avons un besoin quantitatif et qualitatif de compétences artisanales, a précisé Christian Bataille. Deux niveaux de formations ont été jugés prioritaires : celui des ingénieurs et celui des techniciens.

Réactions2 réactions à cet article

 
Et après on dit que les ENR coûtent chère

rappels de l'aticle
nucléaire 477 M€,
hydrocarbures fossiles avec 106 M€
efficacité énergétique 69 M€,
la pile à combustible 53 M€,
énergies renouvelables 52 M€,
captage et stockage de CO2 26 M€,
technologies transverses 12 M€,
stockage de l'énergie 2 M€,

Le budget de recherche consacré au nucléaire est neuf fois plus élevé que celui des ENR et après on accuse les ENR de revenir chère aux contribuables...

jean | 12 mars 2009 à 09h03
 
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Re:Et après on dit que les ENR coûtent chère

Il faut bien continuer à valoriser l'énergie majoritaire de la France!!! Les énergies fossiles sont encore d'actualité, les EnR ne sont que pour demain, quand il faudra vraiment passer à ce mode d'énergie, vu qu'il n'y aura plus rien d'autre... En même temps on ne le verra pas, la planète aura pris 9°C de plus, les espèces vivantes connues ne pourrons plus vivre...
Mais certains diront que le nucléaire c'est aussi la fusion qui devrait arriver dans 50 ou 60 ans... j'aime à répondre qu'en l'an 2000 les voitures voleront...

Vivien | 12 mars 2009 à 10h44
 
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