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Actu-Environnement

Malgré des propos d'ouverture, Georges Bush torpille l'idée d'accords basés sur le protocole de Kyoto à la veille du G8

À quelques jours du G8, le Président américain annonce sa volonté d'aboutir à des accords sur le réchauffement climatique. Si ces déclarations montrent que le phénomène ne peut plus être ignoré, les solutions proposées n'ont rien de bien nouveau.

Gouvernance  |    |  David Ascher  |  Actu-Environnement.com
Les États-Unis semblent finalement, revenir sur les propos tenus il y a à peine quelques jours à la réunion de la CCNUCC à Bonn. Alors qu'il y estimait toujours que le temps n'était pas venu de lancer des négociations sur le long terme et continuait de préférer la voie de la coopération bilatérale et les progrès techniques, Georges Bush vient d'annoncer que les États-Unis prenaient le problème très au sérieux et soutiennent la définition d'un objectif mondial d'émissions de gaz à effet de serre associant les pays du G8, la Chine et l'Inde, l'Afrique du Sud, l'Australie, le Brésil, la Corée du Sud, le Mexique et la Russie. Le Président américain a en effet proposé hier de lancer de nouvelles négociations pour préparer l'après-protocole de Kyoto, accord international qu'il n'a pourtant jamais voulu ratifier. Selon la Maison-Blanche, ces négociations viserait à ce que chaque pays fixe des objectifs pour améliorer la sécurité dans le domaine énergétique, réduire la pollution atmosphérique et les émissions de gaz à effet de serre au cours des dix à vingt prochaines années. Une suppression d'ici à la fin de l'année des obstacles douaniers aux échanges de technologies et de services favorables à l'environnement est par ailleurs proposée.

Pourtant, aussi soudain que soit ce revirement de position, et il n'en demeurait pas moins prévisible. L'administration fédérale américaine se retrouve en effet fortement isolée et critiquée.
Au niveau national, de plus en plus de gouverneurs, à la tête desquels Arnold Schwarzenegger pourtant républicain, sont favorables à l'instauration de réglementation contraignant les émissions, notamment celles des véhicules automobiles. Mais faute d'obtention de la nécessaire autorisation de l'Agence de protection de l'environnement (EPA) pour fixer des normes plus exigeantes que la réglementation fédérale, l'acteur accompagné de son confrère gouverneur du Connecticut menace désormais publiquement l'administration Bush de poursuite.
Sur la scène internationale et à peine quelques semaines après les présentations des rapports différents groupes de travail du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), les USA sont pressés d'agir. Angela Merkel, la chancelière allemande hôte du G8 qui aura lieu du 6 au 8 juin à Heiligendamm a précisément inclus la question du réchauffement climatique au sommaire des discussions.

Pourtant les propositions du président américain ne sont pas nouvelles et se révèlent même souvent contraires aux dispositions du protocole de Kyoto. Si Tony Blair a salué un énorme pas en avant par rapport à là où nous étions il y a quelques années, Angela Merkel semble plus circonspect : il est positif que le Président Bush ait prouvé, dans son discours, que personne ne peut ignorer le problème du réchauffement climatique ni le fait qu'il est causé par l'homme. Nous sommes d'accord là-dessus, et nous devons agir en conséquence. Reste à savoir ce que signifie réellement ce discours. Il faudra en débattre à Heiligendamm.
En effet, alors que la chancelière entendait faire accepter à Washington des objectifs de réduction de 50% des émissions de GES à l'horizon 2050 pour limiter à 2° Celsius le réchauffement global, le Président américain continue à refuser le système des quotas et du commerce de CO2 prévus par le protocole de Kyoto, préférant des objectifs non contraignants de réduction d'émissions.
Les États-Unis tentent donc de toute évidence d'imposer un nouveau cadre beaucoup moins contraignant que celui du protocole de Kyoto.

Pour Morgane Créach du Réseau Action Climat-France, le nouvel accord proposé n’est rien de plus qu’une coquille vide, résurgence du Partenariat Asie Pacifique déjà créé en juillet 2005 et qui mise sur le développement de la technologie pour se soustraire à des objectifs absolus et contraignants de réduction des émissions. La preuve selon le RAC-F ? : le projet de déclaration proposé par la Présidence allemande contient une référence, découlant du dernier rapport du GIEC, à une division par deux des émissions mondiales d’ici 2050 par rapport au niveau de 1990. Mais, il n'est pas question pour l’administration de Bush de souscrire à ce constat scientifique !

Même appréciation du côté de Greenpeace pour qui, tout nouveau processus de négociation, fondé principalement sur des engagements volontaires, et privé d'un mécanisme international de contrôle des engagements nationaux, ne ferait que ralentir la mobilisation déjà très difficile et lente de la communauté internationale contre les changements climatiques. La démarche conduirait finalement à remettre en cause la nécessite de réduire de 50 % les émissions à l'échelle mondiale d'ici 2050, objectif communément admis pour éviter le dépassement des 2°C de réchauffement climatique d'ici la fin du siècle, seuil unanimement reconnu comme dangereux de franchir. Karine Gavand, chargée de campagne climat à Greenpeace France estime quant à elle que la nouvelle posture américaine est d'abord une tentative de diversion par rapport à la volonté de l'Allemagne, qui à juste titre a fait du climat une question centrale du G8 et qui tente d'obtenir un accord pour un engagement de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Au-delà du G8 et du mépris affiché vis-à-vis de l'Allemagne, le discours prétendument « subtil » des Etats-Unis sur une « nouvelle politique » constitue une tentative désespérée pour bloquer le démarrage des négociations internationales sur les prochaines étapes de réduction des émissions après 2012.

L'association écologiste demande d'ailleurs à Nicolas Sarkozy qui avait, le soir de son élection, annoncé faire du climat le premier combat de la France et appelé les Etats-Unis « prendre la tête » de la lutte contre le réchauffement climatique, de se démarquer clairement des Etats-Unis pour affirmer son soutien à l'initiative allemande et s'engager à signer un accord contraignant qui restera dans le cadre du Protocole de Kyoto.

Réactions1 réaction à cet article

 
américains et changements climatique

bonjour!

les solutions aux problématiques des changements climatiques préconisées ça et la ne semblent pas répondre à leur irradications si ce n'est à en atténuer substentiellement les effets, en premier lieu sur les climats
si M le président des EU a des propositions à ce sujet nous association ne les connaissons pas
quant bien même celles ci existent vont-elles dans le sens de leur irradication à long terme?
en tout état de cause les mécanismes préconisés par le protocole de Kyoto, de nos jours, sont très modestes car elles ne prennent pas en charge efficcsement les actions qu'il y auraient lieu de mettre en oeuvre
s'agissant de la diminution des GES quel est le resultat?
en fait moins de 20% ont été concernés puisque le taux de croissance n'a pas été pris en considération
s'agissant du reboisement, question qui aurait du faire l'objet de plus d'attention, rien de sérieux n'a été entrepris
au contraire la déforestation continue de faire des ravages de part le monde, alors que la reforestation, ne serait-ce que pour reconstituer les espaces détruits, ne semble préoccuper aucun responsable
les décideurs, patrons d'entreprises, devraient pouvoir trouver dans ces actions matière à gagner de l'argent en s'niteressant à ce pan de l'économie
la création de puit de carbone ne peut-elle pas être assimilée à une unité de production dont l'activité propre et nonpolluante mais surtout durable dont la rentabilié n'est pas à prouver
que ces messieurs qui se proposent de se réunir en septembre ne peuvent-ils pas inscrire dans leur agenda ses options de reboisements et de développement durable en particulieren direction des zones rurales
mais c'est la une autre question!
pour tous ceux que l'idée du reboisement à grande echelle par le moyen de la création de puits de carbone ne dérrange pas mais qui peuvent influer à la prise de conscience sur la base des réflexioons de M M. TARRIER "2050 SAUVE QUI PEUT LA TERRE" se doivent de mobilisation pour ajouter cette question aux mécanismes susceptibles oraganisés par le sommet de Septembre 2007
remeciements pour tout attention sur cette question
le Président de' l'association reboiser le sahara

DAOUD | 09 août 2007 à 12h25
 
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