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Quelle place pour la micro-chaleur dans le mix énergétique de 2030 ?

Le solaire thermique et la géothermie à faible profondeur ont un rôle à jouer en France dans le mix chaleur des bâtiments, souligne un rapport du CGEDD. Mais pour y parvenir des leviers sont à actionner.

Energie  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com
Quelle place pour la micro-chaleur dans le mix énergétique de 2030 ?

"Produite ou utilisée directement dans un faible rayon limitant les déperditions, la chaleur géothermique de faible profondeur et la chaleur solaire peuvent constituer de formidables ressources énergétiques ", assure dans un rapport le Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD).

Au lendemain de la présentation par Ségolène Royal du projet de loi sur la transition énergétique, le document dresse les leviers à actionner pour que ces solutions, dites de "micro-chaleur", puissent se développer dans les logements individuels et les petits immeubles collectifs.

"Le débat sur la transition énergétique ne doit pas porter uniquement sur l'électricité, justifie-t-il, les secteurs du transport (avec la prédominance du routier) et du chauffage des locaux (la chaleur) sont à reconsidérer car si l'on se concentre seulement sur le « mix électrique », on laisse de côté 78% de la consommation énergétique française".

A elle seule, la production de chaleur représente aujourd'hui plus du tiers de la consommation d'énergie finale en France. Et la chaleur solaire et la chaleur géothermique (basse température) apparaissent très pertinentes pour un usage direct ou via une pompe à chaleur.

Pourtant, si dans le secteur de la chaleur solaire, les projets dans les bâtiments collectifs semblent mieux se porter que les installations individuelles, le marché reste dans l'ensemble en régression depuis plusieurs années.

Pour ce qui concerne la géothermie, en France, les 40 installations dédiées au chauffage urbain (pour la majorité réalisées dans les années 1980) permettent de chauffer près de 200.000 équivalent-logements (dont 150.000 en région parisienne). Le CGEDD estime que que près de 122.000 maisons individuelles sont chauffées grâce à l'énergie du sol.

La tendance à l'augmentation des prix du gaz (+ 50% en six ans) et d'électricité (+15% en trois ans) ces cinq dernières années pourraient jouer en faveur de la micro-chaleur.

Revoir la RT 2012 ?

Des questions et obstacles nécessitent d'être résolus au préalable. Le CGEDD déplore par exemple que les coefficients de la RT 2012 pénalisent la géothermie.

Ainsi les puits canadiens se voient attribuer une capacité de 2 kWh alors que les performances peuvent atteindre de 6 à 7 kWh, selon la mission. Elle propose une prise en compte de la capacité sur la base des résultats obtenus sur le terrain après la mise en service.

La RT 2012 a également introduit dans ses calculs un coefficient demodulation, selon les émissions de gaz à effet de serre des énergies utilisées, pour le bois-énergie et les réseaux de chaleur faiblement émetteurs de CO2 (McGES)."La géothermie de minime importance, dès lors qu'elle ne recourt pas à un réseau de chaleur, se retrouve pénalisée car non prise en compte par le coefficient de modulation McGES ", pointe le CGEDD.

En effet, le logiciel de calcul de la RT 2012, considère que pour les installation géothermique installées directement dans le bâtiment, le recours à l'énergie renouvelable d'origine géothermique est valorisé directement dans le calcul RT 2012.

La démarche pour lancer ce type de projet peut également sembler lourde : les opérations à basse température sont soumises au titre V du code minier. Une simplification des démarches administratives était prévue pour les développer. Mais le cadre réglementaire est aujourd'hui toujours en attente.

La mission pointe également la nécessité d'une meilleure prise en compte des risques liés à la présence à faible profondeur de roches gonflantes, comme l'anhydrite, ou d'évaporites solubles.

"La croissance de l'énergie d'origine géothermique pour chaleur et froid est notable (doublement en six ans). Mais des subventions (un soutien adapté, durable, stable, visible) restent nécessaires, estime enfin le CGEDD. La pérennisation du Fonds chaleur est un élément important".

Développer des outils d'aide à la décision

La mission préconise de développer des outils d'aide à la décision pour les deux filières (fiches techniques rassemblant des retours d'expérience, les performances de chauffage et de confort thermique, les éléments de coût complet). Elle souligne qu'un accompagnement technique personnalisé permettrait d'identifier les besoins mais également la ressource, de dimensionner l'installation et son couplage avec les autres équipements de production de chauffage et d'eau chaude sanitaire.

Un des enjeux, selon le CGEDD, reste d'optimiser l'intervention de plusieurs corps de métiers pour assurer la cohérence de l'installation (niveau de performance, régulation assistée de plusieurs sources d'énergie, garantie de bonne exécution, service après-vente et contrats d'entretien...).

La mission souligne le besoin de développer une compétence de proximité en matière d'ingénierie de projets (diagnostics, calculs thermiques, personnalisation des études, compétence des professionnels, service après- vente).

Pour le CGEDD, comme la demande des particuliers en matière de production de chaleur

géothermique ou solaire thermique demeure très éclatée sur le territoire, le faible nombre de réalisations ne peut pas avoir pour le moment d'effet d'entraînement.

La mission recommande donc "de valoriser les démarches regroupant des PME, entreprises artisanales et bureaux d'études autour d'une approche globale et multidisciplinaire de l'équipement thermique des logements et des bâtiments, de tels îlots de compétence constitueront des viviers capables de répondre à la demande et d'attester les résultats observés en matière de production de chaleur lorsqu'il est fait appel à une forme ou une autre d'énergie renouvelable".

Réactions8 réactions à cet article

 

Citation ++La géothermie très basse température via les piles à combustible++
Les piles a combustible dans ce contexte me laissent vraiment perplexe!
J'aurai compris Pompe à Chaleur pour rehausser la température de l'eau.

ami9327 | 04 août 2014 à 15h25
 
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La production de chaleur représente plutôt 50% de la consommation d'énergie finale en France.

"En 2007, sur un total de 162 Mtep de consommation finale énergétique, 83,8 Mtep, soit un peu plus de la moitié (52,0%), ont été consommées sous forme de chaleur."

Source
Programmation pluriannuelle des investissements de production de chaleur 2009-2020
DIRECTION GENERALE DE L’ENERGIE ET DU CLIMAT
http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/ppi_chaleur_2009.pdf

luc | 04 août 2014 à 19h57
 
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Très intéressant comme sujet ! La chaleur en France = près de 50 % de notre conso. énergétique finale et géothermie (6 TWh) + solaire thermique (1TWh) = moins de 1 % des énergies primaires en France, donc du travail en vue ! Un aspect qui a toutefois été oublié est le stockage couplé (souterrain ou autre) de solaire (généralement haute température) - et des vecteurs qui vont avec : fluides, matériaux/déchets de recyclage etc voir travaux Cnrs - il est complémentaire à chacune des 2 techniques et pour une résidence ou un quartier améliore nettement le bilan et durée/sécurité (il ya plusieurs exemples à succès dans le monde au Canada dont Drake Landing, Allemagne etc depuis de nombreuses années). Il peut être couplé à la production électrique (exemple en Angleterre pour des tubes ou Etats-Unis pour des capteurs cylindriques etc) donc meilleur bilan encore et selon les situations on peut aussi se passer de la pompe à chaleur dont la durée de vie est moindre que le solaire et le stockage (très longue durée de vie). Il y a aussi une série d'autres techniques fiables et assez simples qui peuvent être envisagées selon les cas. Le but est d'avoir des bâtiments zéro énergie externe ou mieux avec des techniques fiables et d'amortissement assez rapide.

Energie+ | 05 août 2014 à 04h06
 
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Juste un grand bemol à cause de l'explosion garantie du prix de l'électricité à court et moyen terme.
Le déploiement des Enr électriques intermittentes en est la cause.
Pour le chauffage , il faut fuir toutes les applications à base d'électricité. Les pompes à chaleur ont en plus un risque de fiabilité.
Les solutions durables seront autoproduction pour autoconsommation ne serait ce que pour s'affranchir des taxes et impôts sur l'énergie qui ne cessent de s'accroitre tant qu'on dépendra des grands fourniseurs

ITC78 | 05 août 2014 à 10h38
 
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Voici quelques rappels historiques sur les technologies disponibles pour remplacer le charbon, le gaz naturel, le pétrole et le chauffage électrique pour produire de la chaleur ou isoler.

- Le premier four solaire a été fabriqué en 1767 par Horace Bénédict de Saussure.

- La gazéification de la biomasse a été découverte vers 1786 par Philippe Lebon.

- L'utilisation de la géothermie dans l'industrie a commencé vers 1818 avec François de Larderel.

- Les premiers brevets concernants le double vitrage datent des années 1880.

- La plus ancienne maison isolée de France a été fabriquée en 1921 à Montargis par Émile Feuillette. Les murs en paille ont 40 cm d'épaisseur.

luc | 05 août 2014 à 11h13
 
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De bonnes pistes pour l'avenir, en espérant que de nombreux projets fleuriront.
Dans le même panier, j'ajouterai les chaleurs fatales (issues d'usines d'incinération, de stations de traitement des eaux, d'égouts, de datacenters...), qui auront un rôle à jouer en zone urbaine.

Tuanis | 05 août 2014 à 15h44
 
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De bonnes pistes pour l'avenir, en espérant que de nombreux projets fleuriront.
Dans le même panier, j'ajouterai les chaleurs fatales (issues d'usines d'incinération, de stations de traitement des eaux, d'égouts, de datacenters...), qui auront un rôle à jouer en zone urbaine.

Tuanis | 05 août 2014 à 15h53
 
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Il est toujours bon de rappeler que l'énergie la moins chère est celle que l'on ne consomme pas et que le plus grand gisement à notre portée est celui de la non-énergie ; nous devrions faire porter nos efforts sur l'isolation thermique des bâtiments avec un objectif de performance inspiré du passif et sur la production d'ECS "intelligente" . Au contraire, le gouvernement s'empresse de reconduire les " 57,5 kWhep/m²an" pour les logements collectifs , les systèmes de production d'ECS collective qui consomment jusqu'à 10 fois plus d'énergie que les systèmes individuels sont toujours prescrits par les BET....C'est assez désespérant

iendo | 11 décembre 2014 à 11h02
 
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