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Reach : l'Ineris développe des méthodes d'analyses écotoxicologiques alternatives

Afin de limiter l'expérimentation animale, l'Inéris développe des méthodes d'analyses alternatives applicables aux substances chimiques et va prochainement proposer un système de certification pour toutes les nouvelles méthodes développées en Europe.

Risques  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
   
Reach : l'Ineris développe des méthodes d'analyses écotoxicologiques alternatives
   

Le règlement Reach en vigueur depuis 2007 a pour objectif de protéger la santé humaine et l'environnement et de renforcer la transparence et la connaissance des substances chimiques utilisées en Europe. Mais pas seulement. Le règlement vise également à promouvoir des essais non réalisés sur les animaux. Avec la directive du 22 septembre 2010 sur la protection des animaux qui s'appliquera au 1er janvier 2013, ce règlement encourage la mise au point de nouvelles méthodes d'analyses dites "alternatives" basées sur le principe des "3R" : Remplacer les animaux autant que possible, Réduire le nombre d'animaux si ces derniers ne peuvent pas être remplacés et en dernier recours Raffiner, c'est-à-dire optimiser la méthodologie pour que les tests pratiqués sur les animaux soient moins intrusifs et moins douloureux.

Privilégier le travail sur les cellules…

Les méthodes in vitro utilisant des cellules forment la majorité des méthodes de remplacement développées comme alternatives. Rapides et peu coûteuses, elles sont particulièrement adaptées au tri des molécules chimiques. En France, l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) a développé un test spécifique aux espèces aquatiques, plus sensibles à certaines substances, qui utilisent des cellules de poissons pour identifier les molécules perturbatrices du système endocrinien. Grâce à la modification génétique des cellules via l'insertion d'un gène codant pour la production d'une enzyme luminescente, la méthode permet de détecter si la substance testée fait partie ou non des perturbateurs endocriniens. Même si la méthode ne permet pas de connaître en détail l'interaction et le niveau de perturbation provoqué par la molécule, elle renseigne quand même sur le caractère perturbateur de la substance testée.

…et s'appuyer sur l'informatique et les mathématiques

 
L'expérimentation animale en chiffres Chaque année, en Europe, 12 millions d'animaux sont utilisés à des fins expérimentales dont 2,3 millions en France. 75 % des tests sont réalisés dans le domaine de la santé humaine et vétérinaire. 8% des animaux utilisés en labo le sont pour l'écotoxicologie et la toxicologie. En Europe, la plupart des animaux sacrifiés sont des rongeurs (77,5 %), essentiellement des souris. Les autres espèces, comme les chiens, les chats ou les singes (12.000 primates par an en Europe), sont employés dans une moindre mesure.
 
Les méthodes alternatives peuvent également s'appuyer sur des modèles mathématiques : ce sont des méthodes dites in silico. Ces modèles informatiques prédisent le comportement des substances chimiques dans l'organisme. "Le modèle se base sur le comportement du polluant dans le vivant associé à des données physiologiques et biochimiques comme le volume et le débit sanguins, la métabolisation des substances...", explique Alexandre Péry, responsable de l'unité Modèles pour l'Ecotoxicologie et la Toxicologie à l'Ineris. Les modèles sont donc alimentés par toutes les informations connues sur la substance ou une substance voisine obtenues in vitro ou in vivo, et font donc le lien entre ce qu'il se passe dans un tube à essai et ce qu'il pourrait se passer dans un organisme vivant.

Par ces travaux, l'Ineris tente de répondre aux besoins de nombreux industriels tenus d'évaluer les propriétés physicochimiques, toxicologiques et ecotoxicologiques de leurs substances pour le montage des dossiers d'autorisation dans le cadre de Reach en limitant le recours aux tests in vivo. Et la demande est là puisque seule une quinzaine de méthodes en toxicologie et écotoxicologie sont actuellement validées scientifiquement et administrativement par le centre européen de validation des méthodes alternatives (ECVAM) et utilisables pour les dossiers Reach.

Vers un système de certification volontaire des méthodes alternatives

Le règlement Reach autorise toutefois le recours à des méthodes "reconnues" scientifiquement même si elles ne sont pas "validées" administrativement. C'est pourquoi l'Ineris développe en parallèle un système de certification volontaire des méthodes alternatives. À l'heure actuelle 200 méthodes alternatives en attente de validation administrative pourraient être certifiées dans un premier temps. Cette certification peut intéresser les industriels qui veulent tester leurs molécules dans de bonnes conditions dans le cadre de leurs recherches sans pour autant monter un dossier Reach. "Dans certains cas, il n'est pas nécessaire d'utiliser les méthodes officielles", explique Philippe Hubert, Directeur des risques chroniques à l'Inéris. "Les chimistes par exemple veulent savoir si oui ou non ils doivent développer telle substance, ces méthodes leur permettent de faire des tests fiables et rapides et de les orienter dans leurs travaux", ajoute-t-il.

Les travaux de l'Inéris s'inscrivent dans le cadre du pôle national en toxicologie et écotoxicologie lancé en janvier 2009 à l'issue des travaux du Grenelle de l'environnement. Il a pour objectif de mettre en réseau les acteurs de la recherche en écotoxicologie et toxicologie.

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