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REP emballages : Léko veut adapter et simplifier la REP pour concurrencer Citeo

L'éco-organisme Léko relance son activité. Il veut apporter une alternative à Citeo en proposant des solutions simples et adaptées à la diversité des produits des entreprises assujettis à la REP emballages ménagers.

Déchets  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com

Léko, l'éco-organisme agréé en 2017 pour la filière de responsabilité élargie du producteur (REP) pour les emballages ménagers, revient concurrencer Citeo. L'entreprise ne compte pas proposer un modèle copié sur celui de son concurrent en position de monopole, mais une alternative qui tienne compte de la diversité des metteurs en marché. « Nous ne sommes pas dans une situation de concurrence commerciale classique », explique Patrick Bariol, directeur général de Léko. Pour se démarquer, l'entreprise mise sur les services qu'elle compte proposer aux metteurs en marché. Ce renouveau intervient aussi dans le contexte d'une évolution profonde de la REP emballages : « la REP va devenir de plus en plus opérationnelle », estime Patrick Bariol, qui entend adapter l'offre de Léko à cet enjeu.

L'éco-organisme revendique actuellement près de 190 contributeurs de toutes tailles. C'est le cas de l'enseigne de grande distribution E. Leclerc (qui s'est tournée vers lui pour son activité de vente en ligne, hors alimentaire), du distributeur en ligne de chaussures et de textile Zalando, de la marque suisse de biscuits Kambly, ou encore de Léa Nature, un fabriquant de produits biologiques qui lui a confié la prise en charge de ses emballages de produits cosmétiques. Léko estime pouvoir collecter 2 millions d'euros d'éco-contributions en 2021, contre 600 000 euros l'an passé.

Faire des choses différentes

La renaissance de Léko s'est concrétisée en juin 2020 avec un renouvellement de son conseil d'administration. Dorénavant, les neuf administrateurs de Léko sont : LivingPackets, une start-up qui développe un emballage réemployable ; Olover, un distributeur d'équipements électroniques invendus ou reconditionnés ; Club Mate, un distributeur de boissons en bouteilles réemployables consignées ; Printerre, une entreprise qui reconditionne des imprimantes et des cartouches ; Recommerce, un spécialiste des smartphones reconditionnés ; le fabricant d'imprimante Lexmark ; Reclay, un groupe allemand qui gère plusieurs éco-organismes, et sa filiale française Valorie ; ainsi que le cabinet de conseil CSFP.

Aujourd'hui, Léko propose un projet basé sur trois piliers. Le premier est le développement d'initiatives innovantes, notamment pour réduire en amont le volume de déchets en proposant des emballages « différents ». L'éco-organisme mise notamment sur les systèmes de consigne, les emballages réemployables, la vente en vrac et l'éco-conception. Pour cela, il explique s'appuyer sur le savoir-faire de son conseil d'administration : « faire des choses différentes avec un souci d'économie circulaire est dans nos gènes », fait valoir son directeur général. Et d'ajouter que la présence de Reclay autour de la table apporte l'expérience tirée de la mise en œuvre de la REP emballages en Allemagne, en Autriche ou encore au Canada.

 
Emballages commerciaux et textiles sanitaires Pour l'instant, Léko n'est agréé que pour la filière REP des emballages ménagers. Pour compléter son activité, il envisage de se porter candidat à l'agrément pour deux des futures filières : celle portant sur les emballages commerciaux et industriels, et celle concernant les textiles sanitaires.
« Ça aurait du sens de le faire, car il y a des synergies », explique Patrick Bariol, directeur général de Léko, précisant toutefois que pour l'instant rien n'est acté.
 
Simplifier la REP

Deuxième pilier de la stratégie de Léko : une simplification des processus. Aujourd'hui, explique en substance l'éco-organisme, on applique à tous les metteurs en marché une même règle construite à partir des enjeux des emballages alimentaires qui représentent 60 % du marché. Léko entend adapter ses processus aux produits des metteurs en marché. « Nous voulons proposer des solutions variées, plutôt qu'un système unique », résume Patrick Bariol. Cette adaptation devrait concerner le dispositif de déclaration, les éco-modulations ou l'accès à des matières recyclées spécifiques. Si une entreprise agro-alimentaire connaît parfaitement les caractéristiques et la composition de ses emballages, ce n'est pas forcément le cas d'un producteur d'équipements électroniques dont les produits ont été emballés en Asie et ne font que transiter par ses entrepôts, illustre Léko.

Enfin, le troisième volet de la stratégie de Léko est l'optimisation des coûts. Pour cela, il entend simplifier les déclarations des metteurs en marché qu'il qualifie d' « extrêmement chronophages et donc coûteuses pour les producteurs ». Ce point est particulièrement vrai pour les entreprises qui contribuent à plusieurs filières REP ou sont basées à l'étranger. L'éco-organisme rappelle ici qu'il est né de l'initiative du groupe Reclay, qui gère des éco-organismes dans plusieurs pays et est en partenariat avec ses homologues dans d'autres pays. Léko veut proposer un guichet unique qui permettra aux metteurs en marché de s'acquitter de leurs obligations, dans tous les pays où ils opèrent. Idéalement, si d'autres éco-organismes se joignaient à la démarche, ce guichet unique pourrait aussi permettre de remplir les déclarations propres à d'autres filières.

Léko mis en sommeil depuis 2017

Pour rappel, en mai 2017, l'État agrée, pour la période courant de janvier 2018 à décembre 2022, trois éco-organismes pour la filière de responsabilité élargie du producteur (REP) des emballages ménagers : les deux acteurs historiques, Citeo et sa filiale Adelphe, et Léko, un nouveau venu. Pour la première fois depuis la reprise d'Adelphe par Éco-Emballages (devenu depuis Citeo) en 2005, un nouvel éco-organisme propose une offre concurrente à celle de l'acteur clé du secteur.

Mais l'été et l'automne 2017 sont chaotiques. En août, Léko annonce devoir suspendre provisoirement ses opérations, faute de moyens financiers suffisants. L'entreprise lance alors un appel aux metteurs en marché pour qu'ils la soutiennent financièrement. Le mois suivant, l'éco-organisme évoque des « nouvelles encourageantes », des metteurs en marché étant en négociation pour entrer au capital. L'entreprise présente même son barème de contribution pour l'année 2018. Finalement, le 20 octobre 2017 Léko annonce ne pas avoir trouvé de sources de financement suffisantes et qu'il « ne sera pas en mesure de proposer aux metteurs en marché, aux collectivités et à l'ensemble des parties prenantes une alternative en tant qu'éco-organisme de la REP emballages ».

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