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Terres rares : les parlementaires français insistent sur la formation des ingénieurs et le recyclage

Améliorer la formation des ingénieurs à la problématique des terres rares et réduire la dépendance française vis-à-vis de ces métaux, telles sont les deux conclusions formulées par l'OPECST à l'issue des débats organisés en mars.

Biodiversité  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

L'office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a publié le 23 août 2011 le compte-rendu de l'audition publique sur les terres rares qui s'est tenu le 8 mars. Le rapport "les enjeux des métaux stratégiques : le cas des terres rares" présente par ailleurs les deux conclusions adoptées par les parlementaires à l'occasion de leur réunion du 21 juin 2011.

En mars, les députés Claude Birraux (Haute-Savoie, UMP) et Christian Kert (Bouches-du-Rhône, UMP) avaient organisé deux tables rondes sur les 17 métaux composant les terres rares. La première traitait du "cas des terres rares", et en particulier leurs spécificités et leurs applications, et la seconde du "futur des métaux stratégiques", notamment au regard de la "banalisation de l'usage" de certaines terres rares, selon les propos d'Eric Besson, le ministre de l'Industrie qui participait au débat.

   
Terres rares dans le tableau périodique des éléments de Mendeleïev © DR
 
   

Remédier à une formation insuffisante

En premier lieu, les parlementaires de l'Office concluent à "l'insuffisance et [au] morcellement de la formation et de la recherche sur les métaux stratégiques, et plus particulièrement sur les terres rares."Si la métallurgie n'a pas totalement disparu des formations et des recherches, elle est "diluée, notamment au sein des cursus et laboratoires tournés vers l'étude des applications des matériaux." Une situation "d'autant plus insatisfaisante" que les Etats-Unis, la Chine et le Japon maintiennent, voire accroissent, leurs efforts en matière de recherche.

À ce titre, Paul Caro, membre de l'Académie des technologies, ancien sous-directeur du Laboratoire des terres rares du Centre national de la recherche scientifique (CNRS),déplorait que les terres rares, soient des "éléments peu connus, dont on parle un peu à l'université, mais jamais à l'école."

"Une solution, en ce domaine, serait d'inscrire la formation et la recherche sur les métaux stratégiques, plus largement sur la métallurgie, dans la logique des Alliances, d'où elle est absente aujourd'hui", concluent les deux députés.

Reconnaissant qu'"ingénieurs, mais aussi géologues, font cruellement défaut", François Bersani, secrétaire général du Comité pour les métaux stratégiques (Comes), estimait qu'en matière de formation, "deux organismes pourraient jouer un rôle important dans [le] plan d'action [du Comes] : le Centre d'étude supérieures des matières premières (CESMAT), qui forme des personnels étrangers et l'Ecole nationale d'application des géosciences (ENAG), qui vient d'être créé sous l'égide du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et de l'université d'Orléans".

Réduire la dépendance vis-à-vis des terres rares

Le second axe d'amélioration avancé par les rapporteurs vise à réduire la dépendance française vis-à-vis de cette famille de métaux. "En ce domaine, les recherches en cours concernent pour l'essentiel le recyclage des métaux stratégiques" rappelle les deux élus, mettant en avant l'exemple présenté par Rhodia Terres Rares.

Lors de la première table ronde, Frédéric Carencotte, Directeur industriel de Rhodia Terres avait indiqué aux parlementaires que de nombreux efforts en matière de recyclage des terres rares sont à faire. "Si la collecte [des lampes à économie d'énergie] est organisée, et si le verre, les métaux et les plastiques sont recyclés", rappelait-il, "les terres rares, elles, sont enfouies". Dans ce cadre, Rhodia a développé un procédé permettant de les concentrer et de les séparer pour les réutiliser. "Au premier trimestre 2012, nous allons lancer sur deux sites industriels – l'amont, à Saint-Fons dans le Rhône, et l'aval, à la Rochelle – un démonstrateur à la taille du marché européen actuel de recyclage des lampes" a-t-il annoncé, précisant que "l'unité industrielle [devrait] être opérationnelle en 2014."

"Nous sommes persuadés que le recyclage à 100 % en Europe est possible, pourquoi ne pas le faire ?" concluait Fréderic Carencotte.

Reste que les rapporteurs jugent que "cette solution trouvera forcément ses limites, résultant des propriétés mêmes de ces matières qui conduisent à les utiliser en faibles quantités dans des alliages, un peu comme des vitamines". Il s'agit là d'une difficulté d'autant plus importante que "certains usages, dits dispersifs, par exemple dans les cosmétiques, les encres ou encore les colorants, interdisent tout recyclage." Il s'agit donc d'étudier les possibilités de substitution de ces métaux.

Une arme commerciale

Au préalable, les parlementaires ont rappelé "l'importance de ce sujet", en particulier depuis que "de nombreux décideurs [en ont] pris conscience, en 2010, à l'occasion d'un incident de frontière survenu entre la Chine et le Japon qui a conduit, pendant quelques mois, à une situation d'embargo menaçant l'activité industrielle de ce dernier pays."

La situation inquiète d'autant plus les responsables politiques et industriels que la Chine contrôle "plus de 95% de la production mondiale, alors même qu'elle ne possède qu'un tiers des réserves" et qu'elle "utilise constamment comme une arme commerciale" cet avantage. Ainsi, la réduction régulière des quotas d'exportation viserait à "obliger les industries consommatrices à déplacer leur production en Chine."

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