En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Santé environnementale : une stratégie nationale santé 2018-2022 sans mesures concrètes

La stratégie nationale santé dresse un bon inventaire des risques sanitaire. En revanche, elle ne propose que des mesures de lutte d'ordre générale et imprécises, sans calendrier d'application ni d'objectifs chiffrés.

Risques  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Le gouvernement a officiellement adopté la stratégie nationale de santé 2018-2022 (SNS), a annoncé le ministère de la Santé. En matière de santé environnementale, le document validé le 20 décembre présente une revue de détail des risques. En revanche, il ne contient pas de mesures de lutte concrète, mais liste des recommandations générales de réduction des risques et renvoie la lutte à d'autres politiques publiques nationales ou locales. Le tout à appliquer dans "les prochaines années".

Cette stratégie, qui s'appuie sur un rapport du Haut conseil de la santé publique (HCSP), "constitue la colonne vertébrale de la politique menée par le gouvernement en matière de santé pour les cinq prochaines années", explique le ministère. A partir du premier semestre 2018, elle "sera mise en œuvre par des plans et programmes nationaux et, dans les territoires, par les projets régionaux de santé définis par les agences régionales de santé (ARS)".

Promouvoir une agriculture durable

Le volet "santé environnementale" de la SNS vise essentiellement à "promouvoir des conditions de vie et de travail favorables à la santé et maîtriser les risques environnementaux". Pour y parvenir, il faut réduire les sources de pollution, limiter notre exposition (en s'appuyant sur le principe de précaution le cas échéant) et améliorer nos conditions de vie et de travail, préconise le document. Il liste une série d'impacts sanitaires liés à l'eau, l'air, les sols, le bruit, les objets du quotidien, la salubrité, les nuisibles, ou encore les risques émergents (tels que les nanoparticules). L'atteinte de cet objectif, explique le texte, repose sur les collectivités territoriales qui "ont un rôle important à jouer". Quant à la méthode retenue, elle se base sur "[la sensibilisation] des usagers sur les comportements à adopter pour réduire leurs émissions et leur exposition aux risques environnementaux, notamment dans les territoires les plus exposés".

En matière de pollution de l'air, la stratégie rappelle que la pollution atmosphérique est responsable de 48.000 morts anticipées par an (cancers, maladies cardiovasculaires, affections respiratoires), pour un coût global de 101,3 milliards d'euros annuels. Toutefois, elle renvoie la balle à d'autres politiques publiques : elle propose de prendre en compte les pollutions atmosphériques "dans les politiques énergétiques, d'aménagement du territoire et de renouvellement urbain".

Quant aux pesticides, ils sont explicitement cités pour quatre raisons : les conséquences reconnues d'une exposition aigüe, les effets indirects liés à la contamination de l'eau potable, de la flore et de la faune, l'augmentation de certaines pathologies liées aux expositions professionnelles, ainsi que les risques associés aux expositions prénatales et périnatales et lors de la petite enfance. Mais le texte se contente d'appeler à une réduction des expositions "en promouvant une agriculture durable et sans intrants, et en portant une attention particulière à l'exposition des populations riveraines de zones d'épandage agricole, en particulier les femmes enceintes et les enfants".

Evaluer le risque chimique en entreprise

S'agissant de l'habitat indigne et des pollutions intérieures, le document constate qu'il s'agit d'"un déterminant majeur de santé marqué par de fortes inégalités sociales". Toutefois, dans ce domaine aussi, la stratégie reste vague : elle fixe pour objectif de "développer" des outils de bonne gestion du logement, de "renforcer" l'intervention de conseillers en environnement intérieur chez les personnes souffrant d'affections respiratoires et/ou allergiques, ou encore de "mener les expertises nécessaires pour réglementer les produits nuisibles à la santé dans l'habitat".

Un volet évoque l'impact sanitaire des contaminants alimentaires : "Il s'agit notamment des substances cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques, des pesticides, des métaux lourds, des toxines, des nanomatériaux et des substances au contact des denrées alimentaires (bisphénol A, huiles minérales), dont certaines sont potentiellement des perturbateurs endocriniens", détaille le texte. La stratégie nationale préconise aussi d'"inciter les entreprises à évaluer et maîtriser durablement le risque chimique pour leurs salariés" associé à l'exposition aux substances suspectées d'avoir un effet nocif sur la santé humaine. De même, l'impact sanitaire du bruit est abordé, et en particulier la perturbation du sommeil et les effets cardio-vasculaires, deux impacts sanitaires "bien établis". Mais là encore, la stratégie se limite à préconiser la prise en compte du problème dans les politiques d'aménagement et de transports.

RéactionsAucune réaction à cet article

 

Réagissez ou posez une question au journaliste Philippe Collet

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…