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Solaire thermique : Eklor invest teste la location d'installations pour redorer le marché

Le marché du solaire thermique peine à se relancer. Pour le redynamiser, Eklor invest a lancé une offre de location pour des installations de 50 à 500 m2. Après une expérimentation sur l'île d'Oléron, la société se lance sur l'ensemble du territoire.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
Solaire thermique : Eklor invest teste la location d'installations pour redorer le marché
Actu-Environnement Le Mensuel N°401 Cet article a été publié dans Actu-Environnement Le Mensuel n°401
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Le marché du solaire thermique est morose ces dernières années. « Le solaire thermique est difficilement compétitif face aux énergies conventionnelles, avec des temps de retour sur investissement supérieurs à dix ans. Par ailleurs, ce marché a eu des contre-références, liées à un manque de compétences et de savoir-faire. Après quelques années, certaines installations fonctionnent pas du tout ou mal », explique Guillaume Pradere.

C'est pourquoi sa société, Eklor invest, fabricante et distributeur de solutions photovoltaïques et solaires thermiques, a cherché une solution pour redynamiser ce marché : la location d'installations de solaire thermique. « Nous avons réfléchi à une solution clé en main, comme pour la location de voiture. Tout est pris en compte dans le loyer, avec un niveau de production garanti », explique le chargé de développement. Le concept a été expérimenté sur quatre installations sur l'île d'Oléron (Charente-Maritime), avec le soutien de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). La société entend désormais déployer cette offre sur l'ensemble du territoire.

Quatre profils de consommation testés

Tout a démarré par la rencontre de deux besoins. D'un côté, une société dont le marché du solaire thermique est en difficulté. De l'autre, une communauté des communes, l'île d'Oléron, qui souhaitait développer le solaire thermique sur son territoire sans arriver à convaincre les acteurs. « Un bureau d'études a identifié, en 2018, une vingtaine de projets potentiels mais les temps de retour sur investissement, autour de 15 ans, dissuadaient les maîtres d'ouvrage », raconte Guillaume Pradere. L'Ademe a fait le lien entre les deux pour expérimenter le concept de location d'installations solaires thermiques.

Six projets présentaient un profil de consommation important, susceptible de rendre la location rentable. En 2019, un camping, un hôtel et un foyer départemental (comptant un centre d'hébergement et un lycée professionnel) ont été équipés.

Après un an, les premiers résultats apparaissent. « Pour le camping, l'installation de 27 m2 n'a pas une taille suffisante pour que le retour sur investissement soit au rendez-vous, explique le chargé de développement. En revanche, l'hôtel, qui compte 40 chambres et une piscine, a un profil idéal. Les consommations printanières et estivales sont importantes et correspondent à la production du solaire thermique ».

8 c€ le kilowattheure pour 50 m2 installés

 
Nous avons réfléchi à une solution clé en main, comme pour la location de voiture. Tout est pris en compte dans le loyer, avec un niveau de production garanti.  
Guillaume Pradere
 
Cette expérimentation a permis de définir un profil type de l'installation de taille moyenne, pour laquelle la location peut être rentable. Soit de « de 50 m2 à 500 m2, selon l'énergie auquel le client a recours aujourd'hui ». La location permet de proposer un prix aux alentours de 8 c€ le kilowattheure pour 50 m2 de capteurs solaires. Ce prix baisse avec l'augmentation de la taille de l'installation, et permet de concurrencer le gaz naturel pour les plus grandes surfaces, indique Guillaume Pradere.

Les contrats de location sont signés pour une durée de dix ans en moyenne. Le prix du loyer, fixé pour la durée du contrat, ne doit pas dépasser les économies d'énergie réalisées. Il comprend le matériel, l'installation, le suivi à distance et la maintenance.

Un compteur permet de contrôler chaque année les niveaux de production et de consommation. « Si la consommation sur laquelle on s'engage est couverte par le solaire thermique, le loyer prévu est facturé. Si la production est inférieure, des avoirs sont délivrés sur le prix du loyer. Enfin, si c'est le niveau de consommation qui est inférieur, le loyer est recalculé pour les années suivantes », explique Guillaume Pradere.

À la fin du contrat, trois options sont proposées : l'arrêt, avec démontage de l'installation ; la prolongation du contrat par périodes de cinq ans avec un nouveau calcul du prix du loyer ; et enfin le rachat de l'installation par le client, à 15 % de son prix initial. « La durée de vie des capteurs solaires est garantie vingt ans. Mais s'ils sont bien entretenus, on peut aller bien au-delà », estime le chargé de développement.

Piscines municipales, hôpitaux, industrie...

Pour l'instant, l'offre ne couvre que la production d'eau chaude car elle permet de bénéficier des aides du Fonds chaleur. « Mais on se penche sur des projets mixtes, pour les éleveurs notamment », indique Guillaume Pradere.

Eklor invest cible aujourd'hui les établissements médico-sociaux (hôpitaux, Ehpad), le logement collectif, l'industrie, notamment l'agroalimentaire… « Le secteur des piscines municipales est très intéressant également pour la production d'eau chaude sanitaire et le chauffage des bassins », souligne Guillaume Pradere.

La société déploie son offre sur tout le territoire français. Pour l'heure, deux autres projets sont dans les cartons sur l'île d'Oléron, ainsi que deux projets dans la région de Niort (Deux-Sèvres) pour une piscine municipale et un hôpital.

Réactions1 réaction à cet article

 

A la Réunion, quasi toutes les maisons ont de l'ECS solaire : pourquoi n'y arrive-t-on pas en métropole ?! Bon... quand on voit les RT2012 et suivantes, tellement favorables au gaz, on se doute bien qu'il y a derrière des acteurs qui ne font rien pour que ça change...

dmg | 20 mars 2020 à 13h54
 
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