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Tempête Xynthia : la délimitation des ''zones noires'' contestée

Gouvernance  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com
Le Gouvernement a rendu public le 8 avril le tracé des '' zones noires'', zones déclarées inhabitables et présentant un danger de mort avéré, où 1.393 habitations sinistrées par la tempête Xynthia seront totalement détruites. 595 habitations sont concernées en Charente-Maritime, et 798 en Vendée. Cette décision fait suite à la polémique, au lendemain de la tempête survenue le 28 février, sur l'urbanisation excessive de zones inondables. 53 personnes sont mortes dans leurs maisons, construites malgré ce risque naturel. Les propriétaires des 1.393 maisons qui seront démolies toucheront en moyenne 250.000 euros d'indemnisation.

Mais les méthodes utilisées pour délimiter ces secteurs sont localement contestées. Les habitants concernés, regroupés en associations, se sont dits prêts à attaquer l'Etat en justice pour empêcher la destruction de leur maison. Un habitant de l'Aiguillon-sur-Mer (Vendée) a porté plainte pour mise en danger de la vie d'autrui contre le maire et les adjoints de sa commune. Une manifestation a également éclaté dimanche aux Boucholeurs (Charente-Maritime) pour protester contre les positions de la Préfecture. Du côté des élus : Jean-François Faget Le maire de Charron (Charente-Maritime), une des communes les plus durement frappées par la tempête, a demandé le 9 avril une révision à la baisse de la cartographie des zones rendues inhabitables. Jeudi dernier, le président du conseil général de Charente-Maritime et secrétaire d'Etat aux transports, Dominique Bussereau, avait également indiqué que ''rien n'(était) figé'' et que des ''accommodements'' pourraient être trouvés pour certaines habitations susceptibles d'être rasées. Face à la colère des habitants et sinistrés, il a par ailleurs annoncé qu'il renonçait à ''l'impôt Xynthia'' qu'il avait un moment envisagé.

Pas de réinstallation, a confirmé l'Elysée

Mais les préfets des départements concernés ont de leur côté indiqué que la cartographie de ces zones n'était pas négociable. Si le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux a déclaré hier que certaines ''situations individuelles'' pourraient être réexaminées, l'Elysée a réaffirmé ce lundi 12 avril, dans un communiqué, sa volonté d'interdire la réinstallation des victimes de la tempête Xynthia ''là où elles sont exposées à un risque mortel''. Le Président de la République a demandé au Premier ministre de réunir ''rapidement les ministres concernés pour s'en assurer. Nicolas Sarkozy n'a donc pas changé d'avis depuis son déplacement réalisé à la mi-mars sur les côtes de Vendée et de Charente-Maritime. A cette occasion, il avait souligné que ''les pouvoirs publics ne laisseraient pas les conditions ayant conduit à ce désastre se réunir à nouveau'', a rappelé l'Elysée.

De son côté, l'organisation environnementale France Nature Environnement (FNE) a souligné le 9 avril les failles du ''nouveau'' mécanisme des zones noires alors qu'il ''existe déjà des mécanismes pour délimiter les zones non constructibles : les zones rouges et bleues incluses dans les plans de préventions des risques naturels prévisibles (PPRNP)'' . ''A la différence des zones noires, décidées par le Préfet, donc l'Etat, seul, les plans de prévention des risques naturels prévisibles sont élaborés à partir d'une concertation avec les communes et la population, notamment via des enquêtes publiques'', a rappelé FNE. La fédération demande aux députés et au Gouvernement ''de tirer toutes les conséquences du drame et de profiter du vote du Grenelle II en mai'' pour notamment généraliser les plans de préventions des risques sur l'ensemble du territoire, DOM-COM compris, dans un délai de deux ans, ''faute de quoi des sanctions financières devront être prises''.

Réactions2 réactions à cet article

 
risques naturels et code de l'environnement.

L'article L 561-3 du code de l'environnement(loi du 2février 1995 modifiée par la loi 2009-1674)précise les conditions de rachat des biens sinistrés par le fond crée en 1995 abondé par l'état si nécessaire et géré par la caisse centrale de réassurance.Il est précisé que le coût de renforcement des protections doit être supérieur à la valeur du bien;cette étude ne semble pas avoir été faite.Pourquoi les dispositions de cette loi ne sont elles jammais évoquées?Pourquoi laisser les politiques s'agiter s'il ne sont pas les payeurs?Les médias n'ont pas fait d'analyse critique du problème et l'information est tronquée lorsqu'elle n'est pas erronnée,dommage. B.S.

POLY | 13 avril 2010 à 23h03
 
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technocrates

C'est la méthode mise en oeuvre qui me semble critiquable.
Des technocrates, des politiques, des commis de l'état, etc... définissent des zones à risques selon des critères "sérieux et, sur place, on constate des bizarreries, zone de destruction où les maisons n'ont pas été inondées, et le contraire de l'autre côté de la rue.
Alors? En quoi est-il déshonorant pour ces technocrates de venir écouter les remarques, après tout, il y a peut-être à apprendre sur la pertinence des critères. Non!! la décision est prise, circulez!

On commence à bouger quand en face la mobilisation est forte, le danger arrive et la sagesse du gouvernement avec.

Et puis, surtout, depuis Sarko, c'est toujours un peu le même scénario. Des "réformes", étudiées un peu vite, ou par des gens qui connaissent peu le "terrain", un tolé de prostestations, d'abord la fermeté, "droit dans les bottes", et puis on cède, il faut bien se rendre à l'évidence, ceux qui sont concernés ne disent pas que des conneries, et puis surtout, ça tousse très fort.
A procéder de cette façon, manque d'étude préalable, de concertation, à la va-vite, et dans tous les sujets, vivement 2012, espérons simplement qu'il y aura une relève intelligente à mettre à la place.

CHARLY | 17 avril 2010 à 21h30
 
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