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La pré-COP 22 à Bonn se clôt dans des discussions techniques

La rhétorique des négociations climatiques et ses multiples enceintes de discussions en groupes techniques renouvelle la lenteur du processus sur la voie de la prochaine COP.

Gouvernance  |    |  Agnès Sinaï Actu-Environnement.com

La première réunion sur le changement climatique des Nations unies depuis l'adoption de l'Accord de Paris s'est terminée le 26 mai "avec une série de résultats positifs qui soutiendront une entrée en vigueur précoce largement anticipée du traité, et une action plus forte et soutenue du monde à l'avenir", estime le secrétariat général de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (Ccnucc).

L'intercession de Bonn (Allemagne), qui a duré près de deux semaines, a remis sur la table la question des flux financiers, sans annonce véritablement lisible. Le Fonds vert pour le climat a annoncé que son conseil s'était fixé un objectif de 2,5 milliards de dollars en 2016 à la fois pour les programmes et projets d'adaptation et d'atténuation. Le Fonds vert a exhorté les pays à soumettre des propositions ambitieuses pour un financement le plus tôt possible.

"Dans le domaine de l'atténuation, 450 millions de dollars sont disponibles pour de nouveaux projets tandis que les projets en cours d'une valeur de 106 millions de dollars sont déjà mis en œuvre. En ce qui concerne l'adaptation, quelque 250 millions de dollars sont disponibles", estiment les Nations unies afin de tempérer les inquiétudes des pays les plus vulnérables.

La session a comporté plusieurs événements visant à accélérer la mise en œuvre des contributions déterminées au niveau national (NDC) et leur intégration dans les plans économiques nationaux. Les gouvernements ont également commencé à explorer la manière de relier directement la coopération technologique en faveur du climat aux accords de financement du Fonds vert pour le climat et du Fonds pour l'environnement mondial.

Le travail des groupes techniques a porté sur l'élaboration des règles de comptabilisation des ressources financières, les dispositions globales en matière de transparence et de communication des efforts accomplis pour infléchir les trajectoires d'émission, et la façon dont la science doit informer la mise en œuvre de l'accord. Laurence Tubiana, négociatrice française en chef de l'Accord de Paris et "championne" du climat, s'est félicitée des avancées sur les méthodes de comptabilisation.

Créer une dynamique cohérente autour du climat

Après un démarrage poussif, les négociateurs ont pris à bras-le-corps les aspects pratiques de la mise en oeuvre de l'Accord de Paris lors de cette deuxième semaine à Bonn. C'est une tâche d'une ampleur et d'une complexité considérables. Si l'Accord de Paris a mis une chose en évidence, c'est qu'il faut que tout le monde se retrousse les manches. Il est essentiel que les négociations formelles soient complétées par de vrais progrès dans des forums tels que le G7, le G20 et le Protocole de Montréal. Cette dynamique contribuera à créer, au cours des prochaines années, un contexte national et international favorable pour que tous les pays reviennent à la table des négociations avant 2020 avec davantage d'ambition”, a déclaré Liz Gallagher, Senior Associate au think-tank britannique E3G.

Le rythme accéléré des progrès accomplis à Bonn reflète l'espoir que l'Accord de Paris entrera en vigueur relativement rapidement, à la suite de la signature de l'accord par pas moins de 176 pays et l'Union européenne et de sa ratification par 17 Etats, dynamique qui augure d'une possible entrée en vigueur précoce de l'Accord de Paris, estime un communiqué de la Ccnucc.

Moins enthousiaste,  Sanjay Vashist, directeur du Réseau action climat d'Asie du Sud-Est, estimait le 26 mai lors d'une conference de presse que "la session de Bonn s'est illustrée par des progrès excessivement lents sur les points clés de l'Accord, ce qui va obliger les parties à se revoir encore avant la prochaine COP de Marrakech".

La technicité des discussions tend à ralentir le processus. Christiana Figueres, Secrétaire exécutive de la CCNUCC, souligne : "L'Accord de Paris est un schéma très sophistiqué pour un monde meilleur et plus sûr en termes de climat. Chaque partie de travail doit fonctionner de manière synchronisée pour que l'extraordinaire potentiel de ce traité aille au bout de ses multiples objectifs".

La cohérence des décisions avec d'autres enceintes, comme le G7 et l'Organisation mondiale du commerce (OMC), reste un point de discordance. Tandis que le G7 s'ouvrait au Japon le 26 mai, des ONG ont pointé l'approche inadéquate de Tokyo de la question du climat et ont réclamé une sortie pure et simple du charbon de ce pays.

Faute d'un nouveau schéma politique d'ensemble, le climat pourrait bénéficier de mesures éparses à la prochaine COP de Marrakech. Mohamed Adow, de Christian Aid, a plaidé pour que la COP 22 soit "la COP des renouvelables. Cette rencontre offrira l'énorme opportunité de faire basculer les discussions depuis la grande rhétorique politique à la mise en œuvre d'actions concrètes à court terme pour plafonner la hausse de la température à 1,5 degrés. A Marrakech, les pays doivent soutenir l'urgent besoin des pays en développement en énergies renouvelables".

L'initiative pour les énergies renouvelables en Afrique et l'Alliance solaire, lancées à Paris en décembre 2015, ont été réaffirmées à Bonn et constituent une forme de réponse concrète aux atermoiements des Etats.

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