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COP 28 : les combustibles fossiles cristallisent les tensions

À quarante-huit heures de la fin officielle de la COP 28, l'élimination des énergies fossiles fait figure de verrou et pourrait menacer la conclusion d'un accord.

Gouvernance  |    |  N. Gorbatko
COP 28 : les combustibles fossiles cristallisent les tensions

Le temps presse. Lundi 11 décembre à Dubaï, les négociations autour du texte entreront dans leur dernière ligne droite. Déterminé à conclure un accord « réussi » mardi 12 décembre à 11 heures du matin, le Sultan Al-Jaber, président de la COP, encourage les Parties à faire preuve de flexibilité pour parvenir à un ensemble de décisions équilibré et ambitieux. À cette fin, il avait confié à des binômes de ministres expérimentés la mission de diriger les consultations en son nom sur les questions en suspens et à des négociateurs de haut niveau celle de faire avancer les échanges sur les travaux techniques. Mais, en réalité, les discussions entre délégués se poursuivent toujours en petits groupes et dans les couloirs.

Désormais, l'attention se focalise surtout sur les fossiles. En conformité avec l'impulsion donnée par la présidence, une centaine de parties majoritaires, dont l'Union européenne (UE), appelle en effet à l'élimination progressive de ces énergies (phasing out) dans la lignée des travaux du G7 et du G20, espérant faire monter la pression sur les moins ambitieux. La notion de réduction (phase down) a aujourd'hui disparu des débats. Mais pour combien de temps ? Face à ce bloc de plus en plus déterminé, le représentant du secrétaire général de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), dont les Émirats arabes unis (EAU) font d'ailleurs partie, a annoncé, samedi 9 décembre, à la tribune, l'opposition de son groupe à tout ciblage spécifique des énergies fossiles dans un accord final.

“ « Nous ne pouvons pas négocier avec la nature, mais nous pouvons négocier les uns avec les autres. » ” Dan Jørgensen, député européen chargé de mener les discussions sur le bilan mondial à la COP 28

Subventions et captages en question

L'Accord de Paris se concentre sur la limitation des émissions et non sur les sources de ces émissions, observe à ce titre l'Arabie saoudite. Peu de temps plus tard, douze pays dont la France, le Canada, le Danemark ou les Pays-Bas, signaient une déclaration commune sur l'élimination progressive des subventions aux combustibles fossiles, les engageant également à faire preuve de transparence en la matière. La Norvège, productrice de pétrole, n'y figure pas… Des désaccords persistent par ailleurs sur la mise en œuvre de la capture et le stockage du carbone, certaines parties, dont l'UE, préférant officiellement limiter cette solution aux émissions les plus difficiles à réduire, dans le secteur du ciment ou de l'acier par exemple, quand l'Arabie saoudite ou les États-Unis voudraient y avoir recours plus largement.

En dépit de ce qui ressemble fort à une impasse, la ministre française de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, appelle la présidence à ne pas se laisser « impressionner » et fait toujours le pari du dialogue. Une COP, « c'est un accord à 195 Parties par consensus », rappelle-t-elle, avec des priorités différentes selon les pays : trouver des moyens financiers pour les plus pauvres, faire baisser les émissions pour les petits états insulaires, organiser la baisse des émissions sans générer d'explosion sociale pour les plus riches… La ministre mise ainsi sur la possibilité d'imaginer encore des formulations « qui tiennent compte de la diversité des points de vue en maintenant le niveau d'ambition. » Objectif : éviter de donner l'impression de pointer du doigt tel ou tel pays. « Il va falloir être un peu inventif », ajoute-t-elle. La mention de substitution des énergies fossiles par les renouvelables est parfois citée…

En prévision des prochaines COP

Pour certains observateurs, comme Sébastien Treyer, directeur général de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), l'objectif de multiplier par trois les énergies renouvelables et par deux l'efficience énergétique en 2030, adopté par une centaine de pays, serait certes insuffisant, mais déjà relativement ambitieux. Il permettrait, entre autres, d'entrer dans le vif du sujet en prévision de la prochaine COP. La Chine, grande exportatrice de technologies « propres » pourrait y voir de l'intérêt.

Le Bilan mondial (BM), état des lieux des progrès réalisés en atténuation et en adaptation, suivi de nouvelles cibles, devrait lui aussi donner encore lieu à de pointilleuses tractations. La mention « basé sur la science » régulièrement mise en avant par l'Europe et la France, ainsi que par la présidence, par exemple, dérange manifestement certaines parties. Des difficultés qui ne découragent pas le Danois Dan Jørgensen, chargé de mener les discussions sur le bilan mondial. « Nous ne pouvons pas négocier avec la nature, mais nous pouvons négocier les uns avec les autres, plaide-t-il. Aucun argument, aucun raisonnement politique ou économique ne pourra empêcher la température d'augmenter (…). Si nous sommes d'accord, si nous le décidons, nous pouvons donner du poids à ces mots, les amener à susciter un réel changement et à créer un véritable différence. »

Les consultations se poursuivent par ailleurs autour des sujets financiers, notamment de l'article 6, qui concerne la définition des activités d'absorption susceptibles de générer des crédits carbone. Un point à surveiller de près pour Judith Lachnitt, chargée de plaidoyer international chez Caritas France. « Si cette définition est trop large, elle pourrait laisser la porte ouverte à des activités sources de dommages sur les écosystèmes ou les droits humains », s'inquiète-t-elle. Aucun accord ne se dessine à l'heure actuelle sur la question de l'adaptation. Les négociateurs achoppent en paticulier sur les moyens à mettre en œuvre. Ce dimanche 10 décembre, un groupe unique, appelé « Majlis » (conseil en arabe) prend le relai sur les débats. Il dispose de quarante-huit heures pour les clore à la satisfaction de tous.

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