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Nucléaire : la Cour des comptes pose deux préalables à la construction de nouveaux EPR

Un rapport de la Cour des comptes revient sur les difficultés rencontrées par l'EPR. Avant d'envisager la construction d'autres réacteurs, l'État doit mettre en place un soutien financier adapté et élaborer une trajectoire énergétique à long terme.

Energie  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
Nucléaire : la Cour des comptes pose deux préalables à la construction de nouveaux EPR

« Il demeure pour [la Cour des comptes] une incertitude sur la capacité de la filière nucléaire française (…) à construire de nouveaux réacteurs électronucléaires dans des délais et pour un coût qui demeurent acceptables », estime Pierre Moscovici, ce jeudi 9 juillet, à l'occasion de la remise d'un rapport sur la filière EPR. Le président de la Cour appelle les pouvoirs publics et EDF à « [s'appuyer] sur les atouts et sur le retour d'expérience » des six EPR construits ou encore en construction, avant de décider de l'avenir de la filière. Les difficultés rencontrées montrent surtout que la relance du nucléaire ne pourra se faire sans financement public ni sans une stratégie énergétique à long terme.

EDF ne peut plus financer le nucléaire

Les sages de la rue Cambon jugent que l'avenir du nucléaire en France passe par deux conditions. La première est la mise en place d'un nouveau dispositif de soutien financier qui fasse supporter au consommateur ou au contribuable le coût de construction des prochains EPR. Actuellement, la construction de six EPR, souhaitée par EDF et les acteurs du nucléaire, est estimée à 46 milliards d'euros. EDF « n'est pas en mesure de financer [de nouveaux réacteurs] sur ses fonds propres », explique Pierre Moscovici. Il rappelle notamment que l'entreprise fait face à une dette de 41 milliards d'euros, un niveau « incompatible » avec de tels investissements. Mais, pour qu'un soutien financier public soit politiquement acceptable, il faudra que l'électricité produite « soit suffisamment compétitive », prévient le président de la Cour.

La seconde condition est la conduite d'une réflexion sur la place à accorder aux réacteurs EPR dans la politique énergétique des trente prochaines années. La Cour demande à l'État d'inscrire la construction de nouveaux EPR (ou l'abandon de cette technologie) « dans une analyse complète et une planification du mix électrique à l'horizon 2050 », explique son président. La Cour rappelle que la plupart des réacteurs français auront atteint 60 ans aux alentours de 2040-2045. En outre, la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) acte la fermeture de 14 réacteurs d'ici 2035. Pour faire face à ces contraintes, la décision de construire de nouveaux réacteurs doit donc être prise « dans les toutes prochaines années » et ne peut l'être que sur la base d'une planification à long terme.

Une dérive considérable, même pour une tête de série

 
Les difficultés rencontrées montrent surtout que la relance du nucléaire ne pourra se faire sans financement public ni sans une stratégie énergétique à long terme.  
 
Ces deux grandes recommandations sont les conséquences des difficultés rencontrées par EDF pour mener à bien la construction de l'EPR de Flamanville (Manche), qui devrait être en service mi-2023. Deux chiffres résument les déboires d'EDF : les délais ont été multipliés par 3,5 et la facture par 3,3. « Même pour un réacteur dit "tête de série" et comportant de nombreuses innovations, [il s'agit d']une dérive considérable », déplore le président de la Cour.

Les difficultés listées dans le rapport de la rue Cambon sont bien connues : des conditions défavorables lors du lancement du projet (retrait des Allemands et querelles entre EDF et Areva) ; une sous-estimation de la complexité de la construction ; une perte de compétence de la filière nucléaire française ; un pilotage du chantier par EDF qui ne distingue pas les rôles de maîtrise d'ouvrage et maîtrise d'œuvre, couplé d'un contrôle stratégique « insuffisant » de la part du conseil d'administration de l'entreprise. Des constats qu'« EDF (…) partage et affirme être résolue à surmonter », assure Pierre Moscovici.

Réactions4 réactions à cet article

 

Eh bien moi je vous le dis : ce sera l'abandon. De nouvelles difficultés verront le jour au fur et à mesure de la poursuite de ce projet, qui ne marchera jamais. Et il faut s'en féliciter, faisons marcher notre imagination pour pallier à son remplacement.

gaïa94 | 10 juillet 2020 à 21h48
 
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Du bon sens, même s'ils enfoncent un peu des portes ouvertes... Il faut revenir à la base. Pourquoi les EPR de Taishan ont-ils été construits dans les délais et avec les coûts prévus, et ni Flamanville ni Olkiluolo ? Une conjonction d'incurie, de désorganisation, comme l'a bien analysé Folz. Trop de gens qui voulaient juste se sucrer sur le dos de la bête (les bétonniers etc.), trop de gens qui ne voulaient surtout pas qu'il démarre (les pétroliers, les zécolos, etc.). Bref, un scandale franco-français, ce n'est pas la machine qui est en cause.

dmg | 10 juillet 2020 à 22h05
 
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Oui c'est vrai , je ne veux surtout pas qu'il démarre car le jour où la cocotte minute va sauter , ça va faire mal ! La France n'a pas la surface ni la population de la Chine.

gaïa94 | 11 juillet 2020 à 00h12
 
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Alors que l'Etat lance des consultations du public à la moindre occasion désormais (certes pour ne pas en tenir compte lorsque les résultats contrarient les lobbies économiques : qu'importe le fond du moment que la forme administrative est sauve en somme), pour le nucléaire - et comme le souligne bis repetita la Cour des comptes et bien d'autres observateurs la dérive financière est colossale, gouffre financier que le contribuable est appelé à perpétuellement combler - il ne consulte pas ! Un peu comme pour la convention citoyenne sur le climat d'ailleurs, le français n'a pas son mot à dire sur le nucléaire quant bien même les décisions prises par une poignée de fanatiques de l'atome engage l'avenir de la sécurité du pays et les deniers publics sur des millénaires.
Que cet entêtement stupide perdure est tout bonnement insupportable, au sens propre comme au figuré.

Pégase | 18 juillet 2020 à 10h24
 
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