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Les grandes entreprises commencent à intégrer la biodiversité dans leur stratégie

Entre greenwashing et véritable politique biodiversité, 65 entreprises s'engagent dans l'initiative Act4Nature lancée par Entreprises pour l'environnement et ses partenaires. Le début d'une prise de conscience de la fragilité de l'économie ?

Biodiversité  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com
Les grandes entreprises commencent à intégrer la biodiversité dans leur stratégie

"Vous pouvez être tranquille, notre engagement est fort", affirme Jean-Dominique Senard, président d'Entreprises pour l'environnement (EpE), à l'occasion du lancement d'Act4Nature ce mardi 10 juillet en présence de Nicolas Hulot. Cette initiative réunit 65 grandes entreprises, parmi lesquelles Danone, EDF, Engie, Suez, Total, Unilever ou encore Veolia, qui affichent leur engagement pour la biodiversité.

"Apport net positif à la nature"

Cette promesse prend deux formes. Il s'agit tout d'abord de dix engagements communs rédigés avec vingt partenaires parmi lesquels des réseaux d'entreprises (Afep, Medef, Alliance pour la préservation des forêts, C3D, Finance for Tomorrow, Global Compact France, Orée, Orse), des organismes publics (AFB, FRB, MNHN) et des ONG environnementales (Fondation GoodPlanet, FNE, FNH, Humanité & Biodiversité, LPO, Noé, UICN, WWF).

Quelle est la teneur de cet engagement ? Il s'agit d'"intégrer, de manière volontaire, la question de la biodiversité dans toutes les activités, de la gouvernance et de la stratégie aux opérations les plus concrètes, à le légitimer auprès des collaborateurs et parties prenantes au sein même de l'entreprise de façon à susciter et encourager des actions spontanées et diffuses. L'objectif est que chaque entreprise ait un apport net positif à la nature".

Un objectif très ambitieux compte tenu de l'activité de certaines entreprises signataires et de la marge de progression existante. On peut ainsi citer Total accusé de contribuer à la déforestation par ses importations massives d'huiles de palme pour sa raffinerie de La Mède, de Bayer qui a racheté Monsanto qui commercialise le célèbre herbicide Roundup à base de glyphosate ou encore de Sanofi qui vient de stopper son site de production de Mourenx (Pyrénées Atlantique) après la révélation de rejets massifs de polluants.

Dans le même temps, aucune échéance ne figure sur ces engagements communs et aucun indicateur partagé sur l'impact des acteurs économique sur la biodiversité n'est reconnu pour l'instant. Les promoteurs de l'initiative visent en premier lieu la COP15 de la convention sur la diversité biologique qui aura lieu en 2020 à Pékin et dont Nicolas Hulot veut faire "un moment aussi décisif" que la COP21 l'a été pour le climat. Le ministre de la Transition écologique souhaite qu'à cette date toutes les entreprises aient développé des outils d'analyse de leur impact sur la biodiversité. Et de citer les sociétés Michelin et Kering qui ont engagé des travaux dans ce sens.

"Patchwork non homogène"

Cet engagement partagé est complété par une série d'engagements individuels des entreprises, constituant un "patchwork non homogène" du propre aveu du président d'EpE. Se côtoient donc des opérations comme l'installation d'hôtels à insectes sans questionnement sur l'impact global de l'entreprise sur la biodiversité et des politiques plus construites menées sur un temps long. Ainsi, Ciments Calcia, dans le cadre d'un partenariat de onze ans avec l'UICN, a mis en place un système de management de la biodiversité (SMBio) sur le modèle des systèmes de management de la qualité.

"Il n'y a pas beaucoup d'engagements sur le point pourtant central qu'est l'artificialisation des sols", pointe Nicolas Hulot. La lutte contre l'artificialisation est en effet l'un des axes majeurs du plan biodiversité présenté le 4 juillet par le ministre. A contrario, Nicolas Hulot mentionne les initiatives intéressantes de RTE et d'Icade en la matière. Le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, dans le cadre d'un partenariat aves l'association Noé, aménage les espaces verts des sites tertiaires de manière favorable à la biodiversité. Quant au groupe immobilier Icade, il s'est engagé dans le programme Nature 2050 porté par CDC Biodiversité. "Nous avons déjà rendu 12 hectares de friches industrielles à la nature", se félicite Olivier Wigniolle, son directeur.

"On ne fera pas de planète sur une planète morte", avertit gravement Nicolas Hulot, qui affirme sa confiance dans la volonté des entreprises de s'engager. Et même si certaines ne font que verdir leurs éléments de communication, "à force de faire du greenwashing, on devient vraiment green", prédit Geoffroy Roux de Bézieux, le nouveau président du Medef.

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