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Développer les sources d'azote est indispensable au déploiement de l'agriculture biologique

Agroécologie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com

Le déploiement mondial de l'agriculture biologique pourrait être limité par un manque d'azote, indique une équipe de recherche de l'Inrae et de Bordeaux Sciences Agro, dans une nouvelle étude dont les résultats ont été publiés le 13 mai dans la revue Nature Food. L'agriculture biologique exclut de fait les engrais azotés de synthèse. Or, l'azote est indispensable à la croissance et au développement des plantes. « La fourniture d'azote aux cultures en agriculture biologique repose essentiellement sur les fumiers issus de l'élevage et, dans une moindre mesure, sur la fixation de l'azote atmosphérique dans le sol, effectuée par les légumineuses. Cependant, ces deux sources ne sont pas infinies ni inépuisables », indiquent les chercheurs.

À l'aide de simulations sur la part de surfaces cultivées en agriculture bio au niveau mondial (20, 40, 100 %), ils ont estimé les déficits en azote. Et en tirent plusieurs conclusions : « L'élevage est indispensable au développement de l'agriculture biologique du fait de sa capacité à fournir de l'azote pour enrichir les sols grâce au fumier », soulignent-ils. Mais certains élevages, notamment porcins et aviaires, entrent en concurrence avec l'alimentation humaine. En revanche, les élevages de ruminants devraient être placés au plus près des cultures, notamment dans les prairies, « pour reconnecter productions végétales et animales et optimiser le recyclage de l'azote ».

Il faudrait en parallèle rééquilibrer la consommation alimentaire mondiale, trop riche aujourd'hui notamment en Europe et Amérique du Nord. Elle est estimée en moyenne à 2 890 kcal par personne et par jour, alors que 2200 kcal suffiraient. Enfin, le gaspillage alimentaire devrait être réduit de moitié.

En combinant ces trois leviers, « il serait possible d'augmenter la part de l'agriculture biologique mondiale jusqu'à 60 % au moins tout en répondant à la demande alimentaire mondiale ». L'augmentation de la part des cultures de légumineuses, qui fixent l'azote dans le sol, est un autre levier à explorer, indiquent les chercheurs.

Réactions3 réactions à cet article

 

Cette analyse montre combien l'approche agronomique classique a du mal à sortir du modèle qu'elle impose depuis 50 ans: l'azote.
Il est aujourd'hui prouvé que l'alimentation dont nous sommes "abreuvés" depuis l'avènement de l'azote est complètement déséquilibrée car trop riche en protéines y compris végétales dont la principale source est ... l'azote! La réduction de l'alimentation azotée des cultures se traduit donc par une harmonie plus importante des éléments dans notre alimentation. Le rendement n'est plus le seul critère mais bien la qualité alimentaire et la source énergétique de la "ration" journalière n'a plus autant de valeur face à une population devenue plus sédentaire. par contre, la teneur en éléments autres que l'azote et oligo-éléménts, vitamines, etc est essentiellle pour conserver la santé.

Par ailleurs, en BIO depuis plusieurs année et conseiller dans cette activité depuis 25 ans, je signale à nos chercheurs que l'usage des légumineuses dans l'assolement et autres couverts végétaux interculturaux permettent de produire très correctement des denrées très qualitatives en subvenant correctement aux besoins azotés des cultures et sans apport extérieur issus des élevages. Ce modèle est archaique et il faut que nos chercheurs évoluent si l'on veut que la société bouge. S'il vous plait, n'allumez plus de contre feux alors que nous essayons d'éteindre l'incendie!

Uncinulanecator | 18 mai 2021 à 09h49
 
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Qu’on soit d’accord ou pas avec Léonard de Vinci qui affirmait qu’un jour tuer un animal sera considéré aussi grave que tuer un homme, sauf légitime défense évidemment, le carnivorisme n’est pas physiquement et éthiquement défendable, à condition de se suppléer en B12.

Et bien d’autres sages l’ont affirmé après lui

Que les sources soient bio ou non, les méthaniseurs actuels ou en projets « acceptés » un jour seront surdimensionnés. Surtout, par exemple, si le maraîcher vend le chou entier et si les diverses fanes vertes (radis et autres), toujours par exemples.

Sagecol | 18 mai 2021 à 10h26
 
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Ce papier pose la bonne question : jusqu'où ne pas aller trop loin... Qu'est ce qu'une agriculture bio ? Si c'est l'application d'une norme rigoriste telle que le conçoivent nos écolos (le savon du paysan est-il bio), ce n'est effectivement pas viable. Si c'est des pratiques avec des quantités d'intrants raisonnées et aux impacts contrôlés, c'est acceptable. Se remémorer les pratiques agricoles du début du XXème siècle : les fermes étaient intégrées, céréales et élevage, à mesure de besoins essentiellement locaux, consommateurs et engrais, les engrais chimiques étant même explicitement déconseillés, c'est dire. La priorité est donc d'arrêter les méga usines à bidoche et les déforestations amazoniennes et autres qui sont derrière, voir en face la collusion entre les intérêts des fabricants d'engrais et des pétroliers, et restaurer une agriculture raisonnée de proximité.

dmg | 18 mai 2021 à 11h06
 
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