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Nicolas Hulot engage la France dans l'arrêt irréversible de la production d'hydrocarbures

La production de pétrole et de gaz sera totalement interdite en France d'ici 2040. Mais, représentant 1% seulement de la consommation, cette décision est loin de satisfaire l'objectif de baisser de 30% la consommation d'énergies fossiles d'ici 2030.

Energie  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com

"On n'a pas de pétrole mais on a des idées", lançait Giscard en 1976. En fait, on a un peu de pétrole aussi : la France en a produit 800.000 tonnes en 2015 ainsi que du gaz. Cette production d'énergies fossiles sur le territoire national devrait définitivement prendre fin en 2040.

 
Le gaz de houille est touché par la même interdiction de recherche que les autres hydrocarbures  
Ministère de la Transition écologique
 
C'est en tout cas l'objet du projet de loi que Nicolas Hulot a présenté ce mercredi 6 septembre en Conseil des ministres. L'exécutif a pris le parti d'un texte "court et simple" sur lequel il va engager la procédure accélérée en vue d'obtenir un vote du Parlement avant la fin de l'année.

Interdiction progressive

En "laissant les énergies fossiles dans le sous-sol", la France se veut exemplaire en devenant ainsi "le premier pays au monde" à inscrire dans la loi l'interdiction de la recherche et de l'exploitation des hydrocarbures sur son territoire. Un engagement conforme au plan climat présenté début juillet, qui doit contribuer au respect de l'Accord de Paris et à l'objectif de neutralité carbone pour 2050, souligne le ministère de la Transition écologique.

Hormis le gaz et pétrole de schiste, l'interdiction n'est toutefois pas immédiate mais progressive. La future loi va en effet mettre un terme à la recherche de nouveaux gisements d'hydrocarbures mais elle préserve le "droit de suite" des pétroliers qui permet d'exploiter des gisements découverts dans le cadre de permis de recherche déjà accordés. Dans tous les cas, les concessions d'exploitation ne pourront avoir un terme ultérieur à 2040. Le gouvernement entend ainsi clarifier "la situation des nombreuses demandes mises en attente par le précédent gouvernement".

Guyane et gaz de couche posent question

Plusieurs points suscitent toutefois commentaires et interrogations. L'un d'eux concerne la Guyane, dont plusieurs observateurs craignaient qu'elle échappe à l'interdiction. "La loi s'y applique comme dans les autres territoires d'outre-mer", assure Xavier Ploquin, conseiller énergie au cabinet de Nicolas Hulot. Ce qui signifie que le permis "Guyane Maritime" accordé à Total reste valide et pourrait potentiellement déboucher sur une exploitation. En revanche, de nouveaux permis de recherche ne pourront être accordés.

Autre point de friction : les gaz de houille. Si un consensus se dégage sur la nécessité de pouvoir poursuivre la récupération du gaz de mine, les positions divergent sur le gaz de couche. Le collectif "Stop Gaz de schiste" réclame l'interdiction de l'exploration de ce gaz qui échapperait à la loi malgré les impacts environnementaux avérés de son extraction. "Le gaz de houille est touché par la même interdiction de recherche que les autres hydrocarbures", assure de son côté le ministère de la Transition écologique. Ce qui implique aussi que la société La Française de l'énergie peut continuer ses recherches dans le cadre du permis d'exploration qui lui a été accordé, dès lors que ne sont pas en jeu des hydrocarbures non-conventionnels.

Baisse drastique de la consommation nécessaire

Enfin, de manière plus large, se pose la question de la portée réelle de cette loi dans la transition énergétique et la lutte contre les changements climatiques. La production française d'hydrocarbures ne représente que 1% de sa consommation nationale. Son interdiction est donc anecdotique dans l'atteinte de l'objectif de réduction de la consommation d'énergies fossiles de 30% d'ici 2030. Une baisse drastique de la consommation reste donc nécessaire. "Pour limiter les importations d'hydrocarbures à l'avenir, nous devons diminuer notre consommation d'énergie fossile dans les transports et le chauffage", insiste le Cler – Réseau pour la transition énergétique.

L'effet de la décision française reste par ailleurs très faible au plan mondial compte tenu du niveau de sa production. Selon le cinquième rapport du Giec, il est en effet impératif de renoncer à l'exploitation de 80% des ressources d'hydrocarbures si l'on veut limiter le réchauffement planétaire à 2°C. La décision reste toutefois "un symbole fort", reconnaît le directeur général de Greenpeace France Jean-François Julliard. Un symbole dont les autorités françaises espèrent qu'il aura un effet d'entraînement sur les autres pays producteurs de pétrole.

Réactions7 réactions à cet article

 

Quel courageuse décision !
Moins de 1% des importations... Nous prend-on pour des buses ?
Quelle courageuse dérision !
Maintenant, mettons à l'électricité l'ensemble des véhicules de l'armée. Chiche!

Albatros | 07 septembre 2017 à 10h37
 
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Il faut bien que quelqu'un commence! Oui cela peut constituer un entrainement pour d'autres pays qui actuellement se posent la question de ce qu'il vont décider à l'avenir. Si l'on trouve toujours des prétextes à ne rien faire, les catastrophes style Houston et Irma vont se multiplier sur l'ensemble de la planète; d'ailleurs la France est tout à fait capable de se passer des énergies fossiles progressivement car toutes les technologies alternatives sont au point. Il s'agit juste d'une volonté politique pour les mettre en œuvre progressivement. Donc on y va, lentement mais sûrement.

gaia94 | 07 septembre 2017 à 19h47
 
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Simplement, "faire" cela revient exactement à "ne rien faire".
Notre héros shampooineur et assujetti à l'ISF (chouette, son gouvernement va le supprimer!) se comporte en homme de média: il se fait mousser.
Et la France, dans sa grandeur, va naturellement éclairer le monde...
YAKAFOKON

Albatros | 08 septembre 2017 à 10h56
 
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Attention à ce que vous écrivez et ce que l'on peut lire partout. Le choix des mots est très important.
" La PRODUCTION française d'hydrocarbures ne représente que 1% de sa CONSOMMATION nationale. Son interdiction est donc anecdotique dans l'atteinte de l'objectif de réduction de la CONSOMMATION d'énergies fossiles de 30% d'ici 2030."
L'impact de cette loi sur la CONSOMMATION n'est pas anecdotique, elle est NULLE. Ce que l'on ne produira pas sur place sera importé et donc avec un impact plus élevé sur les émissions de CO2. Ici on ne doit pas parler d'impact sur la baisse de la CONSOMMATION, mais uniquement de PRODUCTION.
Trop de personnes confondent PRODUCTION et CONSOMMATION.
Cet arrêt de PRODUCTION impactera également négativement notre notre balance commerciale, supprimera des emplois directs et indirects ainsi que des expertises en France mais seront maintenus à l'étranger. Il y aura également des pertes de revenus pour un bon nombre de communes.

TOM | 08 septembre 2017 à 14h46
 
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Merci TOM pour la précision. Hélas, il semble que l'arrêt de toute production industrielle soit bel et bien à l'agenda de Monsieur Hulot. Qu'il retourne donc en vacances et nous ramènes ses belles images pour la télévision (même si ça ne risque pas d'améliorer son empreinte écologique personnelle, qui reste équivalente à celle d'un Etat tout entier). Beau métier...

Albatros | 08 septembre 2017 à 19h52
 
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@TOM
Oui vous avez raison : si l'arrêt de la production française, qui est entièrement consommée en France, est compensée par une hausse des importations, l'effet sera nulle sur la consommation. En revanche, si elle n'est pas compensée, l'impact de cet arrêt sera bien anecdotique dans la consommation française.

Laurent Radisson | 09 septembre 2017 à 20h55
 
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@Laurent Radisson
Quelque soit la baisse de consommation qui sera atteinte en 2040, il y aura toujours un pourcentage de notre consommation en France qui sera désormais importée au lieu d'être produite et consommée sur place, avec les conséquences dont je vous ai parlé (pertes d'emplois, destruction d'une filiaire, augmentation des émissions de CO2 lié au transport, Impact négatif sur notre balance commerciale)
L’arrêt de la production ne peut et ne doit pas être connecter à une baisse de la consommation. Cela n'a rien à voir.

TOM | 12 septembre 2017 à 00h23
 
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