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Grenelle des ondes : premier pas pour les uns, échec pour les autres

Au moment où Roselyne Bachelot, Chantal Jouanno et Nathalie Kosciusko-Morizet clôturent le Grenelle des ondes et se félicitent des orientations prises après un mois et demi de discussions, les associations estiment ne pas avoir été entendues.

Risques  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
   
Grenelle des ondes : premier pas pour les uns, échec pour les autres
© Marek Slusarczyk
   
Un mois et demi de discussions, vingt heures de débat… Le Grenelle des ondes a réussi le pari de mettre autour de la table l'ensemble des acteurs (défenseurs de l'environnement, syndicats, usagers, élus locaux, opérateurs de téléphonie mobile et pouvoirs publics) concernés par la question des antennes relais et du développement de la téléphonie mobile. Pourtant, si les pouvoirs publics se félicitent de la mise en œuvre du processus, les associations sont beaucoup plus critiques quant aux résultats obtenus.

L'essentiel est qu'un dialogue a pu s'engager entre les différents acteurs, analyse Roselyne Bachelot, ministre de la santé et des sports. Il ne s'agissait pas de réaliser une expertise scientifique - nous attendons les conclusions des études de l'AFSSET en septembre - mais d'établir un dialogue citoyen. Cette table ronde n'est pas une fin mais un début. Le document qui en ressort n'est certes pas un aboutissement, mais il nous permettra de définir certaines orientations et des axes de travail.
Le professeur Jean-François Girard, qui présidait les débats, se félicite lui aussi de la bonne marche du processus, avec la participation d'une cinquantaine d'institutions, avec une assiduité de la première à la dernière heure.
Pourtant, au sortir de la conférence de clôture du Grenelle des ondes, le son de cloche était tout autre : on reporte à des lendemains au lieu de prendre des décisions aujourd'hui. Nous partons déçus et en colère. Les débats ont enfoncé des portes ouvertes. Nous n'avons pas été entendus. Nous suspendons aujourd'hui notre participation au Grenelle des ondes, annonçait Stephane Kerckhove, délégué général de Agir pour l'environnement.
De son côté, l'association France nature environnement affirme dans un communiqué qu'elle continuera à participer au processus. Pour FNE, deux gros problèmes subsistent : les seuils d'exposition aux ondes éléctromagnétiques et la question de la démocratie locale.
Les dix orientations retenues par le gouvernement à la suite de la table ronde sont jugées insuffisantes par les uns, timides par les autres. Certaines propositions ont été rabotées. Les conclusions que tirent les ministres sont différentes du rapport de synthèse de la table ronde, dénonce Stephane Kerckhove. FNE regrette que le moratoire sur les implantations nouvelles d'antennes n'ait pas été retenu, que le maintien des systèmes filaires face au sans fil n'ait pas été soutenu et que le principe de précaution ne concerne que les enfants en bas âge et pas les adolescents et les femmes enceintes.
Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat en charge de la prospective et du développement de l'économie numérique, le sujet est complexe et multiple. Nous avons obtenu un début de réponse pour l'ensemble des objectifs fixés par cette table ronde. Il y a eu des avancées : le fait d'évoquer un abaissement de seuil d'exposition est énorme. C'est vrai que les objectifs des associations ne sont pas tous atteints à ce stade, mais le travail avance et est sérieux.

Le Grenelle des ondes a été organisé avant les remises des rapports très attendus d'Interphone (probablement au mois de juin selon Roselyne Bachelot) et de l'AFSSET (en septembre), deux études qui devraient éclairer les débats, aujourd'hui largement freinés par les nombreuses incertitudes scientifiques qui entourent ce sujet. Néanmoins, le rapport de la table ronde conclut qu'en l'état actuel des connaissances scientifiques et qu'en raison des faibles niveaux d'exposition autour des antennes en comparaison notamment avec ceux des téléphones mobiles, l'hypothèse d'un risque pour la santé des populations vivant à proximité des antennes relais de téléphonie mobile ne peut être retenue.

Dix orientations de travail issues de la table ronde

Après un mois et demi de discussions avec l'ensemble des parties prenantes, le gouvernement a défini dix orientations de travail sur le sujet.
La première concerne l'information au grand public. Un portail Internet d'information interministériel, un guide d'information et une campagne d'information devraient être lancés afin de sensibiliser le public aux risques liés à la téléphonie mobile.
Les élus locaux et les professionnels de santé seront également la cible de campagnes d'information.
Parmi les points importants, l'hypersensibilité est reconnue par les pouvoirs publics. La collaboration avec les équipes de l'hôpital Cochin se poursuivra afin d'élaborer un protocole d'accueil et de prise en charge des patients. La recherche sur les causes de ces symptômes sera soutenue.
Afin de mieux protéger les citoyens, plusieurs mesures ont été décidées. Un décret, en cours de concertation, devrait rendre obligatoire l'affichage du débit d'absorption spécifique (DAS) des téléphones portables afin d'informer l'usager. Pour limiter l'exposition des usagers, les opérateurs devront proposer une offre SMS exclusive et les fabricants de téléphone mobiles seront encouragés à mettre au point des appareils rendant l'usage de l'oreillette indispensable. Enfin, pour protéger les plus jeunes, l'usage des téléphones dans l'enceinte des écoles primaires devrait être interdit, la publicité en direction des moins de 12 ans sera également proscrite et le ministre en charge de la santé aura la possibilité d'interdire tout terminal radioélectrique destiné au moins de 6 ans.
En ce qui concerne les seuils d'exposition, si une révision des seuils réglementaires n'est pas prévue, des expérimentations seront menées dans certaines villes candidates (Pau (64), Courbevoie (92), Vincennes (94) et Rennes (35) à ce jour). Mais alors que les associations demandaient des tests grandeur nature, ces expérimentations devraient porter dans un premier temps sur des modélisations.
Enfin, des expérimentations seront menés sur la mise en place de schémas prévisionnels de déploiement, qui devront être élaborés au niveau des communes et validés par les Préfets.

Réactions1 réaction à cet article

 
Un premier pas timide et quelques oublis bizarres

Qu'en est il des systèmes WIFI de nos voisins qui nous arrosent de micro-ondes sans parler des systèmes DECT à la maison qui eux aussi arrosent largement???? Ils sont passés à la trappe ou bien c'est l'ignorance qui règne?

Charles Duchemin | 28 mai 2009 à 10h26
 
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