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Canicules : comment limiter les impacts sur les infrastructures essentielles à court terme

Les épisodes de canicules de l'été 2019 ont eu des impacts plus ou moins forts sur les infrastructures de transports, énergétiques ou les réseaux d'eau. Une mission les a recensé, afin de proposer des mesures de suivi et de gestion à court terme.

Gouvernance  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
Canicules : comment limiter les impacts sur les infrastructures essentielles à court terme

L'été 2019 a été marqué par plusieurs épisodes de canicules, des records de température et une vague de sécheresse particulièrement longue et étendue sur le territoire français. Afin d'en tirer les leçons, Elisabeth Borne, alors ministre de la Transition écologique, a commandé une étude sur les effets nouveaux liés à ces phénomènes climatiques, sur les activités de réseau (transports, énergie, eau…) et les milieux naturels.

Le Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD) et le Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) viennent de publier leur rapport. Ils dressent une série de mesures à prendre à court terme pour limiter les effets constatés ou mieux les appréhender. Zoom sur les problématiques relatives aux infrastructures essentielles, et principalement celles de transport et d'énergie. La mission n'a pas eu connaissance de problématiques particulières pour les réseaux d'eau.

Routes : expérimenter de nouveaux enrobés et des couleurs claires

«⁽Aucun désordre significatif n'a été observé sur les infrastructures aéroportuaires ou portuaires ni sur le réseau routier national et ses ouvrages d'art, la conception étant généralement robuste et l'entretien efficace. Le principal impact a été les coupures des routes et autoroutes suite à des incendies », note la mission.

En revanche, le réseau routier secondaire a davantage souffert du gonflement/retrait de l'argile, lié aux fortes températures. Pour réduire ces phénomènes, la mission recommande de poursuivre les travaux sur des enrobés pouvant à la fois résister au froid et aux grosses chaleurs. Des expérimentations devraient également être lancées à grande échelle sur des chaussées de couleur claire, avec des liants colorés. Concernant les ouvrages d'art, si aucun sinistre n'a été déclaré, la mission préconise néanmoins de renforcer la surveillance des ponts et des appuis en rivière.

Rail : peinture blanche et climatisation

Le réseau ferroviaire a beaucoup plus été impacté par les fortes chaleurs, avec des défauts d'installations (caténaires, sous-stations, câbles...)., essentiellement sur la traction électrique, des incendies et des pannes de matériel provoquant des retards et annulations. Mais, souligne la mission, «⁽la pratique de la SNCF consistant à préparer la période de grande chaleur dès le mois de mars, suivie chaque année de retour d'expérience après l'été, porte aujourd'hui ses fruits, notamment dans le domaine de la dilatation des rails où les incidents ont été limités, contrairement à d'autres pays européens ».

En revanche, la RATP a dû, pour la première fois, décider de ralentir le trafic pour protéger la partie aérienne de son réseau de RER, métros et tramways, le 25 juillet 2019.

Pour plus de résilience, la mission préconise que la SNCF étudie la différenciation, selon les grandes régions climatiques, de l'adaptation de la température de neutralisation de pose des longs rails soudés à l'occasion de chaque régénération de voie. Par ailleurs, la SNCF pourrait expérimenter, dans les zones les plus à risque, la peinture des flancs de rails en blanc, comme le teste la Suisse, avec un isolant composé de microbilles en céramique. Cela permettrait de diminuer la température intérieure du rail.

La mission recommande à la RATP de continuer à instrumentaliser son réseau aérien, afin de suivre les défaillances en temps réel et de les prévenir, en ralentissant le trafic notamment. Enfin, pour protéger les conducteurs, particulièrement touchés par les fortes chaleurs, la mission recommande de généraliser la climatisation des bus à l'occasion des renouvellements de parcs. Mais il s'agirait seulement de climatiser la cabine des agents de conduite, « la climatisation de la totalité du bus étant peu efficace (ouverture fréquentes des portes) et énergétivore ».

Electricité : baisse de production versus hausse de la climatisation

La sécheresse a entraîné des restrictions d'usages d'eau dans 84 départements jusqu'à l'automne. Les voies de navigation ont fait l'objet de restrictions ou d'arrêt. « Les conséquences sur la production industrielle des restrictions de prélèvements/rejets d'eau sont inégales selon les régions et le type de production ou sont mal connues, indique la mission. [Mais] la direction générale de la prévention des risques (DGPR) a fait de la gestion des situations de sécheresse dans les installations industrielles un objectif prioritaire dans son instruction aux services 2020 », note la mission.

Onze réacteurs nucléaires ont dû être mis à l'arrêt ou subir des baisses de production. A cela, se sont ajoutées des baisses de rendement de la production thermique (de 10 à 15 % pour les centrales à cycle combiné gaz, turbines à combustion ou cogénérations) et des panneaux photovoltaïques (6,2 GWh de production maximale pendant la canicule, contre 7,2 GWh en mai 2019), ainsi qu'une baisse du facteur de charge éolien (11 % en juillet 2019 contre 14 % en période estivale moyenne). Cette diminution de la production n'a cependant pas eu de conséquences sur la sécurité d'approvisionnement : les appels de puissance en été sont moindres qu'en hiver (8 GW en juillet 2019 contre 40 GW pour l'hiver 2012), explique la mission. Cependant, cette dernière recommande au gestionnaire de réseau RTE de poursuivre ses travaux sur la gestion des canicules. « Dans une vision haute, la consommation de climatisation (33837) pourrait pratiquement doubler d'ici à 2035 ; le gradient estival pourrait approcher 1 GW/°C (31847). Sous une hypothèse de canicule de type juillet 2019, la puissance appelée pourrait atteindre 13 GW », analyse-t-elle.

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