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Centraco : l'ASN fixe ses conditions au redémarrage du four de fusion de déchets radioactifs métalliques

Créer un service indépendant de vérification de la sûreté, réviser les préconisations de sûreté prévues par les documents techniques du constructeur et établir un plan de formation à la sécurité. Telles sont les principales prescriptions de l'ASN.

Risques  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
Centraco : l'ASN fixe ses conditions au redémarrage du four de fusion de déchets radioactifs métalliques

Le 20 janvier, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a présenté les nouvelles prescriptions applicables préalablement à l'éventuel redémarrage du four de fusion de Centraco située près du site de Marcoule (Gard).

"Indépendamment des conclusions de l'enquête judiciaire sur les causes précises de l'accident, l'ASN, après avoir analysé la situation actuelle de l'installation Centraco, considère qu'il est nécessaire de fixer à la Socodei [l'exploitant du four, ndlr] des prescriptions de sûreté renforcées", explique l'Autorité.

"Ces prescriptions portent notamment sur la formation des opérateurs à la conduite à tenir en situation anormale, les procédures encadrant le redémarrage du four, ou encore les dispositifs d'alerte et d'alarme associés au fonctionnement du four", indique l'ASN, précisant que "l'exploitant devra justifier à l'ASN le respect de ces prescriptions pour demander l'autorisation de redémarrer le four de fusion".

Assurer l'indépendance du service de gestion de la sûreté

Le détail des prescriptions a fait l'objet d'une décision officielle le 14 janvier 2014. La Socodei doit appliquer ces prescriptions au plus tard six mois après la notification ou à la date du redémarrage si elle intervient avant.

S'agissant de l'installation à proprement parler, l'ASN prescrit des dispositions applicables dès le dépôt de la demande de redémarrage du four. L'Autorité réclame une revue complète des documents techniques et la justification de la manière dont Socodei prend en compte les préconisations de sûreté qui y figurent. De plus, elle attend de l'exploitant qu'il corrige les éventuels dysfonctionnements et anticipe les risques liés au vieillissement ou à l'obsolescence des équipements.

En matière organisationnelle, l'ASN demande à l'exploitant de lui remettre une étude portant sur les facteurs organisationnels et humains en salle de conduite du four de fusion. Par ailleurs, une série de procédures doit être affinée concernant la fusion des métaux, la réduction des risques pour les travailleurs et certaines situations problématiques.

De plus, l'ASN attend de l'exploitant qu'il précise dans les règles générales d'exploitation le rôle et les responsabilités du service chargé de la vérification de la sûreté. Socodei doit allouer à ce service les ressources nécessaires à l'accomplissement de ses missions et à une présence opérationnelle "suffisante" dans les installations. L'exploitant doit aussi veiller à ce qu'il soit doté de compétences techniques spécifiques. Enfin, "l'exploitant prend les dispositions nécessaires pour garantir l'indépendance de jugement de ce service ainsi que son indépendance effective par rapport aux services de production".

Pour finir, Socodei doit assurer la mise en place d'un plan de formation à la sécurité spécifique aux différentes tâches effectuées par les opérateurs ainsi qu'à "la conduite en situation dégradée ou incidentelle". Un volet spécifique traite de la mise en place d'une "démarche générale à suivre [lorsque l'exploitant] est confronté à une situation inhabituelle pour laquelle il ne dispose pas d'une procédure spécifique définie". Plus globalement, l'ASN demande à ce que "l'exploitant [prenne] toutes les dispositions pour maintenir et développer les compétences nécessaires à l'exploitation sûre de son installation".

Erreur humaine

Le 12 septembre 201, une explosion survenue dans un four de fusion servant à fondre les déchets radioactifs métalliques de faible et très faible activité a entraîné la mort d'une personne et en a blessé quatre autres dont une gravement.

A l'issue d'une inspection inopinée menée le 4 octobre, l'ASN avait constaté que le dispositif visant à mesurer la radioactivité présente dans les rejets d'effluents gazeux (gaz et aérosols) n'était pas conforme. De même, les inspecteurs avaient déterminé que, du fait d'une erreur humaine, "le four de fusion contenait, au moment de l'accident, une charge d'environ 4 tonnes de métal pour une activité de l'ordre de 30 mégabecquerels (MBq) et non de 63 kilobecquerels (kBq) comme l'avait initialement indiqué l'exploitant", soit une estimation 476 fois supérieure à celle qui prévalait lors de l'accident.

"Sans préjudice de la procédure judiciaire engagée pour la recherche de responsabilités, l'ASN a, par sa décision du 27 septembre 2011, soumis à son autorisation préalable le redémarrage du four d'incinération et du four de fusion de Centraco", rappelle l'Autorité, ajoutant que "le 29 juin 2012, l'ASN a autorisé le redémarrage du four d'incinération".

Réactions4 réactions à cet article

 

Comme quoi les accidents peuvent toujours arriver, c'était en 2001, mais cela peut toujours se produire.

Demander plus de vigilance et x ou y études ne changera rien. C'est toute la filière qu'il faut revoir ou abandonner.

Pour ma part, je pense qu'à partir du moment ou on laisse une entreprise privée au manette on s'expose à des risques accrus car l'opérateur cherchera avant tout le profit !
Certains secteur ne devrait jamais être privatisé.

Espérons qu'en attendant une hypothétique sortie du nucléaire, l'ASN renforcera ses contrôles et renforcera les sanctions en cas de non conformité.

Terra | 23 janvier 2014 à 11h48
 
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Je partage l'avis de Terra: il est irresponsable de confier une activité de traitement de déchets radioactifs a une entreprise privée.
En matière de risques nucléaire le droit à l'erreur n'existe pas! Il faut absolument que ce soit confié a des personnes compétentes et responsable ET on ne peut pas se permettre de faires "des économies" dans un secteur aussi critique.
"sortir du nucléaire" ne changera RIEN a ces problèmes Les déchets sont là et il faut s'en occupper proprement et aussi cesser de tergiverser, de refuser par principe toutes les solutions définitives. Parce qu'à un moment donné il faudra bien se résoudre a désigner des centres de stockage définitif en métropole. Il faut aussi continuer a employer du Plutonium dans les MOX simplement pour s'en débarrasser: c'est le SEUL "déchet" qui soit à la fois recyclable et dont la destruction puisse être ainsi accélérée.

ami9327 | 23 janvier 2014 à 14h39
 
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Vous faites un mauvais amalgame là. Vous prétendez que toutes entreprises privées fait mal son travail juste pour des raisons économiques. Votre solution ? Nationalisez à outrance pour avoir des résultats ? C'est clair, le service publique actuel possède une telle image d’efficacité qu'on a vraiment envie de leur confié du nucléaire...
Non, sérieusement, le problème n'est pas de l'ordre du privé/public, je vous l'assure, le problème vient du fait que les organises qui ont autorisés l'installation, les organismes de contrôle et l'ASN n'ont pas fait leur travail. Il suffit de mettre un nombre suffisant de pare-feux, de contrôle et de surveillance et vous verrez des résultats. Le problème est donc de l'ordre du public lors de la mise en place et de la création du projet. Le privé, si vous le contraignez suffisamment, il aura un meilleur rapport qualité/prix que n'importe quel organisme public, je vous l'assure.

Steve | 23 janvier 2014 à 15h09
 
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@Steve Je ne dis pas que vous ayez tort. Simplement c'est un problème de responsabilité: les conséquences d'erreurs dans le domaine nucléaire dépassent les possibilités d'une entreprise privée. Dans le pire de cas la société privée est fermée et on essaye d'en tirer quelque argent pour rembourser les dégâts. C'est LA qu'on voit bien que cette méthode ne peut pas garantir les risques: seul l'état (=nous tous!) peut le faire.

ami9327 | 27 janvier 2014 à 01h03
 
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