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Actu-Environnement

Sept pays européens, dont la France, poussent la Commission vers la neutralité carbone à l'horizon 2050

Réunis à Paris le 25 avril à l'initiative de la France, sept ministres européens chargés de la lutte contre le changement climatique en appellent à la mise en place immédiate d'une stratégie de long terme ambitieuse.

Gouvernance  |    |  Agnès Sinaï Actu-Environnement.com

En regard de l'objectif de l'Accord de Paris sur le climat, qui enjoint la communauté internationale à stabiliser la hausse des températures à 2°C, voire à 1,5°C, les politiques européennes ne sont pas à la hauteur. Adopté un an avant l'Accord de Paris, le paquet climat-énergie commence à dater. Un groupe de ministres pro-actifs s'est réuni hier au ministère de la Transition écologique et solidaire pour exprimer sa volonté de redonner du souffle et de la cohérence à l'ensemble des orientations en cours.

''L'objectif est de réunir les pays européens les plus ambitieux à la COP 24. Tous les regards seront alors tournés vers l'Europe''. Pour la secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, Brune Poirson, ''le futur commence maintenant''. C'est dès aujourd'hui qu'il faut tracer les étapes intermédiaires sur la voie de cette complète ''neutralité'' carbone en 2050. La France a engagé la révision de sa stratégie nationale bas carbone dans cette perspective.

L'Allemagne, la Finlande, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal et la Suède en appellent au ''réhaussement'' de l'ambition de l'Union européenne. L'enjeu est d'aligner les politiques climatiques européennes sur l'objectif fixé par l'Accord de Paris : zéro émission de carbone à l'horizon 2050. Pour retrouver son leadership et son exemplarité, l'Europe devrait présenter à la COP 24 sa contribution revisitée pour 2030.

Un objectif de -50% des émissions dès 2030

En clair, le cadre d'action européen en matière de climat et d'énergie à l'horizon 2030, fixé en 2014, qui consiste à réduire les émissions de gaz à effet de serre d'au moins 40% d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990, ne suffira pas à réaliser la neutralité carbone en 2050. Selon l'eurodéputé (Verts-Ale) Claude Thurmes, cet objectif d'étape devrait être de -50% afin de piloter sans trop d'à-coups la descente carbonique de l'Europe.

Les sept pays de cette "coalition des ambitieux" se veulent le fer de lance de politiques orientées vers le zéro émission. Comme l'a souligné Eva Svedling, secrétaire d'Etat pour l'action climatique en Suède, ''la science nous indique qu'il ne reste que quelques années pour éviter les effets les plus dévastateurs du dérèglement climatique. La Suède a adopté des objectifs climatiques nationaux exigeants, incluant un objectif de neutralité carbone d'ici 2045''.

Même détermination affichée du côté de la Finlande, dont le ministre de l'environnement et de l'énergie, Kimmo Tiilikanen a proposé de sortir du charbon d'ici 2029. A ses côtés, le vice-ministre chargé de l'environnement au Portugal Jose Gomes Mendez lui a emboîté le pas : son pays a décidé d'adopter un objectif de neutralité carbone pour 2050 et a insisté sur l'importance de fixer un objectif intermédiaire pour 2030.

Comme l'a souligné Eric Wiebes, ministre chargé des affaires économiques et climatiques aux Pays-Bas, ''les Pays-Bas se sont fixé un objectif de réduction d'émissions de gaz à effet de serre de 49% d'ici 2030 et souhaitent examiner les possibilités d'un réhaussement de l'objectif de l'Union européenne pour atteindre une réduction de 55% des émissions européennes d'ici 2030''.

Le Conseil européen du 22 mars dernier a appelé la Commission à proposer une stratégie de long terme pour l'Union européenne. La société civile participe à ce débat sous la forme d'une coalition, la plateforme 2050 pour un développement sobre en carbone, lancée en novembre 2016 à la COP 22 de Marrakech (Maroc). En relation avec cette plateforme, le World Resource Institute et le Programme des Nations unies pour le développement ont inauguré le 12 avril un site sur les stratégies de long terme.

Absence de déclaration politique

Pour accélérer cette nécessaire réorientation des politiques, les ministres en ont appelé à examiner les leviers et les trajectoires d'émission possibles au sein de l'UE, qui dispose d'une boîte à outils conséquente : le paquet énergie propre, notamment les directives relatives à l'efficacité énergétique et aux énergies renouvelables ainsi que celles relatives aux émissions de CO2 des véhicules, et les politiques sectorielles visées par la directive sur la répartition de l'effort, validée par le Parlement européen la semaine dernière, qui entrera en vigueur en 2020.

Pour Neil Makaroff, responsable des politiques européennes du Réseau action climat, ''pour être crédibles, ces pays devront enfin faire preuve de cohérence et d'ambition sur les outils qui permettront d'accélérer la transition écologique en Europe et au niveau national. Les chantiers en cours sur le paquet énergie européen, les normes d'émissions des voitures et poids lourds, ou encore la réforme de la politique agricole commune seront des marqueurs de cette cohérence avec la volonté affichée''.

Les ministres n'ont cependant pas publié hier de déclaration politique et l'Allemagne est restée en retrait. ''Pour des raisons de politique intérieure, les Allemands ne sont pas prêts à dévoiler leur contribution nationale pour 2030, ils veulent qu'on les laisse choisir leur trajectoire'', souligne un observateur. La coalition des ambitieux devra faire œuvre de persévérance. Dans l'immédiat, il est possible de jouer sur des leviers à court terme. La France propose d'introduire un prix plancher du carbone dans le secteur de l'électricité. Mais l'Allemagne s'y oppose.

Réactions5 réactions à cet article

 

Les politiques climat-énergie de notre pays (et de la plupart de pays de l’UE) sont basées sur l’hypothèse non prouvée que nos émissions de CO2 ont une action mesurable sur la température moyenne annuelle globale et sur le climat de notre planète. Il s’ensuit que les politiques énergétiques privilégient en principe les émissions bas carbone et elles sont censées, en outre, fournir des moyens de production conformes aux standards d’une production rationnelle d’énergie électrique, à savoir :
1. Elle doit être pilotable, adaptable en temps réel aux fluctuations de la demande. En particulier, elle doit être capable de gérer les heures de pointe (HP) et de réduire la production en fonction de la baisse de la demande en heures creuses (HC).
2. Elle doit être indépendante des caprices d’Eole et des cycles de Phébus.
3. Elle doit avoir un impact mineur sur l’environnement et la biodiversité
4. Le réseau de transport ne doit pas être soumis à des fluctuations brutales et aléatoires
5. Le prix du kWh doit être compétitif
6. La sécurité d’approvisionnement doit être garantie
7. Elle doit avoir un bilan carbone vertueux
Contrairement à ce qui nous est affirmé péremptoirement, le bilan carbone des éoliennes intermittentes est mauvais, de manière indirecte, car la gestion de l'intermittence en temps réel nécessite des centrales thermiques en soutien permanent, obligées de fonctionner en régime discontinu, ce qui dégage encore plus de CO2.

jipebe29 | 29 avril 2018 à 11h57
 
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Pour sauver la planète d’un problème vraisemblablement imaginaire, on met en place des filières qui vont à l’encontre de ce qui est souhaité. Les moyens préconisés (EnR intermittentes) vont à l’encontre des objectifs... Comprenne qui pourra !... Plus généralement, il est facile de vérifier que les éoliennes intermittentes (tout comme le solaire) ne satisfont à aucun des standards d’une production rationnelle d’énergie électrique : non pilotables, soumises aux caprices des vents, massacreuses de biodiversité ailée (ce qui perturbe gravement l’équilibre des écosystèmes locaux), sources de nuisances pour les riverains (infrasons), sources de variation brutales du réseau de transport, prix du kWh non compétitif, aucune sécurité d’approvisionnement en HP hivernale du soir, bilan carbone non vertueux, et ... racket institutionnalisé des ménages (taxe CSPE), ce qui fait que l’on se demande quelle est la justification de leur développement inconsidéré. Pour toute personne sensée, les EnR intermittentes, à la technologie du passé, adulées par les chantres de l’écologisme, n’auraient jamais dû voir le jour, car les filières de la surgénération, sur lesquelles travaillent et avancent plusieurs pays (Inde, Chine, USA, Russie), sont bien plus intéressantes.

jipebe29 | 29 avril 2018 à 12h01
 
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Comment voulez-vous que des ministres chargés de la lutte contre le réchauffement climatique fassent preuve d’un zeste de lucidité, de sens critique, et se rendent compte que les politiques climat/énergie axées sur les EnR intermittentes ont pour résultat une augmentation de nos émissions de CO2, comme le montre le navrant exemple de l’Allemagne ? Les seuls moyens de production d’électricité vertueux en termes de bilan carbone sont l’hydraulique et le nucléaire, mais là, la Pensée Unique verdâtre n’en veut pas....

jipebe29 | 29 avril 2018 à 12h08
 
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@jipebe29
Je ne sais pas si vous avez lu l'article mais la question des ENR n'est pas vraiment abordée. On parle de stratégie globale de réduction des GES. Et cela passe par la production électrique, oui mais pas seulement... On sent toutefois que le sujet vous tient à coeur !!!!

La fée des ronds | 30 avril 2018 à 11h07
 
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Encore de belles déclarations... Si l'objectif est effectivement la diminution de la production des GES, alors la priorité doit être aux actions dans les secteurs les plus producteurs. En Allemagne, le charbon est subventionné à hauteur de 5 milliards d'euros par an par l'Europe : belle cohérence... En France, c'est dans les domaines du chauffage et du transport qu'il faut agir, certainement pas dans la production d'électricité. Qu'on commence donc par améliorer l'isolation des vieux bâtiments et réduire la consommation des bagnoles, n'en déplaise aux gazo-pétroliers. On gagne plus de 10 milliards d'euros d'importation d'hydrocarbures par an ! Des milliards à déduire du budget de l'état, ou à distribuer en subventions pour inciter à ces efforts, n'en déplaise à Bruxelles et ses dogmes. Mais certainement pas en installant à tout crin des moulins à vent importés donc qui nous appauvrissent et qui vont bientôt nécessiter d'être secondés par des centrales à gaz, du fait de leur production imprévisible (double peine : importation d'hydrocarbures et d'éoliennes). Avec la LTECV, on marche sur la tête !

dmg | 01 mai 2018 à 11h29
 
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