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Le groupe d'experts sur la transition énergétique débute ses travaux

Jusqu'en juillet va se dérouler dans toute la France le débat national sur la transition énergétique qui conduira à une loi de programmation en octobre. Loin de se cantonner à un débat d'experts, ce débat se veut ouvert sur la société et pédagogique.

Energie  |    |  Agnès Sinaï Actu-Environnement.com

Ce mois de janvier aura vu l'intronisation des instances du grand débat sur la transition énergétique. La pluralité des thèmes qui seront abordés va de pair avec la diversité des acteurs représentés. Le Conseil national de la transition énergétique, qui rassemble une centaine de membres, animé par Laurence Tubiana, fixe les grandes orientations du débat national et son calendrier et formulera les recommandations finales. Le Comité de pilotage, présidé par Delphine Batho, veille à son bon déroulement. Le Comité citoyen assure l'accessibilité du débat au grand public, et le Comité de liaison du débat décentralisé facilite le débat dans les territoires. Cinq groupes de travail thématiques nourrissent les discussions. Les entreprises de l'énergie ne seront pas en reste puisqu'elles sont présentes au sein d'un groupe de contact spécifique. Quant au Groupe d'experts, il apporte un éclairage sur les problématiques et fournit une expertise sur les scénarios scientifiques.

L'ensemble de cette production est coordonné par le Secrétariat général, qui a en charge la délicate mission de produire le plan général du débat, et son "socle de connaissances", qui sera relu à l'aune des commentaires des autres instances, dont le Groupe d'experts. La synthèse sera établie par le secrétariat général : outre un éditorial de la ministre de l'écologie, ce soble incluera un état des lieux sur "pourquoi la transition énergétique", un cadre et des engagements, les enjeux de sa réussite, les objectifs et la méthode du débat national. A partir de cette rédaction initiale, le Groupe d'experts sera sollicité pour relecture. Sa contribution à la problématisation du débat sera intégrée. "Reste à éviter l'émiettement en propositions de détails, au détriment de la vision", analyse Thierry Salomon, référent thématique sur la sobriété et la maîtrise de l'énergie.

Eviter l' "expertocratie"

La cinquantaine de membres du Groupe d'experts reflète une diversité de sensibilités : l'énergéticien Thierry Salomon, président de l'association Négawatt, aux côtés de l'économiste Philippe Quirion chargé de quantifier les emplois créés par la transition, Marie-Christine Zélem, sociologue de l'énergie, Gerard Magnin, du réseau Energie-Cités, ou encore Bernard Laponche, expert indépendant et fin connaisseur du nucléaire, et Benjamin Dessus, président de Global Chance. Parmi les promoteurs et pionniers du Facteur 4, l'expert Pierre Radanne est également présent.

A l'autre bout de l'échiquier, des défenseurs de l'énergie nucléaire tels que Jean-Marc Jancovici (ingénieur Carbone 4) ou Jean-François Raux, de l'Union française de l'électricité (UFE). "La composition du comité d'experts s'est faite par consultation, sur la base des indications et suggestions proposées par les membres du Conseil national de la transition énergétique. C'est comme un bouquet de fleurs, il doit y avoir un équilibre des nuances. Toutes les sensibilités doivent être représentées", explique le président du Comité d'experts, l'économiste Alain Grandjean, proche de la Fondation Nicolas Hulot.

L'objectif du Comité d'experts n'est pas tant de produire une feuille de route, mais plutôt de poser les scénarios en présence, y compris à l'international et dans les autres pays de l'Union européenne. "Il sert aussi à éviter les erreurs, à garantir des prises de position correctes sans pour autant les prescrire", précise Alain Grandjean.

Surtout, il faut éviter l'impression d'un savoir prescrit, venu d'en haut : "Il s'agit plutôt d'un organe consultatif que prescriptif : si c'était le cas, on nous reprocherait une « expertocratie ». Ce n'est pas aux experts d'orienter le débat. Ils sont consultés et sollicités par les sous-groupes pour planter un décor. Nous avons voulu éviter un gouvernement des experts", précise le président du Comité d'experts.

Ouverture démocratique

"Le but n'est donc pas de prescrire tel ou tel scénario, mais de faire émerger des visions des scénarios énergétiques. Car il n'y a pas une seule transition énergétique, mais une gamme d'orientations possibles : le débat en soi porte sur qu'est-ce qu'une transition énergétique. Est-ce que c'est une sortie des énergies fossiles ? Est-ce que c'est une réduction du nucléaire ?", expose Alain Grandjean.

Le débat se veut aussi innovant sur le plan sociétal. "Il y a aussi une dimension plus philosophique dans ce débat. La transition énergétique est-elle un projet de société ? Un objet économique ? Une mobilisation de tous les acteurs ? Nous avons voulu démocratiser le processus, l'ouvrir à la société", précise le président du Comité d'experts. "Le but du jeu est de discuter les thèmes en fonction des sous-groupes, de faire émerger des points d'accord, thème par thème. La méthode de travail ne vise pas à faire consensus au sein du groupe des experts. Sur la question nucléaire, en l'occurrence, il n'y aura sans doute pas d'accord entre eux, et c'est le gouvernement qui tranchera. Mais avant cela, les citoyens aussi se seront exprimés : le débat se veut pédagogique, mais il entend aussi recueillir l'avis des citoyens. Il s'agit de faire remonter les représentations de l'énergie, les besoins, et de savoir ce que les citoyens sont prêts à accepter".

Autre nouveauté : l'approche non pas par l'offre, mais par la demande. La décentralisation du débat va permettre d'être au plus près des gestes des citoyens. Il s'agira d'un débat plus participatif que le Grenelle, promet Alain Grandjean, qui espère que la loi qui résultera de ce débat national mettra en cohérence les choix d'avenir et les mesures prises. "C'est sans doute ce qui différencie ce dispositif avec la Commission Energie 2050 qu'avait mise en place le ministre de l' industrie Eric Besson. Là il s'agissait d'une commission d'expertise qui n'était pas à ce point ouverte sur la société. Le débat national sur la transition énergétique se veut un dispositif très innovant, qui s'apparente à une conférence de citoyens. Il faut laisser sa chance à ce débat".

Réactions2 réactions à cet article

 

Déjà des mots plus convainquant ; espérons que les 50 se réunissent/y travaillent (pas dans leur coin quoi) une fois par jour et pas une fois par mois ; )

Lionel | 31 janvier 2013 à 11h36
 
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On est un grand pays, très créatif quand il s'agit de monter de tels "groupes d'experts", des commissions, des observatoires, des hautes autorités, des agences nationales, etc.
Des grands débats qui déboucheront sur des lois inbitables (grenelle), des pactes. Autant de choses que nous devrions exporter en Chine notamment, cela pourrait ralentir considérablement leur économie...

Albatros | 04 février 2013 à 11h19
 
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