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L'effacement a encore du mal à décoller

Elément de flexibilité du système électrique à part entière, l'effacement de consommation peine à atteindre la voie de la maturité. Le dernier appel d'offres lancé par le gestionnaire de réseau RTE n'a pas permis de réunir les capacités attendues.

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

Avec le développement des énergies renouvelables et la fermeture des centrales électriques de pointe, le système électrique doit gagner en flexibilité. L'effacement, qui consiste à annuler ou reporter des consommations en période de tension, constitue un élément à part entière de flexibilité. Il contribue à assurer l'équilibre offre - demande et à ajuster la fréquence, tout en évitant la construction de nouveaux moyens de production.

 
L'effacement en bref En 2017, 1.810 MW de capacités d'effacement ont été certifiés sur le mécanisme de capacité. 1.900 MW pour l'année 2018. Concernant le dispositif Nebef (pour "notifications d'échange de blocs d'effacement"), fin 2017, 22 acteurs avaient contractualisé avec RTE pour participer à ce mécanisme, pour un volume d'effacement de 39 GWh (contre 11 GWh en 2016).

Les volumes contractualisés de réserve rapide s'établissent à 1.319 MW, dont un peu plus de la moitié est fournie par des capacités d'effacement. "Pour ce qui concerne la réserve complémentaire, le volume souscrit est assuré principalement par des actifs de production", indique RTE. Globalement, les effacements industriels sont en forte croissance.
 
Pour accélérer le développement de l'effacement, la France a prévu de lancer une série d'appels d'offres annuels entre 2018 et 2023. Ces appels d'offres, pilotés par le gestionnaire de réseau RTE, ciblent deux types de consommateurs : les sites dont la puissance souscrite est inférieure à 1 MW et les sites d'une puissance supérieure à 1 MW. Pour l'édition 2018, les pouvoirs publics attendaient un volume maximal d'effacement de 300 MW pour les premiers sites, de 1.900 MW pour les seconds. Finalement, un volume total de 733 MW de capacité d'effacement a été retenu, pour un soutien financier de 11,2 M€.

Les lauréats s'engagent à mettre à disposition leur capacité d'effacement pendant une période de disponibilité minimale sur les réserves rapide et complémentaire, ou le mécanisme d'ajustement et/ou Nebef. "L'appel d'offres effacement offre un complément de rémunération aux capacités engagées dans les réserves rapides ou complémentaires (RR/RC) et un bonus de 2.000 €/MW est prévu dans ce complément de rémunération, pour les capacités qui choisissent de participer 60 jours ouvrés aux réserves RR/RC (par rapport à celles qui ne s'engagent qu'à 20 jours sur le marché de l'énergie)", indique RTE.

Bientôt, les sites avec des générateurs diesels seront exclus

Après analyse des offres reçues (40 pour un volume offert de 849 MW), RTE a retenu 29 offres, de sept candidats différents. Six concernent des sites d'une puissance inférieure de 1 MW (34 MW) et 23 des sites de grande puissance (699 MW). Elles ne couvrent pas la moitié du volume attendu, et même moins de 15% pour les petits sites de consommation ou d'effacement diffus…

"Il convient de noter que, contrairement à 2017, les sites lauréats de l'appel d'offres interruptibilité pour l'année 2018 n'étaient pas autorisés à proposer des puissances d'effacement dans le cadre du présent appel d'offres effacement", souligne RTE. L'interruptibilité est une mesure d'urgence, qui prévoit que les sites industriels faisant partie de ce mécanisme coupent leur consommation électrique en cinq secondes. Vingt deux sites sont engagés dans ce dispositif, pour un volume de 1.530 MW.

"Un tiers de la puissance retenue correspond à un engagement de mise à disposition sur les réserves rapide et complémentaire. Ceci démontre que l'articulation proposée au sein de l'AOE 2018 avec les réserves rapide et complémentaire a incité efficacement les capacités à se positionner dès à présent sur ce segment de marché à haute valeur ajoutée pour le système électrique", analyse RTE. La réserve rapide est activable en moins de 15 minutes et pendant 2h. La réserve complémentaire l'est en moins de 30 minutes et pendant 1h30. Elles sont constituées de moyens de production et de capacités d'effacement.

"Il convient de noter que six offres (représentant 217 MW) ont eu recours à la possibilité pour une même offre (voire un même site), de proposer des puissances (exclusives) sur les deux options de mise à disposition, à savoir : 60 jours en RR/RC et 20 jours sur le mécanisme d'ajustement ou sur Nebef", qui permet une valorisation directe de l'effacement sur le marché de l'énergie, ajoute RTE.

A noter également : alors que les pouvoirs publics souhaitaient voir baisser la part des effacements liés à des moyens d'autoproduction classiques (autrement dit des groupes électrogènes au diesel, appelés aussi effacements gris), ceux-ci représentent encore 45% des lauréats (331 MW) malgré la mise en place d'un malus. En 2019, ce malus augmentera encore, et à compter de 2020, ces capacités d'effacement ne seront tout bonnement plus éligibles.

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