En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Les émissions de CO2 des voitures neuves vendues en Europe repartent à la hausse

L'année 2017 marque une reprise des émissions de CO2 des voitures neuves vendues en Europe. Le recul du diesel et la popularité des SUV expliquent cette évolution. Les hybrides sont la meilleure alternative à court terme.

Transport  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°379 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°379
[ Voir un extrait du numéro | Acheter le numéro]

Pour la première fois depuis dix ans, les émissions de CO2 des voitures neuves vendues en Europe augmentent. Elles ont progressé de 0,3 gCO2/km, pour atteindre 118,1 gCO2/km, selon les chiffres compilés par Jato Dynamics. Le recul des ventes de diesel combiné à l'essor des immatriculations de SUV expliquent cette tendance, estime le cabinet de conseil spécialisé dans l'analyse des tendances du marché automobile.

"L'objectif européen de 95 gCO2/km pour 2021 pourrait être difficile à atteindre, si la demande de diesel devait continuer à baisser et les véhicules électriques ne parvenaient pas à combler l'écart", prévient Jato Dynamics. Les ventes de diesel ont reculé de 7,9%, à 6,77 millions d'unités, soit 43,8% des immatriculations européennes. Cette chute marque le point le plus bas depuis 2003, loin du sommet atteint en 2011 (54,9% des ventes de voitures).

Les données collectées par le cabinet de conseil montrent que les voitures diesel vendues dans l'Union européenne en 2017 affichent une moyenne d'émissions de 117,9 gCO2/km. Un niveau inférieur à celui des véhicules à essence qui émettent en moyenne 123,4 gCO2/km, soit 5,5 gCO2/km de plus. Jato Dynamics note aussi que les véhicules diesel vendus en 2017 ont une puissance moyenne de 142 chevaux, alors que les véhicules essence ont une puissance de 123 chevaux, "ce qui montre que les diesels sont choisis par les clients qui privilégient la puissance".

Miser sur l'hybride à court terme

Les résultats des marques présentes sur le marché européen varient sensiblement de l'une à l'autre. Les trois constructeurs français voient leurs émissions progresser et leur classement se dégrader : Peugeot perd sa première place et se classe dorénavant 2ème avec une hausse de 2,7 gCO2/km à 104,5 gCO2/km, Citroën perd aussi une place et arrive 3ème avec une hausse de 2,2 gCO2/km à 105,5 gCO2/km et Renault se maintient en 4ème place avec une hausse de 1 gCO2/km à 106,5 gCO2/km. A l'opposé, les constructeurs asiatiques voient leurs émissions moyennes baisser, à l'image Toyota qui progresse de trois places et prend la tête du classement avec des émissions en baisse de 2,7 gCO2/km à 101,2 gCO2/km. Jato Dynamics note que Peugeot est pénalisé par sa présence accrue dans le segment des SUV, notamment avec le succès de la 3008. A l'inverse, Toyota est plus que jamais devenu le champion des véhicules hybrides, ceux-ci représentant la moitié des immatriculations de la marque. "Cette utilisation de véhicules hybrides par Toyota suggère que les hybrides complets peuvent être la meilleure alternative aux véhicules diesel à court terme."

Du côté de Etats membres, la France est 6ème avec des émissions quasi-inchangées à 110,7 gCO2/km (+0,5 gCO2/km). La Norvège conforte sa première place avec une chute des émissions moyennes des voitures neuves de 10,1 gCO2/km, à 83,6 gCO2/km.

Réactions5 réactions à cet article

 

Bonjour,

Vous allez voir : les probables +15% liés au passage à la nouvelle norme (NEDC à WLTP) vont être imputés à la fin du diesel...

Nicolas | 13 mars 2018 à 02h17
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Le secteur automobile est main dans la main avec celui du pétrole, il faudrait être particulièrement naïf pour imaginer qu'il pourrait chercher à diminuer la consommation de carburant ! J'ai un petit véhicule diesel acheté il y a 8 ans qui me donne totalement satisfaction, et consomme moins de 5 l/100km : son équivalent n'existe plus aujourd'hui... c'est ça le progrès ?! La solution hybride, ce n'est jamais qu'une fuite en avant et éviter la seule question qui vaille : pourquoi mettre des monstres aussi gros et lourds sur les routes ?! L'urgence, c'est de réduire la taille et le poids des véhicules, ce qui limite la consommation de carburant et également le pillage de ressources, métaux en particulier. Ce n'est pas de les rendre encore plus gros, plus chers et plus sophistiqués. Pour cela, il n'y a qu'une politique fiscale dure (vignette dissuasive sur la puissance du véhicule) pour faire bouger les choses. Quel gouvernement s'y osera ?!

dmg | 13 mars 2018 à 08h41
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Bonjour M. Collet, il aurait été intéressant que vous creusiez des pistes de solutions. Par exemple analyser les causes de la forte baisse des émissions de la Norvège, liées à l'électrification de leur parc automobile. Ou alors aller dans la direction suggérée par DMG, cad une taxe basée sur le poids du véhicule, puisque consommation et poids sont directement liés.

Patrick | 13 mars 2018 à 13h40
 
Signaler un contenu inapproprié
 

@ Patrick,
non, non, j'insiste, c'est bien la puissance qu'il faut taxer : il faut casser l'image de la bagnole, et les gens ne voudront pas acheter des "veaux", et donc le poids va également baisser ! Par contre, la puissance, c'est TOUTE la puissance : pour un hybride, c'est thermique + électrique (1 CV ~ 0.75 kW), pour éviter les monstres surgonflés aux accélérations mortelles.
Exemple de calcul : un seuil à 50 CV pour le véhicule + 10 CV par personne ou mètre cube transporté, et 10 € de vignette annuelle par CV supplémentaire, sauf usage particulier. Et interdire l'immatriculation des véhicules au-delà de 50 CV de dépassement.

dmg | 13 mars 2018 à 18h36
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Bonjour,
Je viens d’acquérir une Zoe, donc tout électrique, l'affichage au tableau de bord est axé sur la consommation, l'idée étant de faire le plus de km possible avec l'énergie disponible, c'est une approche de la "puissance" bien plus raisonnable.
Le gros problème, pour moi, reste la conception des batteries même en admettant qu'elles auront une seconde vie.
Vivement le V2G, en attendant je vais passer à l'autoconsommation et au contrat électricité verte.

jakow29 | 14 mars 2018 à 18h18
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question au journaliste Philippe Collet

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…