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RT 2012 : une norme qui ne coûte(rait) pas plus cher

Alors qu'elle est décriée par nombre de professionnels de la construction, les surcoûts engendrés par la RT 2012, compensés à long terme par les économies d'énergie selon le CGDD, seraient modérés par rapport à la RT 2005.

Energie  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com

Depuis le 1er janvier 2013, les logements neufs doivent respecter les normes de la Réglementation thermique 2012 (RT 2012) qui impose le niveau BBC (bâtiment basse consommation), soit un niveau de consommation en énergie primaire plafonné à 50 kilowattheures (kWhep) par m2 et par an en moyenne dans l'individuel. Les logements collectifs bénéficient d'une dérogation permettant une consommation maximale de 57,5 kWh/m2/an jusqu'au 31 décembre 2017. Ce qui correspond à "une division par 3 ou 4", selon les cas, de la consommation maximale prévue par la RT 2005, chiffre le Commissariat général au développement durable (CGDD), dans une étude parue le 15 décembre.

La RT 2012 constitue un "palier important" vers la réduction de la consommation énergétique du résidentiel neuf par rapport à la RT 2005, estime le CGDD. "En supposant, par exemple, une part de l'électricité de 70%, la consommation d'énergie finale annuelle de 1.500 millions de m2 de logements correspondrait à 3,7 Mtep [millions de tonnes équivalent pétrole] selon les normes de la RT 2012 contre 11,1 Mtep selon les normes de la RT 2005, soit une économie théorique de 7,4 Mtep".

Le chauffage électrique coûte moins cher

Si le CGDD souligne des surcoûts de construction de ces logements moins énergivores, ce surinvestissement est amorti par les économies réalisées sur la facture énergétique. Ainsi, la différence de coût entre une construction respectant la RT 2005 et une construction respectant le label BBC est estimée à environ 14% dans l'individuel et à 9% pour le collectif, précise l'étude.

"Dans le collectif comme dans l'individuel, les coûts de la construction sont affectés par le choix de l'énergie de chauffage utilisée dans le logement." L'utilisation de l'électricité comme énergie de chauffage reste la moins onéreuse : "En comparaison avec le gaz, l'électricité conduit à des coûts de construction respectivement 6% et 4% moins élevés dans l'individuel et le collectif".

Un "nombre important" de logements neufs sont également dotés d'un système de chauffage utilisant des énergies renouvelables (EnR) "accessibles". Parmi les maisons utilisant l'électricité, le bois est souvent l'énergie d'appoint. Le coût de construction des maisons chauffées uniquement à partir de l'utilisation d'EnR est de 2% plus élevé que les maisons chauffées au gaz et de 6% plus élevé que celles chauffées à l'électricité. L'installation d'une pompe à chaleur "dans l'individuel pur et l'individuel groupé" conduit cependant à "un surcoût plus important", de l'ordre de 13% en comparaison avec les maisons équipées par un système uniquement électrique. Dans le collectif, le surcoût des constructions reliées à un système de réseau de chaleur, "en comparaison avec des logements chauffés au gaz n'apparaît pas significatif".

Economies d'énergie : de 390 à 650 euros par an

Ces surcoûts apparaissent "modérés dans la mesure où ils seront compensés par les économies d'énergies réalisées" à long terme pour les ménages occupants, démontre le CGDD. Il a calculé le montant de ces économies (Voir tableau), selon le type de logement (individuel de 120 m2 ou collectif de 80 m2), l'énergie utilisée pour le chauffage (gaz ou électricité), pour une température de confort à 19°C. Il a ensuite évalué les économies annuelles théoriques sur la facture, en estimant le gain en énergie primaire de 100 kWhep/m2/an et en prenant les prix de l'électricité et du gaz observés en 2014 (respectivement 12 et 5 centimes d'euros par 100 kWh(ef) d'énergie finale).

Surcoûts de construction et des économies d'énergie théoriques entre la RT 2005 et le label BBC selon quatre cas-type (en euros) © CGDD
 

Résultats : le passage de la RT 2005 au label BBC permettrait de gagner entre 390 et 650 euros par an, selon le type de logement et le type d'énergie. "Actualisées sur 25 ans, ces économies compensent partiellement le surcoût de construction pour l'individuel et le collectif". La compensation serait complète à partir d'un taux de croissance annuel des prix de l'électricité de 3,5% dans l'individuel et de 1,1% dans le collectif. Pour les logements dont l'énergie de chauffage est le gaz, la compensation serait complète dans l'individuel à partir d'un taux de croissance annuel des prix du gaz de 3,1% dans l'individuel et de 1,1% dans le collectif, conclut l'étude.

Réactions1 réaction à cet article

 

La RT2012 nous coûte absolument plus cher ! Le calcul en énergie primaire (kWh multiplié par 2,58 pour tenir compte du rendement des centrales nucléaires) a conduit les constructeurs à substituer l'électricité par le gaz pour le chauffage des logements (bravo pour l’empreinte carbone). Les importations de gaz nous coutent évidemment plus cher que la consommation d'électricité produite sur notre territoire, le coût de l'électricité en France étant de plus un des plus faibles d'Europe. Ce calcul est donc spécieux, mais bien dans la veine de ceux (écolos et gaziers main dans la main, comme souvent) qui ont imposé ce changement de norme avec comme seul objectif de réduire la consommation d'électricité, quelles qu'en soient les conséquences, car produite essentiellement par le nucléaire ! Parce que, comment ferait-on si elle était produite par du solaire (rendement 15%, donc multiplier les kWh par 6,7) ou l'éolien (rendement 30%, donc multiplier les kWh par 3,3) ?! J'en doute fort... Et en attendant, on continue à construire des bâtiments soit-disant HQE ou BBC qui sont dans les faits de véritables passoires : là devrait être la plus forte contrainte, là est le scandale (fort semblable à celui des traficotages de Volkswagen) !

dmg | 17 décembre 2015 à 18h38
 
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