Robots
Cookies

Préférences Cookies

Nous utilisons des cookies sur notre site. Certains sont essentiels, d'autres nous aident à améliorer le service rendu.
En savoir plus  ›
Actu-Environnement

Plastiques compostables : une bonne dégradation en compostage industriel

Une étude réalisée par la chaire CoPack montre que les plastiques compostables se dégradent globalement bien dans des conditions de compostage industriel. Mais ces résultats sont hétérogènes et certaines résines semblent résister au procédé.

Déchets  |    |  P. Collet
Plastiques compostables : une bonne dégradation en compostage industriel

Les chercheurs de la chaire CoPack, qui rassemble AgroParisTech, l'Inrae, l'université de Montpellier et divers acteurs de l'emballage, viennent de publier un article dans Bioresource Technology (1) qui montre la biodégradation des emballages certifiés compostables dans un site de compostage industriel en conditions réelles.

L'étude, validée par les pairs scientifiques, a été menée sur deux lots de biodéchets de 20 tonnes chacun : un lot témoin composé uniquement de biodéchets collectés directement auprès des ménages du département de l'Hérault et l'autre composé des mêmes biodéchets auxquels ont été ajoutés des emballages en plastique compostable (le lot « matériaux »).

Concrètement, les biodéchets ont d'abord été nettoyés manuellement, puis divisés en deux lots. Ensuite 322,5 kg de plastiques certifiés compostables ont été ajoutés au lot « matériaux ». Au total, les plastiques compostables ajoutés sont de dix types différents. Y figurent six plastiques certifiés pour le compostage industriel (pour un poids de 167,5 kg) et quatre emballages certifiés pour le compostage à domicile (pour un poids de 155 kg). Cinq types d'emballages sont des plastiques souples (des sacs et des films), pour un total de 185 kg. L'autre moitié sont des emballages rigides (des barquettes et des capsules de café), pour un total de 137,5 kg. Quant aux résines, il s'agit de mélanges polyester/amidon, de polybutylène adipate téréphtalate (PBAT), d'acide polylactique (PLA) ou encore de polyhydroxyalcanoates (PHA).

“ Aucun effet de l'incorporation de ces matériaux compostables sur le processus de compostage n'a été observé ” Chercheurs de la chaire CoPack
Les deux lots ont ensuite été disposés en deux andains distincts en plein air. La chaire CoPack explique qu'« aucun effet de l'incorporation de ces matériaux compostables sur le processus de compostage n'a été observé ».

Des résultats variables selon les emballages

Les plastiques compostables sont dégradés à 85 % (en poids) après quarante-neuf jours, soit à la fin de la phase thermophile (phase active du compostage). Après maturation, soit au 128e jour, une biodégradation presque complète des plastiques colorés a été mesurée (98 % de dégradation en poids). Les chercheurs constatent que la plupart des particules de plastique coloré étaient inférieures à 10 mm après dix-huit jours et toutes étaient inférieures à 5 mm après cinquante-neuf jours.

Pour autant, l'étude note des différences selon les familles de matériaux, avec une récupération inférieure à 1 % en poids pour les mélanges amidon/polyester et les matériaux à base de PLA. Ces matériaux, qui obtiennent les meilleurs résultats, composaient l'essentiel des emballages incorporés.

En revanche, environ 32 % en poids des capsules de café PHA sont restées dans le compost final (20 kg avaient été incorporés). L'étude explique que ce résultat « était inattendu étant donné que les PHA sont connus pour être des polymères facilement biodégradables ». Pour justifier ce résultat, les chercheurs expliquent avoir incorporé des capsules neuves et vides. En outre, l'épaisseur des capsules (3 mm) et leur forme étroite « ont empêché une désintégration efficace ».

L'étude note aussi qu'il était fastidieux de récupérer les plus petits fragments de plastiques transparents. Toutefois, « la courbe de perte de masse était plus bruyante et apparemment plus lente que celle des plastiques colorés ». L'étude suggère que cela est lié à la présence de sacs et de barquettes en plastique conventionnel qui n'ont pas été identifiés lors du nettoyage initial de la pile de déchets. À l'issue de l'expérience, l'analyse des fragments de taille supérieure à 12 mm révèle la présence de plastique compostable transparent, mais aussi d'autres plastiques non compostables.

Enfin, les analyses de la sécurité et de la qualité du compost final montrent que le compost du lot « matériaux » respecte les exigences de la norme NF U44-051 relative aux amendements organiques ainsi que les critères de l'agriculture biologique. Aucune écotoxicité n'a été montrée sur les plantes, les vers de terre et les daphnies.

1. Télécharger l'étude de la chaire EcoPack
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-43962-etude-copack-plastiques-compostables-compostage-industriel.pdf

RéactionsAucune réaction à cet article

Réagissez ou posez une question au journaliste Philippe Collet

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
Tous les champs sont obligatoires

Partager

TOMRA est une « solution à guichet unique » pour le tri des plastiques TOMRA
CRAMBO, broyeur lent universel pour le bois et les déchets verts HANTSCH