En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Exposition des riverains aux pesticides : Générations futures s'interroge sur la méthodologie

Risques  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com

"C'est sur des données vieilles de plus de 30 ans que l'évaluation de l'exposition a été faite et avec uniquement des distances testées de 3, 5 et 10 mètres, très limitées ! ", a regretté Générations futures devant la proposition de distances de sécurité minimales à respecter lors du traitement par des phytosanitaires.

Le gouvernement a en effet mis en consultation, le 9 septembre jusqu'au 1er octobre les projets de décret et d'arrêté encadrant l'usage des produits phytosanitaires.

Comptant initialement sur les bonnes pratiques des agriculteurs, le Gouvernement avait finalement décidé en juin dernier de mettre en place des zones non traitées. Il se base pour cela sur deux rapports d'expertises : l'un de l'Anses et l'autre des inspections des ministères de l'Agriculture, de l'Ecologie et de la Santé. En outre, le Conseil d'Etat a en juin partiellement annulé l'arrêté du 4 mai 2017 réglementant l'utilisation des pesticides, "au motif que ces dispositions ne protégeaient pas suffisamment la santé publique et l'environnement".

Une nouvelle méthodologie disponible en 2021

Concernant l'expertise de l'Anses, Générations futures déplore notamment qu'elle repose sur une méthodologie harmonisée au niveau européen aujourd'hui en cours d'actualisation. L'autorité européenne en charge de la sécurité sanitaire des pesticides à l'échelle européenne, l'Efsa, prévoit de finaliser la prochaine version en 2021.

"Les estimations se basent sur des modèles d'exposition définis à partir de mesures dans les conditions réelles d'utilisation sur différents types de cultures, a,quant à elle, réagi l'Anses dans un communiqué. Ces modèles ont été établis avec des matériels de pulvérisation qui sont aujourd'hui considérés comme peu performants en ce qui concerne la réduction de la dérive. Ainsi, les estimations des expositions peuvent être considérées comme des "pires cas". L'actualisation de la méthodologie de l'EFSA en cours permettra de prendre en compte de nouvelles données d'exposition mesurées avec des matériels de pulvérisation les plus récents".

Les distances de sécurité minimales vont continuer d'alimenter le débat. Une cinquantaine d'élus désormais ont déposé des arrêtés en préfecture pour interdire l'épandage de pesticides à moins de 150 mètres des habitations.

Réactions3 réactions à cet article

 

Je ne peut que conseiller de répondre à la consultation sur la base du texte de Générations Futures: complet et argumenté.
En complément mais ne répondant pas directement à la question, on mesure le poids des lobbies et leur totale prise de pouvoir sur ministères, administrations, Préfets, C.A bien sur qui sont maintenant "aux ordres".
Quel tristesse pour des personnes entrées dans les services publics pour servir l’intérêt général de devoir obtempérer aux ordres de la mafia de la corporation (car il ne s'agit plus d'un syndicat) de la production intensive.
Quel dévoiement de la fonction préfectorale théoriquement chargé de veiller à la bonne application des lois que de devoir prendre des dérogations pour légaliser les "hors la loi".
Tout fou le camp ma p'tite dame!!!

le neurone en vadrouille | 16 septembre 2019 à 11h27
 
Signaler un contenu inapproprié
 

@ le neurone en vadrouille : vous avez parfaitement raison sur le constat. Comment s'étonner que le taux de défiance des français à l'égard des institutions, exception faite des maires, ne cesse de croître ? C'est grave pour l'avenir d'une démocratie, cette érosion de la confiance.
La compromission des décideurs locaux et nationaux à l'égard du diktat d'un modèle agricole très agressif et brutal envers la nature et les hommes doit cesser immédiatement. L'Etat doit également revoir en profondeur le rôle et le positionnement des chambres d'agriculture, sous influence directe de la FNSEA pour la plupart.
La société est bien en train d'opérer un virage vers les préoccupations environnementales (cf dernière enquête Ipsos Sopra-Steria), les institutions à tous niveaux doivent en tenir compte.

Pégase | 16 septembre 2019 à 13h35
 
Signaler un contenu inapproprié
 

La main mise des lobbies sur les institutions ce n'est pas nouveau, hélas. Ce qui change c'est que maintenant le français moyen est au courant et ne veut plus s'en laisser compter, mais de là à croire que le gouvernement pourrait changer de trajectoire, faut pas être innocent à ce point; La solution c'est de virer tout ce beau monde pour adopter les bonnes solutions. Il faut complètement revoir la gouvernance de ce pays, voire de l'Europe, vers une véritable mise en place de la transition sociale, économique et environnementale qui nous permettrait de sortir de l'impasse actuelle. Alors rendez vous en 2022 et en attendant sachons résister, nous faire entendre et agir autant que faire se peut.

la souris verte | 17 septembre 2019 à 01h25
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Dorothée Laperche

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager