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Le golf du Cap d'Agde s'achemine vers un arrosage avec des eaux usées traitées

La mairie du Cap d'Agde a obtenu le feu vert du préfet et du Coderst pour l'arrosage de son golf avec des eaux usées traitées. Le système devrait être opérationnel en 2019. Retour sur les éléments qui ont permis à ce projet de voir le jour.

Eau  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com
Le golf du Cap d'Agde s'achemine vers un arrosage avec des eaux usées traitées

Une partie des pelouses du Golf du Cap d'Agde pourrait bien être arrosée avec de l'eau usée traitée (Reut) début 2018. Le projet de la mairie du Cap d'Agde a en effet franchi les principales étapes vers la mise en œuvre de l'utilisation de cette ressource alternative. L'équipe a obtenu l'autorisation du préfet en juillet, suivi du feu vert du Conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst). Jeudi prochain, la commission d'appel d'offres se réunira pour étudier les propositions d'irrigation du golf municipal grâce à l'eau traitée de la station d'épuration. Elle devrait statuer d'ici la fin de l'année.

 
La mairie a opté pour un système de traitement par ultrafiltration membranaire pour l'extension de la station d'épuration. (...) si nous ne prenions pas l'ultrafiltration membranaire nous savions que nous n'aboutirions jamais sur la réutilisation des eaux  
Olivier Archimbeau, Communauté d'agglomération Hérault Méditerranée
 
Peu développée en France, cette solution provoque des réactions très contrastées, entre l'attrait des opérateurs pour ce nouveau marché, l'intérêt de certaines collectivités pour palier des situations de tension, la méfiance des agences régionales de santé (ARS) et la volonté d'encourager des pratiques conduisant à une consommation plus économe de la ressource.

En août dernier, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture ont quant à eux indiqué qu'ils favoriseraient la réutilisation des eaux usées traitées, "quand cela est pertinent", lors de la présentation de leur plan pour faire face aux épisodes de stress hydrique.

Un assouplissement réglementaire

L'évolution favorable du projet du golf d'Agde a bénéficié de différents coups de pouce. Tout d'abord, une évolution des textes : l'arrêté de juin 2014 a ainsi entrouvert la porte au projet. Dans les cartons de la mairie depuis 2003, la réalisation de ce dernier s'était heurté jusqu'alors aux obstacles de la réglementation. Parmi les évolutions qui ont profité au projet figurent notamment la possibilité de pratiquer l'aspersion avec de la basse pression à proximité des habitations et l'encadrement des conditions météorologiques. "Il faut vraiment répondre ligne par ligne à la réglementation, conseille Olivier Archimbeau, directeur Eaux assainissement de la Communauté d'agglomération Hérault Méditerranée.  Prouver à l'ARS que nous prenons l'entière responsabilité du projet. Lorsque nous avons des conditions météo très défavorables, il faut repasser par de l'eau potable, nous allons également mettre en place un système de surveillance avec tous les outils analytiques. Nous communiquerons l'ensemble des résultats d'analyse".

La qualité de l'eau en sortie de station d'épuration a également compté. L'espoir de la concrétisation du projet de Reuse avait en effet orienté le Cap d'Agde dans ses choix d'infrastructures. "La mairie a opté pour un système de traitement par ultrafiltration membranaire pour l'extension de la station d'épuration, précise Olivier Archimbeau. La première motivation était l'obtention d'un rejet au niveau de l'Hérault de niveau qualité des eaux de baignade. Le fleuve débouche sur nos deux plages – nous voulions éviter de les fermer pour cause de contamination bactériologique l'été. La seconde était que si nous ne prenions pas l'ultrafiltration membranaire nous savions que nous n'aboutirions jamais sur la réutilisation des eaux traitées". L'extension de la station a été réceptionnée en 2013.

Un soutien financier à 80% de l'agence de l'eau

Autre levier pour la réalisation du projet : l'appui financier conséquent de l'agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse. Celle-ci a soutenu à hauteur de 80% le montant total du projet atteignant 5.5 M€ HT environ.

La société Suez sera en charge de fournir l'eau épurée conforme à la réglementation en sortie de station puis de l'acheminer vers le réservoir de stockage du golf. La présence d'une canalisation existante a également joué pour l'équilibre financier du projet. "Nous ne pouvons pas utiliser les canalisations d'eaux usées ou potable pour transporter l'eau traité : nous allons utiliser et réhabiliter une ancienne canalisation qui était à proximité pour amener l'eau jusqu'au golf, explique Jany Arnal, directeur régional de Lyonnaise des Eaux Pyrénées Méditerranée. S'il avait fallu dépenser 10 millions d'euros supplémentaires pour transporter de l'eau, le projet aurait une rentabilité différente".

Le prix du mètre cube d'eau vendu au golf devrait se situer autour des 15 cts d'euros. Pour mémoire, pour la période 2014-2015, ce dernier a consommé pour l'irrigation de ses parcours près de 260.000 m3/an. En juillet, sa consommation présentait un pic à 60.000 m3/mois.

Les eaux usées épurées pourront également permettre au golf de réaliser des économies d'éléments fertilisants. Ces eaux contiennent en effet encore des composés azotés et phosphorés. "Considérant une réduction de l'ordre de 20% induite par la Reut, les quantités de produits fertilisants économisées sont estimées à 3.500 kg/an", souligne la mairie.

Au final, l'objectif est d'alimenter l'ensemble du golf avec de l'eau usée traitée en 2019. "Nous ne pouvons pas fermer complètement le golf pour les travaux, nous allons donc procéder par tranche de 9 trous pour alimenter le parcours de 18 trous", projette Olivier Archimbeau. L'arrosage de la première partie pourrait débuter en 2018.

Après ce premier pas franchi, le directeur Eaux assainissement de la Communauté d'agglomération Hérault Méditerranée ambitionne d'arriver à irriguer au goutte à goutte une partie des espaces verts du Cap d'Agde. Cette seconde étape devra toutefois dépasser l'obstacle financier lié à l'extension du réseau de canalisation. "Le coût des travaux se situe entre un et deux millions d'euro, c'est là que le bât blesse", reconnaît Olivier Archimbeau.

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