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Les impacts environnementaux de l'huile de palme à l'étude

Les 15 et 16 novembre se tiendra en Indonésie la conférence internationale ICOPE 2007 qui abordera la production du palmier à huile et ses impacts notamment sur l'environnement : déforestation, perte de la biodiversité, changement climatique…

Biodiversité  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
   
Les impacts environnementaux de l'huile de palme à l'étude
   
Les 15 et 16 novembre 2007, se tiendra en Indonésie la conférence internationale sur le palmier à huile et l'environnement ICOPE 2007 (International Conference on Oil Palm and Environment), qui est co-organisée par le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), SMART (Sinar Mas Agribusiness Resources and Technology) et WWF Indonesia.

L'huile de palme est utilisée dans nombre de produits alimentaires comme la margarine, les confiseries et les plats pré-cuisinés mais aussi les cosmétiques et la production de biocarburants. L'Indonésie et la Malaisie détiennent à elles-seules 85 % du marché mondial et ne cessent d'accroître leur production dans un marché en expansion constante. C'est la première fois qu'un congrès scientifique sur le palmier à huile se focalise principalement sur les effets sur l'environnement, précise Jean-Luc Battini, Chef de l'Unité propre de recherche (Upr) Performance des systèmes de culture des plantes pérennes du Cirad. En effet, l'Asie et tout particulièrement la Malaisie et l'Indonésie, voit se multiplier depuis les années 60, les plantations familiales et industrielles de palmiers à huile, responsables de la destruction des zones forestières tropicales et de la biodiversité qu'elles abritent.

L'Indonésie qui possède près de 80% des dernières forêts tropicales primaires d'Asie du Sud-Est ( îles de Bornéo, de Sumatra et en Irian Jaya), a perdu en 50 ans 72% de ses forêts anciennes. L'équivalent d'un terrain de football de forêts disparaît en Indonésie toutes les dix secondes, soit deux millions d'hectares tous les ans. 90% des forêts indonésiennes ont été rasées, a averti l'organisation écologiste Les Amis de la Terre dans le cadre d'une campagne de sensibilisation, lancée en juin dernier sur la disparition des orangs-outans. Les plantations de palmier à huile, qui ont sextuplé depuis 1985 en Indonésie, seraient ''responsables'', selon les Amis de la Terre, d'au moins la moitié de la réduction de l'habitat des orangs-outans entre 1992 et 2003. Il ne resterait plus aujourd'hui qu'entre 45.000 et 69.000 orangs-outans sur Bornéo et environ 7.300 sur Sumatra, indique l'organisation qui ajoute que chaque année, 5.000 orangs-outans disparaissent. Un rapport de la même ONG publié en juillet 2007 accusait notamment Wilmar, une société de négoce d'huile de palme, d'exploiter illégalement les forêts tropicales, de provoquer d'immenses incendies et de violer les droits des communautés locales en Indonésie.

Selon le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), la superficie des plantations de palmiers à huile pourrait avoir triplé et atteindre 16,5 millions d'hectares d'ici 2020. Aussi, d'après un rapport de Greenpeace publié le 8 novembre et intitulé ''Cooking the climate'' (Cuire le climat), la destruction des forêts et tourbières en Indonésie, pour répondre à cette demande d'huile, accélérerait le réchauffement climatique provoquant l'émission de 1,8 milliard de tonnes de CO2 chaque année, soit 4% des émissions de gaz à effet de serre (GES) mondiales annuelles.

Selon Greenpeace, la disparition totale des forêts et tourbières de la province de Riau (centre de l'île de Sumatra) pourrait libérer à terme l'équivalent de la production mondiale annuelle de gaz à effet de serre. Sur cette province, des projets massifs d'expansion porteraient sur plus de 3 millions d'hectares, souligne l'organisation écologiste. Cette expansion aura des conséquences dramatiques sur l'équilibre du climat puisque ces tourbières stockent 14,6 Giga tonnes de carbone, l'équivalent d'un an d'émissions de gaz carbonique dans le monde, poursuit-elle.

Greenpeace accuse notamment les géants mondiaux de l'industrie tels Unilever, Nestlé et Procter & Gamble, principaux acheteurs d'huile de palme indonésienne de fermer délibérément les yeux sur la destruction des tourbières et d'aggraver ainsi le réchauffement de la planète pour bénéficier d'huile de palme à bon marché !, a déclaré Grégoire Lejonc, chargé de campagne forêt à Greenpeace France.

Greenpeace et Les Amis de la Terre dénoncent également l'engagement de l'Union Européenne à utiliser 10% de biocarburant dans le secteur des transports à l'horizon 2020. Il faudrait détruire 15 millions d'hectares de forêts supplémentaires en Indonésie pour mettre en place des cultures de palmiers à huile, pour répondre aux objectifs européens de 20% d'énergies renouvelables à l'horizon 2020, a prévenu Greenpeace. Sans l'instauration de sérieux garde fous, nos gouvernements vont contribuer à détruire les forêts tropicales et à accroître les émissions de gaz carbonique… au nom de la protection du climat ! Le soutien européen aux agrocarburants de 1ere génération doit être de toute urgence repensé !, a ajouté Grégoire Lejonc.

A une semaine de la conférence ICOPE, Greenpeace demande au gouvernement indonésien d'adopter rapidement un moratoire sur la déforestation et la destruction des tourbières. Aussi, depuis 2003, la table ronde sur l'huile de palme durable (RSPO, Roundtable for Sustainable Palm Oil) qui réunit tous les acteurs de la filière, des planteurs jusqu'aux industriels en passant par les bailleurs de fond et les Ong, entend promouvoir la production et l'utilisation durables de l'huile de palme. Quatre questions s'avèrent ''prioritaires'', souligne le CIRAD : la poursuite d'une intensification raisonnée afin de produire plus sur les surfaces plantées ou à replanter, la sauvegarde de la biodiversité (flore et faune sauvages), la rationalisation de la valorisation des déchets d'huilerie, la prise en compte des multiples difficultés des petits planteurs de la filière. Des problématiques qui seront traitées lors de la conférence ICOPE 2007, assure le CIRAD.

Réactions2 réactions à cet article

 
gâteaux secs

bonsoir
pour les acheteurs de gâteaux secs,il me semble que l'indication "huile végétale" dans la composition du produit cache bien souvent le terme "huile de palme".
Le consomateur devrait être mieux informé,pour avoir le choix...

kine | 18 novembre 2007 à 22h18
 
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Et bien

Moi qui croyait faire un choix santé et écologique avec cette huile, faut ce renseigner et faire passer le message.

MarKo | 02 juillet 2009 à 19h14
 
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