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Inaction climatique : franchir certains points de basculement augmenterait le coût économique de 25 %

Une méta-analyse formulée par des chercheurs britanniques et américains a quantifié l'augmentation du coût économique de l'inaction climatique par rapport à huit points de basculement. Selon l'étude, ce coût pourrait augmenter de 25 %.

Gouvernance  |    |  Félix Gouty  |  Actu-Environnement.com

Les coûts économiques du changement climatique ont déjà été estimés pour plusieurs pays, mais le franchissement de points de basculement devrait les augmenter radicalement selon une nouvelle étude. Publiée ce mois-ci dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), elle présente les résultats d'une méta-analyse de la littérature scientifique réalisée par un quatuor de chercheurs américano-britanniques.

Huit points de basculement à ne pas franchir

Le modèle prospectif élaboré par ces derniers s'appuie sur des données concernant les effets du changement climatique et leur impact économique dans 180 pays. Les chercheurs se sont plus particulièrement focalisés sur les analyses relatives aux huit points de basculement (ou « tipping points ») suivants :

- le dégel du pergélisol (et les émissions de méthane (CH4) et de dioxyde de carbone (CO2) qu'il entraînerait) ;

- la dissolution des hydrates de méthane dans l'océan (et les émissions supplémentaires de CH4 en résultant) ;

- la fonte de la banquise arctique (responsable du phénomène de rétroaction glace-albédo, réchauffant l'eau des océans) ;

- la déstabilisation de l'écosystème de la forêt amazonienne (limitant la quantité de CO2 stockée) ;

- la désintégration de la calotte glaciaire du Groenland (causant une hausse du niveau de la mer) ;

- la désintégration de la calotte glaciaire de l'Antarctique (idem) ;

- le ralentissement de la circulation océanique méridienne dans l'Atlantique (Amoc) (entraînant une déstabilisation de la température globale, surtout en Europe) ;

- les variations de la mousson d'été en Inde (impactant son secteur agricole et, donc, son économie).

« Les climatologues soulignent depuis longtemps l'importance des points de basculement du climat, explique le professeur Simon Dietz, de l'Institut Graham de recherche sur le changement climatique et l'environnement à Londres, dans un communiqué. Pour la première fois, nos analyses chiffrent les impacts économiques des huit points de basculement du climat de manière plus systématique. »

Les conséquences de l'inaction climatique

D'après les estimations du modèle détaillé dans la revue PNAS, le franchissement de ces points de basculement, notamment du fait de l'inaction climatique, causerait une augmentation de 25 % du « coût social du carbone » (SCC) – c'est-à-dire, l'ensemble des coûts économiques et sociaux dus à l'émission d'au moins une tonne supplémentaire de gaz à effet de serre.

Le président des États-Unis, Joe Biden, avait justement mis en garde contre « le coût de l'inaction climatique » lors de l'annonce de ses engagements de réduction d'émissions de gaz à effet de serre, en avril dernier. Les chercheurs notent cependant que leurs chiffres « représentent probablement des sous-estimations », compte-tenu du fait que certains « tipping points » et leurs interactions n'ont pas encore été étudiés.

Un changement climatique et économique nuancé

Cela étant dit, ils estiment que la dissolution des hydrates de méthane et le dégel du pergélisol constituent les points de basculement les plus dangereux à franchir pour l'économie mondiale. Ils participeraient en effet à augmenter de 10 % les risques que le SCC puisse doubler, et de 5 % qu'il puisse tripler. Pour rappel, d'après le dernier rapport du Giec, la concentration actuelle du CH4 dans l'atmosphère n'avait jamais été aussi haute en 800 000 ans.

A contrario, les chercheurs attestent que deux points de basculement pourraient, même une fois franchis, réduire graduellement le SCC. Selon eux, l'affaiblissement de l'Amoc pourrait interférer avec l'augmentation graduelle des températures en Europe. Ce phénomène abaisserait d'1,4 % le SCC attendu. Tandis que les effets de la boucle de rétroaction glace-albédo s'atténueraient au fil du temps, selon leurs estimations – réduisant le SCC d'1,7 %.

Les chercheurs énoncent en effet l'hypothèse suivante : « tandis que la surface de glace et de neige diminue, ce qui accroît le forçage radiatif, le réchauffement continuel finit par produire moins de modification de l'albédo, réduisant à son tour l'impact du phénomène sur l'équilibre climatique. Ces changements augmentent bien la température sur le court-terme mais la réduiront sur le long-terme et donc atténueront le SCC. »

Réactions3 réactions à cet article

 

Résoudre les problèmes d'écologie actuels, avec des pays plus ou moins pauvres arrivés à des populations impensables incapables évidement de cesser de polluer tient du fantasme, faut pas se leurrer on n'y arrivera pas.
Quand à chez-nous, voir les fumeurs de clopes du midi s'amuser à cramer 8000 ha de forêts (ce n'est que de la pinède heureusement) mais 2 morts, 20 pompiers de blessés, qui plus est le recrutement de volontaires dans le midi qui est une vue de l'esprit,
Alors mettre en danger les pompiers des Pays de la Loire en pleine récolte de foin et de céréales, c'est stupide, c'est la qu'on comprend la sagesse des édiles du midi au moyen àge en enfournant le pyromane au milieu de ses méfaits.
Et la il faudra combien de voitures électriques ou à hydrogène pour compenser tout ce co2 parti en fumée.
La région paca devrait payer une grosse amende pour absence d'entretien de ses forêts, on le fait bien nous, donc pollution, fumées co2,: à la région de payer.
Soit payer en une fois ce qui aurait du l'être en 30 ans.

pemmore | 20 août 2021 à 13h40
 
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La dernière phrase est intéressante car elle mentionne une hypothèse que je n'avais pas entendue jusque là, et qui fait un peu exception au catastrophisme habituel, émettant un potentiel à court terme, différent de ce qu'il pourrait être à long terme.

nimb | 23 août 2021 à 06h41
 
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En France, on confond gaillardement agitation et action. Ainsi, n'importe quelle réunion publique débute désormais par une homélie truffée de jérémiades culpabilisantes de l'organisateur.
Cela me rappelle le catéchisme des curés vicelards de mon enfance.
Courage à tous ceux qui subissent ces âneries institutionnelles débitées au kilomètre par des gens qui ne font pas la différence par exemples entre puissance et consommation (quand il s'agit d'énergie) et entre stock, fuites et achats (quand il s'agit de fluides frigo).
Environnement, que de bêtises sont proférées en ton nom !
Courage !

Albatros | 01 septembre 2021 à 14h12
 
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