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L'office français de la biodiversité a sa loi et son logo

La loi de création de l'office français de la biodiversité a été publiée et son logo est désormais connu. Mais cette fusion de l'AFB et de l'ONCFS n'est pas sans susciter de vives critiques du côté des organisations salariales.

Biodiversité  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
L'office français de la biodiversité a sa loi et son logo

La loi de création de l'Office français de la biodiversité (OFB) a été publiée au journal officiel. Ce texte fusionne au 1er janvier 2020 l'Agence française pour la biodiversité (AFB) et l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Il modifie également les missions des fédérations de chasseurs.

L'établissement sera représenté sur tous les territoires et tous les écosystèmes, y compris ultra-marins. Il aura également pour mission d'apporter un appui technique, scientifique et financier à l'Etat, ses établissements publics et les collectivités dans la mise en œuvre des politiques publiques de l'eau et de la biodiversité. L'OFB sera aussi en charge de la gestion d'espaces naturels, tels que les parcs naturels marins ou les réserves de chasse et de faune sauvage, ou apportera un appui technique aux gestionnaires.

Une fusion dans la douleur

Cet établissement regroupera 2.700 agents dont 1.900 "inspecteurs de l'environnement" qui travailleront sur le terrain. La loi a d'ailleurs renforcé leurs prérogatives de police judiciaire pour que les agents puissent conduire leurs enquêtes du constat de l'infraction jusqu'à l'orientation de poursuites.

Mais la création de l'OFB a soulevé des inquiétudes et des critiques dans les rangs du personnel. Le syndicat national de l'environnement, Force Ouvrière et la CGT Environnement dénoncent une création qui "se fait dans un cadre de dégradation des conditions de travail, d'absence de reconnaissance des compétences des personnels et au détriment de leurs missions de surveillance et de protection des milieux naturels". Selon les syndicats, cette fusion est un "véritable plan de licenciement qui affiche pour objectif la suppression de 127 postes sur trois ans, soit une réduction de près de 5% des effectifs initiaux."

La CGT Environnement dénonce plus particulièrement une gouvernance et des moyens inadaptés pour le milieu marin : "L'organisation retenue et le manque de moyens attribués à la composante marine de l'OFB impliqueront la fin de la cohérence des politiques, l'éclatement du réseau des aires marines protégées, en particulier celui des parcs naturels marins et l'affaiblissement de l'expertise marine de l'établissement, par un saupoudrage de ses moyens humains et financiers." Huit présidents de parcs naturels marins ont eux-aussi adressé une lettre au ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy à l'époque, pour lui faire part de leur exaspération. Ils alertaient aussi sur le risque que la création de l'OFB dégrade la dynamique des parcs naturels marins en tant que projets de territoire.

Un budget détourné selon les syndicats

Une enveloppe de 340 millions d'euros sera consacrée au fonctionnement de l'OFB selon le ministère de l'Ecologie. "Le financement de l'office sera assuré par voie budgétaire, ce qui évitera de mettre les agences de l'eau à contribution", s'est engagée la secrétaire d'Etat Emmanuelle Wargon. Mais là aussi les critiques des organisations syndicales sont vives : "l'OFB voit son budget détourné de ses missions premières. Déjà depuis 2007, à travers le plan Ecophyto, plus de 400 millions d'euros de subvention ont été dilapidés pour un résultat écologique et économique catastrophique. Demain, l'OFB verra aussi une partie de son budget amputée au profit d'autres acteurs (plusieurs millions d'euros donnés au lobby cynégétique [chasse]). Et à l'avenir le lobby du BTP aussi devrait pouvoir se faire entendre à travers les dispositifs de "compensation écologique"."

Le logo de l'établissement a été présenté jeudi 25 juillet par le ministère de l'écologie à l'occasion d'un déplacement d'Emmanuel Wargon dans la réserve naturelle nationale de Saint-Mesmin-Saint-Pryvé (Loiret).

Réactions1 réaction à cet article

 

Laissez aux grands commis de l'Etat le soin de "réorganiser" des organismes publics et voici le résultat : détournement de fonds pour des plans écopipeau, puis au profit des nemrods et enfin très probablement du BTP ! Les lobbies ont pu parfaitement manoeuvrer dans l'ombre ouatée des préfectures et des cabinets ministériels afin de démembrer au plus tôt un organisme d'intérêt général ô combien nécessaire. C'est révoltant.
Cette gabegie parfaitement voulue et construite à divers échelons décisionnels est une tâche de plus sur ce qui devrait être la grandeur de l'administration française.
De "belles" carrières de hauts fonctionnaires et de parlementaires se déroulent sur les décombres d'autres et c'est parfaitement inadmissible. Comment ensuite s'étonner de réactions hostiles à leur égard de la part de citoyens à qui on demande par ailleurs d'obéir docilement ?

Pégase | 31 juillet 2019 à 23h00
 
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