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Présidence de l'UE : Chypre se démarque grâce à l'eau et la mise en œuvre de Rio+20

Le 31 décembre a pris fin la présidence chypriote de l'UE. Le bilan environnemental pâtit du blocage récurrent au Conseil de dossiers importants tels que le climat et les OGM. L'application de Rio+20 et la politique de l'eau sont saluées par les ONG.

Gouvernance  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com
Présidence de l'UE : Chypre se démarque grâce à l'eau et la mise en œuvre de Rio+20

Marquée par la crise financière (Chypre ayant demandé une aide européenne en juin pour soutenir son secteur bancaire) et les difficiles négociations sur le budget pluriannuel européen 2014-2020, la présidence chypriote affiche un maigre bilan en matière d'environnement.

"Bon s'agissant de la politique de l'eau et du débat sur la durabilité mais décevant sur des dossiers tels que l'agriculture, la pêche et le budget et mitigé sur d'autres en dépit de bonnes intentions", tel est le bilan dressé par le Bureau européen de l'environnement (BEE) à l'issue du mandat chypriote.

La mise en œuvre de Rio+20 saluée

Parmi les satisfactions de la principale fédération européenne d'ONG environnementales figure le renouvellement des engagements européens pris lors de la conférence de Rio+20. "L'UE a continué à jouer un rôle largement constructif sous la présidence chypriote", estime le BEE qui se satisfait du rôle de l'Union dans le renforcement du Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) ou l'adoption en octobre par le Conseil de mesures de mise en œuvre de l'accord obtenu lors de la conférence onusienne, dans le cadre de la stratégie européenne pour 2020 en matière de développement durable.

Autre sujet de satisfaction pour les ONG européennes, la politique de l'eau qui a bénéficiée du soutien de la présidence qui en avait fait l'une de ses priorités. Le BEE salue notamment le soutien du Conseil en faveur de la mise en œuvre de la directive cadre sur l'eau (DCE) et tout particulièrement le soutien au développement des infrastructures vertes visant à réduire la pression hydromorphologique pesant sur les bassins.

Point noir néanmoins, le Conseil n'a pas explicitement appelé à la prise en compte des objectifs de la DCE dans le cadre de la révision de la politique agricole commune (PAC). Il s'est limité à un appel en faveur d'une "meilleure intégration" des deux politiques. De même, la révision des standards européens de bonne qualité de l'eau n'a que peu progressé. Pour ralentir les discussions relatives à la proposition de la Commission, les Etats membres mettraient en avant l'impact financier de la réforme, notamment pour ce qui concerne les résidus pharmaceutiques.

Difficiles négociations climatiques au Conseil

Si la mise en œuvre de Rio+20 est saluée, le jugement du BEE est plus mitigé concernant le rôle de la présidence dans la préparation des négociations climatiques de décembre à Doha (Qatar). La présidence Chypriote n'a pas pu mettre un terme au blocage au Conseil de l'UE concernant le relèvement de l'objectif européen de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), déplore la fédération environnementale. De même, l'absence d'accord sur l'"air chaud" est aussi explicitement citée par le BEE.

Cependant le blocage n'est pas total puisque la Pologne semble disposée à intégrer les émissions de CO2 dans l'assiette de calcul du futur niveau de taxe minimal applicable à l'énergie en Europe. Toujours en matière de politique climatique, la présidence Chypriote laisse à l'Irlande qui lui succède le soin de mener les négociations sur l'interdiction des gaz fluorés, sur la réforme du marché européen de quotas d'émission de GES et sur la prise en compte des impacts négatifs des changements indirects d'affectation des sols dans la politique européenne en matière d'agrocarburants.

Le dossier OGM encore et toujours bloqué

Concernant la protection des consommateurs contre les polluants, le bilan est là aussi mitigé. L'inscription à l'agenda du Conseil de discussion sur l'interdiction totale du cadmium est bien accueillie. Mais "ce mouvement positif est partiellement annulé par l'introduction par la présidence d'un projet de suivi des concentrations de métaux lourds chez les Européens qui conclut, à partir de valeurs d'expositions dépassées, que l'exposition des Européens, bien qu'élevée, n'est pas alarmante", critique le BEE.

Quant aux nanotechnologies, la fédération environnementale déplore la mise en avant par la présidence chypriote du potentiel en matière d'emploi et de croissance au détriment de l'application du principe de précaution concernant les éventuels impacts négatifs.

Enfin, comme les présidences précédentes, Chypre n'est pas parvenu à faire progresser le dossier OGM, notamment concernant la révision du régime européen d'évaluation des risques et la liberté laissée aux Etats membres d'autoriser ou non les cultures OGM sur leur territoire. "La présidence aurait au moins pu travailler à partir des efforts de la présidence danoise en discutant de ces questions dans le comité ad-hoc", estime le BEE, regrettant que cela n'ait pas été fait.

Réactions1 réaction à cet article

 

Contenter le BEE serait de juger tout "alarmant", ce qui est d'évidence une démarche marquée du sceau de sa lecture du principe de précaution... Le BEE considère qu'un dossier "progresse" quand une activité cesse.
C'est un point de vue dont on peut regretter qu'actu-environnement ne se fasse que le simple reflet, sans distance aucune. On peut directement aller sur le site de BEE.

Albatros | 08 janvier 2013 à 11h22
 
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