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Actu-Environnement

''Le gouvernement fédéral allemand a pour objectif de rénover énergétiquement 5 % du parc existant par an !''

Chargé de mission dans le département Energie du Ministère fédéral de l'économie et de la technologie (BMWi) à Bonn, Marc Ringel dresse pour Actu-environnement.com un panorama de la Politique allemande pour améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments.

Interview  |  Energie  |    |  Françoise Ascher  |  Actu-Environnement.com
   
''Le gouvernement fédéral allemand a pour objectif de rénover énergétiquement 5 % du parc existant par an !''

   
AE : Quelle est la situation en Allemagne, notamment dans ce domaine de l'efficacité énergétique des bâtiments ?
MR :
L'ensemble du secteur des bâtiments représente 46 % de la consommation d'énergie finale. En résidentiel, près de 90 % de cette énergie sont utilisés pour le chauffage et l'eau chaude sanitaire. Dans les autres secteurs, industriel, tertiaire et dans les bâtiments publics, le chauffage et l'eau chaude occupent encore une grande part de la consommation. Le potentiel d'économie d'énergie est énorme, notamment dans l'existant. En résidentiel, les études anticipent une réduction possible de la consommation d'énergie de chauffage de l'ordre de 50 % d'ici 2030, par rapport au milieu des années 1990. Dans le secteur tertiaire, cette réduction pourrait approcher les 46 %. Ces estimations s'appuient essentiellement sur l'hypothèse d'une amélioration de la qualité énergétique des bâtiments et des installations techniques, notamment pour le chauffage, l'eau chaude, la ventilation et la climatisation. Ces quelques chiffres montrent clairement pourquoi ce secteur est devenu une priorité du gouvernement fédéral.

AE : Depuis les crises pétrolières des années 1970, l'Allemagne fait figure de modèle en Europe. Quelles sont les mesures prises par l'Etat fédéral ?
MR :
Dans son contrat de coalition de novembre 2005, le gouvernement fédéral s'est fixé l'objectif très ambitieux de rénover énergétiquement chaque année environ 5 % du parc immobilier construit avant 1978. Aujourd'hui, quelque 2,5 % des bâtiments existants le sont effectivement chaque année. Toutefois, seuls 1 % d'entre eux subit une rénovation énergétique complète. Pour atteindre cet objectif de 5 % et mettre à profit ce potentiel, l'Etat fédéral a adopté différentes dispositions qui peuvent être regroupées en trois chapitres. D'abord, l'application de réglementations fixant les prescriptions minimales en matière d'efficacité énergétique. Ensuite, des mesures de consultation et de financement par l'intermédiaire de campagnes d'information, de services de conseil pour les consommateurs et de programmes de subvention. Enfin, l'intégration de cette thématique au sein du programme fédéral de recherche dans le domaine de l'énergie.

AE : Vous parliez d'un renforcement des réglementations ?
MR :
En effet, le décret allemand sur les économies d'énergie (EnEV) constitue la mesure législative pivot du dispositif. En vigueur depuis 2002, ce texte s'appuie sur la loi relative aux économies d'énergie de 1976 et fixe les standards de consommation maximale pour les bâtiments neufs et les bâtiments existants faisant l'objet de travaux de réhabilitation importants. Il précise les directives concernant la certification énergétique des bâtiments neufs. En outre, il rassemble deux décrets traitant de l'enveloppe du bâtiment et des installations de chauffage jusqu'alors séparés, et introduit une méthodologie basée sur la consommation d'énergie primaire pour un bilan énergétique global. En septembre 2005, afin de transposer d'autres éléments de la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments (EPBD) - notamment la prise en compte des systèmes de climatisation et d'éclairage des bâtiments non résidentiels, ainsi que l'introduction des certificats énergétiques également pour certains bâtiments existants - le gouvernement fédéral a défini les bases juridiques de l'amendement de ce décret. La transposition est en cours.

AE : Qu'en est-il du second groupe de mesures ?
MR :
Les réglementations ne pouvant contribuer qu'en partie à l'amélioration de l'efficacité énergétique, des mesures supplémentaires de financement et de conseil se sont avérées nécessaires. Le gouvernement soutient aussi bien les structures d'information générale pour le consommateur que le conseil personnalisé réalisé sur place par des consultants hautement qualifiés. Via l'agence allemande de l'énergie (dena) et le centre d'information sur l'énergie (BINE), le gouvernement sensibilise le public aux économies d'énergie dans les bâtiments et aux constructions à faible consommation d'énergie. La palette des mesures couvre les campagnes d'information sur l'efficacité énergétique, l'organisation de congrès et de conférences, et même la mise en place d'un service d'information téléphonique sur l'énergie !

AE : Comment ont été octroyées les aides financières ?
MR :
Elles résultent essentiellement des programmes de crédits préférentiels immobiliers de la banque KfW. Ces programmes sont financés, d'une part, par les moyens propres de cette banque et d'autre part, par des subventions fédérales. Par rapport aux années précédentes, les subventions accordées au programme de réduction du CO2 dans les bâtiments, ont presque triplé. Elles sont passées de 360 M€/an pour la période 2001-2005 à 1 Md€/an pour la période 2006-2009. D'où l'intérêt grandissant suscité par ces programmes ! Ainsi, fin mai 2006, les prêts accordés dans le cadre du programme de réduction du CO2 dans les bâtiments ont dépassé 5 Md€, soit le double des prêts accordés en 2005 (environ 2 Md€ au total). Sur l'ensemble des programmes ''modernisation des logements'', ''construction écologique'' et ''réduction du CO2 dans les bâtiments'', des crédits à hauteur de 6,9 Md€ ont été accordés durant le premier semestre 2006.

AE : L'Etat fédéral mise également sur la recherche…
MR :
L'ensemble de ces mesures est effectivement complété par l'initiative de recherche ''efficacité énergétique des bâtiments'' (ENOB) intégrée au programme fédéral de recherche dans le domaine de l'énergie. Là encore, l'Allemagne a fait figure de précurseur en construisant les premières maisons à faible consommation d'énergie, dès les années 80. Aujourd'hui, le label Passiv-Haus (maison à très faible consommation d'énergie) constitue une référence. L'objectif technologique actuel est de développer des bâtiments ''zéro énergie'' voire des bâtiments à énergie positive. Les innovations concernent essentiellement l'isolation (vitrages à isolation sous vide, façades fonctionnelles), le stockage (matériaux à changement de phase, piles à combustible), le traitement de l'air (assainissement de l'air, récupération d'énergie), l'intégration des énergies renouvelables (solaire thermique, solaire photovoltaïque, géothermie) et la gestion de la chaleur et de l'électricité produites. Dans le cadre de cette initiative de recherche, le Ministère de l'économie et de la technologie (BMWi) a également renforcé son activité de soutien ''rénovation énergétique des bâtiments'' (EnSan). Dans une perspective économique à long terme, l'un des objectifs consiste à développer davantage les technologies nécessaires à la réduction de la consommation énergétique dans les bâtiments existants !


*En plus de son activité au sein du comité scientifique ''changements climatiques globaux'' du gouvernement fédéral, Marc Ringel a effectué son doctorat en 2004 à l'Université de Chemnitz sur le thème de ''l'énergie et la protection du climat''.

Réactions3 réactions à cet article

 
Voilà ou prendre exemple

C'est là qu'on s'aperçoit à quel point nous sommes en retard !
Mais vu qu'il n'est jamais trop tard, prenons exemple et avancçons !
(Des maisons à énergie positive ...ils sont vraiment trop fort ces Allemands)
Nyco l'écolo !!!

Nyco l'écolo | 18 juin 2007 à 19h00
 
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5% mais à quelle performance énergétique moyenne?

Ce qui aurait été intéresant d'avoir comme information c'est quelle cible énergétique ces 5% de bâtiments par ans doivent-ils atteindre.
Si on transposait cela en France, entre la RT 2005 (110,5 kwh/an/m²) et les labels du type Effinergie ou minergie qui se situent autour de 50 kwh/an/m²), l'impact serait radicalement différent sur la réduction des gaz à effets de serre.

ikoff | 21 juin 2007 à 11h00
 
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Re:Voilà ou prendre exemple

Pour mémoire les bâtiments à énergie positive on s'en occupe aussi en France.

Il suffit de communiquer un peu pour que les propriétaires s'engagent dans des travaux de rénovation qu'ils n'avaient jamais imaginé (ou pensé utiles) !

iTom | 25 juin 2007 à 13h24
 
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